« Ils ne me nourrissent pas » : Le coup de gueule salutaire de Cheikh Tiberghien contre la critique
« Ils ne me nourrissent pas » : Le coup de gueule salutaire de Cheikh Tiberghien contre la critique
Le samedi 24 janvier 2026 à 11:54 par David Demri
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L’arrière de l’Aviron Bayonnais, Cheikh Tiberghien n’a finalement pas été convoqué par le sélectionneur français Fabien Galthié pour préparer le premier match du Tournoi des Six-Nations contre l’Irlande.
Il s’agit d’une grosse désillusion pour le Bayonnais qui espérait pouvoir intégrer le groupe France.
Interrogé via Sud-Ouest, le principal concerné explique devoir encore progresser. Extrait:
De progresser sur mes points faibles, à savoir la gestion du fond de terrain et la régularité. Sans oublier de continuer à travailler mes points forts : les ballons hauts, le jeu au pied et les duels.
La saison dernière, l’ancien Clermontois avait été moqué par les supporters de l’Aviron Bayonnais pour s’être manqué sur certains gestes techniques.
Cheikh Tiberghien ne manque pas de leur répondre à sa manière. Extrait:
Pour être honnête, sur le coup, je n’avais même pas entendu. On me l’avait dit après. Par le passé, ça m’aurait mis dans une mauvaise dynamique. Aujourd’hui, pas du tout. Je pourrais faire une page entière de journal sur le rapport à la critique (sourire).
Il y a des gens qui disent que Mbappé est nul. Vous vous rendez compte ? (sourire) Mbappé, il a fait lever la France entière en 2018. Cheikh Tiberghien, c’est quoi à côté de Mbappé ? Si les gens disent qu’il est nul et le sifflent, vous croyez qu’on ne peut pas me siffler et dire que je suis nul si j’ai fait un mauvais match ? J’ai vu une vidéo sur Instagram, au sujet d’un basketteur NBA dont j’ai oublié le nom. On a lui posé la question de la critique et, en gros, il disait à ses détracteurs : « Vous ne m’avez pas fait, donc vous ne pouvez pas me défaire. »
Ces gens qui m’ont sifflé, ils n’ont rien fait pour moi. Ils ne me nourrissent pas, ne me paient pas et je ne joue pas avec eux sur le terrain. Attention, le public, dans sa globalité, est hyper important. On le voit à Bayonne et dans le rugby, avec la différence de résultats à domicile et à l’extérieur. Mais ces gens qui sifflent, d’eux à moi, directement, il ne se passe rien. La critique est faite pour être constructive. Des sifflets, ce n’est pas constructif. Donc avec l’âge et l’expérience, j’ai réussi à m’en détacher. Ça ne me fait ni chaud ni froid. En revanche, la critique d’un entraîneur, d’un équipier, d’un connaisseur, tu t’assois et tu écoutes.
Par exemple, des gens sont capables d’écrire ou de te dire ce que t’as mangé chez toi la veille au soir avec ta femme et tes enfants pour expliquer ton mauvais match. Ils sont capables de dire qu’untel a pris le boulard, que c’est un mauvais mec alors… qu’ils ne le connaissent pas. Ce genre de trucs, ça me fait trop rire (il sourit). Ça me fait penser aux vidéos sur TikTok, où les gens sont au second degré mais font semblant d’être au premier. Quand tu vas voir les commentaires, tu rigoles pendant une heure !
Il explique que son ego est parfois touché. Extrait:
Le seul truc qui peut être parfois touché, c’est l’ego. Après, j’ai du recul. Je suis rugbyman professionnel, je ne vais pas aller expliquer à un peintre comment peindre une maison. Donc un peintre qui ne connaît pas le rugby ne peut pas venir m’expliquer comment jouer. Par contre, on peut discuter, échanger, savoir ce qu’il en a pensé. Il y a l’échange et la critique. Je préférerai toujours celle de quelqu’un qui sait de quoi il parle réellement, plutôt que d’une personne en tribune ou, plus courageux encore, d’un mec dans le canapé, avec la bière et le plaid.
C’est une perte d’énergie en moins. Mais il faut le prendre dans les deux sens. Si la même personne te dit que t’es nul et, la semaine d’après, que t’es le meilleur joueur du monde, il faut également trier le compliment.
Il affirme avoir recours à un préparateur mental pour l’aider. Extrait:
Oui, à Bayonne l’année dernière, mais plus par rapport à des aspects de mon rugby. Mais si un joueur cherche à traiter son rapport avec la critique, le préparateur mental comme le psy sont des bonnes options. Surtout si ça t’affecte dans ton quotidien. Ce n’est pas une honte. Moi, je n’ai pas eu besoin d’en arriver là.
Dans la foulée, il précise avoir toujours la confiance de son staff. Extrait:
Clairement, tout le staff en place, de Greg Patat aux prépas physiques, a vraiment été important. Chacun a ses opinions mais moi, j’aime bien ce staff. Et ce n’est pas du tout une comparaison avec d’autres, qui sont bien aussi. En début de saison dernière, je n’étais pas bien dans mon rugby. J’avais demandé à Greg de ne pas jouer le match d’après pour faire un « reset ». Il m’a dit qu’il réfléchirait et le lundi suivant, il m’annonce que je joue à Vannes. Et j’ai fait un très bon match. Ça a été une bascule dans ma saison. Je ne sais pas comment, mais il avait décelé qu’il fallait me faire jouer. Tout en me disant les choses à la vidéo durant la semaine d’entraînement.
Au sein du vestiaire Bayonnais, la critique n’est pas forcément un sujet qui fait parler. Extrait:
Ce n’est pas tabou mais entre nous, on se met surtout des pièces (sic). On est détachés de la critique méchante. Par exemple, si j’ai touché deux ballons et fait deux « moignes » [boulettes, NDLR], on va m’offrir des gants ou des moufles le lundi suivant. On sait aussi se dire si on a été monstrueux. C’est désacralisé parce que tout le monde sait ce que c’est. Hier, c’est moi qui n’ai pas été bon. Demain, ce sera un troisième ligne, un pilier… Tout le monde a déjà été mauvais.
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Très bon rapport avec la critique