Arbitrage : Mathieu Raynal tire la sonnette d’alarme sur l’évolution du carton rouge
Arbitrage : Mathieu Raynal tire la sonnette d’alarme sur l’évolution du carton rouge
Le jeudi 19 février 2026 à 9:48 par David Demri
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Alors que le débat sur l’évolution des règles du rugby continue de diviser la planète ovale, Mathieu Raynal, désormais responsable de la cellule de haute performance de l’arbitrage, a pris position de manière très claire. Pour l’ancien arbitre international, la nature même de la sanction suprême ne doit pas être dénaturée par les nouvelles expérimentations.
Le carton rouge, un outil de dissuasion nécessaire
Pour Mathieu Raynal, l’expulsion définitive doit demeurer une pièce centrale de l’arsenal de l’arbitre. Selon lui, cette sanction ne doit pas être complexifiée ou atténuée pour remplir son rôle sur le terrain. Elle doit, pour lui, « rester une arme facile à utiliser ».
L’incompréhension face au carton rouge de 20 minutes
Le technicien de l’arbitrage français exprime de sérieuses réserves quant à l’introduction du carton rouge de vingt minutes, une règle qui permet à une équipe de remplacer un joueur exclu après un délai imparti. Mathieu Raynal pointe du doigt une dérive dans la qualification des fautes graves.
Il précise notamment qu’il « ne comprend pas que ce carton rouge de vingt minutes sanctionne des actions qui étaient traitées jusqu’à présent en carton rouge définitif. »
Cette prise de position intervient dans un contexte où le jeu cherche un équilibre entre la protection de l’intégrité physique des joueurs et la préservation du spectacle, souvent impacté par les infériorités numériques prolongées. Pour le patron de l’arbitrage de haut niveau, la clarté et la sévérité de l’expulsion définitive restent les meilleurs garants de la sécurité sur le pré.
Interrogé par Midi Olympique, Mathieu Raynal exprime clairement son incompréhension. Extrait:
« Nous mettons la sécurité des joueurs au-dessus de tout le reste. Dans l’Histoire, toutes les évolutions de règles ont pris en compte trois principes : la sécurité des joueurs, l’équité dans la lutte, et la continuité du jeu. Mais les autorités ont choisi ces principes-là dans cet ordre c’est-à-dire que la sécurité des joueurs a toujours été au-dessus de tout le reste. À l’heure actuelle, il y a des courants qui mettent la continuité du jeu parfois au-dessus de la sécurité du joueur ou de l’équité dans la lutte. Nous sommes contre ça, donc nous voulons conserver un carton rouge fort. »
Il peste contre la décision de World Rugby. Extrait:
« Si l’on regarde les propositions de World Rugby, on se rend compte qu’ils veulent que le carton rouge de vingt minutes soit beaucoup plus important. Ils veulent, en fait, qu’à terme, le carton rouge définitif soit réservé à des actes qu’on ne voit plus. C’est-à-dire des morsures, des coups de poing et des coups de pied. Et ils veulent passer tout le reste en carton rouge de vingt minutes.
Le problème c’est qu’on a une équipe qui peut commettre un acte de jeu déloyal qui va mettre en jeu la sécurité d’un joueur adverse et que ce joueur va sortir sur blessure potentiellement. Mais l’autre l’équipe reviendra à 15 au bout de vingt minutes d’exclusion. »
Il évoque l’avenir. Extrait:
« Cette expérimentation-là court jusqu’en juin, un bilan sera tiré. Déjà, je ne comprends pas l’objectif… Ce que je veux dire, c’est que si on veut que notre sport continue de se développer, la sécurité est primordiale. Donc, l’image qu’on renvoie est essentielle. »
Il réfute le fait qu’une équipe en infériorité numérique dès le début du match ne puisse pas remporter la rencontre. Extrait:
« Ça ne vous intéresse peut-être plus mais j’ai vu des statistiques qui montrent qu’une équipe qui a pris un carton rouge définitif a quand même remporté le match dans 46 % des cas. C’est intéressant. Ça veut simplement dire que même si on prend un carton rouge très tôt dans la partie, on a quand même quasiment une chance sur deux de l’emporter. »
Il fait ensuite le point sur le carton orange. Extrait:
« Le carton rouge de vingt minutes, nous a été imposé. Il a fallu lui trouver un sens. Nous l’avons baptisé « carton orange » pour le différencier. Notre parti pris fut de l’utiliser que quand il y avait un doute qui peut diviser l’opinion publique. Et sur une saison, ça ne concerne qu’une quinzaine de cas sur 450 matchs. L’exemple, c’est quand il y a un contact avec une circonstance atténuante. Le cas n’est pas suffisant pour donner un carton rouge définitif et la situation pas assez marquée, pas assez claire ; pour descendre jusqu’au carton jaune. Mais je voudrais poser une question.
Est-il nécessaire d’amener une troisième sanction ? Je ne suis pas convaincu, notamment en termes de lisibilité pour le grand public. J’ajoute que si le carton de vingt minutes doit être utilisé, il faut que ce soit dans le cas précis que je viens de vous décrire pour définir le carton orange, et non pas pour remplacer le carton rouge définitif. »
3 Commentaires


Tu m’étonnes qu’il réfute qu’une équipe en infériorité puisse remporter le match… il s’en est bien assuré contre nous!
Je hais ce type
Avec lui l’équipe qui prend un rouge gagne à la fin (Racing 92 à Barcelona, grosse arnaque ce match)
il a quant même raison sinon pourquoi mettre un carton rouge ?