Richard Dourthe : « On m’a souvent reproché d’être trop sévère, trop exigeant, trop critique, d’être aigri, mais… »

Richard Dourthe : « On m’a souvent reproché d’être trop sévère, trop exigeant, trop critique, d’être aigri, mais… »

Le lundi 9 février 2026 à 15:49 par David Demri

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Le consultant rugby de Midi Olympique, Richard Dourthe est revenu sur la victoire bonifiée du XV de France remportée contre l’Irlande, jeudi soir au Stade de France.

Ce-dernier n’a pas manqué de féliciter les Bleus pour cette belle victoire.

Il l’affirme haut et fort : il a tout aimé de cette victoire du XV de France.

L’occasion pour lui de répondre à ceux qui le critiquent pour être trop « sévère » et « exigeant » lors de chacune de ses analyses.

A lire ci-dessous :

« Il y a bientôt six ans que Midi Olympique m’a proposé cette idée de chronique, au lendemain des matchs des Bleus. Six ans durant lesquels on m’a souvent reproché d’être trop sévère, trop exigeant, trop critique. De vire presqu’aigri, de prendre un plaisir suspect à pointer les manques. Autant de procès d’intention auxquels je ne souscris pas.

La preuve ? J’ai pris un plaisir immense au Stade de France, jeudi soir. Et je n’ai pas honte de le dire : j’ai tout aimé, de ce match. Oui, tout. J’ai aimé la fureur de vivre qui habitait cette équipe de France, où chacun y est allé de son caramel : Anthony Jelonch, évidemment, mais aussi Matthieu Jalibert, Théo Attissogbe, Louis Bielle-Biarrey. J’ai aimé cette gourmandise collective, cette appétence retrouvée pour le jeu, cette capacité à oser. J’ai aimé, aussi, cette maîtrise nouvelle sous les ballons hauts, secteur longtemps négligé, méprisé et soudain travaillé, assumé, rentable.

Depuis les tribunes, j’ai enfin eu le sentiment que la dépossession, qui avait jusqu’ici largement marqué les années Galthié, commence à céder le flambeau à la prise de risques, à la passe, et quitte à me vautrer dans un immonde cliché – au french flair.

Il est temps d’arrêter de copier les Boks

Sur le papier, notre paquet d’avants était déjà moins lourd qu’il ne fut naguère. Sur le terrain, lesté de cinq troisième ligne, il s’est déplacé davantage, a croqué les extérieurs, proposé des soutiens constants, autant de choses qui avaient cruellement manqué à cette équipe de France à l’automne. Car soyons clairs : à force de vouloir ressembler à l’Afrique du Sud, le rugby français était en train d’y perdre son âme. Son identité. Sa singularité.

J’ai vu jeudi soir ce que nous sommes capables de produire quand nous cessons de singer les autres. J’ai vu Thomas Ramos tenter – et réussir – une improbable aile de pigeon dans un test-match. J’ai vu Matthieu Jalibert jouer libéré, comme à Chaban, et donner à cette ligne d’attaque une dynamique qu’elle n’avait plus connue depuis longtemps. J’ai vu des avants jouer comme des arrières, des deuxième ligne manier le ballon comme des centres, Mickaël Guillard et Charles Ollivon redresser, feinter, accélérer, comme si le rugby français s’était soudain souvenu de ce qu’il est.

N’est-ce pas à cela qu’il devrait toujours ressembler ? N’est-ce pas ce que nous avons toujours aimé, toujours revendiqué, toujours défendu, avant de l’abandonner par complexe ou par peur ? Au terme de ce France – Irlande, une question demeure, néanmoins : s’agissait-il d’un sursaut ou d’un cap ? D’un feu de paille ou d’un choix assumé ?

Parce que copier les Springboks, leur banc hypertrophié et leur rugby de domination frontale, est une impasse. Ils seront toujours meilleurs que nous dans ce registre. Toujours plus puissants. Toujours plus durs. Alors, peut-être serait-il temps d’arrêter de vouloir les imiter. Et de songer, enfin, à les contourner. »

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1 Commentaire

  1. Ovale 13 9 février 2026 at 18h- Répondre

    Un seul mot : Bravo !