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Ronan O’Gara est-il encore l’homme de la situation au sein du Stade Rochelais ?

Ronan O’Gara est-il encore l’homme de la situation au sein du Stade Rochelais ?

Le vendredi 27 février 2026 à 12:23 par David Demri

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Double champion d’Europe en 2022 et 2023, le Stade Rochelais traverse une période de turbulences inédite. Après une décennie de croissance continue depuis sa montée en Top 14 en 2014, le club à la caravelle semble aujourd’hui à bout de souffle.

Dixième au classement et menacé de manquer une nouvelle fois les phases finales, le club rochelais interroge par sa méforme persistante et son incapacité à retrouver l’efficacité qui faisait sa renommée.

L’évolution du management de Ronan O’Gara

Au cœur de cette trajectoire se trouve la figure de Ronan O’Gara. L’entraîneur irlandais a bâti sa réputation sur une exigence radicale et une personnalité volcanique, parvenant à décomplexer un groupe qui est devenu, sous sa houlette, une place forte du rugby européen. Toutefois, cette approche tranchante interroge désormais sur sa pérennité.

L’intéressé lui-même a récemment évoqué sa gestion du groupe :

« Dans ma culture, la motivation vient de soi-même. Mais avec certains, je dois gueuler plus dans la semaine ».

Cette posture, parfois jugée trop abrupte, a été analysée par des observateurs familiers des méthodes de l’ancien ouvreur.

Laurent Labit, qui l’a côtoyé au Racing 92, tempère via Le Figaro :

« Sur le management humain, c’était un peu difficile pour lui au début. Des fois, il était un peu « cash » avec les joueurs pendant les matchs… »

Aujourd’hui, le technicien semble chercher un second souffle, admettant parfois son impuissance face à des résultats qui ne suivent plus.

Un effectif vieillissant et en manque de repères

Le Stade Rochelais souffre également d’une cassure générationnelle. Le pack, longtemps moteur de l’équipe, affiche une moyenne d’âge élevée. Malgré les prolongations de nombreux cadres trentenaires, la domination physique, marque de fabrique du club, s’effrite. La figure de proue Uini Atonio, contraint à une retraite anticipée pour raisons médicales, laisse un vide immense que les jeunes pousses peinent à combler.

L’ancien joueur et entraîneur Jean-Pierre Élissalde pointait récemment du doigt cette problématique :

« Le constat est là : il n’y a pas d’huile dans le rouage, l’effectif est vieillissant. Les paroles sont là car je lis la presse et ils disent toujours qu’ils sont prêts et place aux actes. Le dimanche, je vois les mêmes mots et, le lundi, je vois les mêmes maux… »

Le talonneur Pierre Bourgarit, lucide, reconnaît que la transition est délicate pour les profils en devenir : « On a pas mal d’éléments jeunes en première ligne. La moyenne d’âge de nos piliers droits n’est pas très élevée ». Cette carence physique, parfois traduite par un manque d’engagement pur, a conduit le staff à des sorties cinglantes, comme après la déconvenue contre Montpellier : « Des mecs aiment le chocolat, le défi physique. Il y a des joueurs de rugby et d’autres qui font des combats de boxe. Bravo à Montpellier, qui a répondu présent à ce niveau. Nous, on était absents… »

Une reconstruction nécessaire et immédiate

Le constat de « fin de cycle » a été acté par la direction. Pour injecter du dynamisme, le Stade Rochelais a misé sur une jeunesse talentueuse (Nolann Le Garrec, Davit Niniashvili), tout en activant des leviers d’urgence avec les renforts de Watisoni Waqanisaravi et Andy Timo.

Ronan O’Gara ne cachait pas ses intentions à l’intersaison :

« C’est une fin de cycle, il n’y a pas d’autre mot. On a besoin d’un nouveau départ avec de nouveaux joueurs pour créer une émulation interne. Et j’espère aussi progresser dans mon coaching avec mon staff. »

Dans ce contexte, les ambitions de phases finales sont mises en sourdine. Nolann Le Garrec exprime la dure réalité du moment :

« Si on faisait le deuil du top 6, je n’irais pas m’entraîner tous les matins. Bien sûr que dans nos têtes, on veut y être mais aujourd’hui, ce serait… malvenu de parler de top 6 et plus. On ne prend pas de points, on n’avance pas. La réalité, c’est ça. »

Accepter son nouveau statut

Pour retrouver la lumière, le groupe rochelais semble devoir passer par une remise en question profonde, acceptant un statut qui n’est plus celui du dominant.

Grégory Alldritt porte cette voix de la raison :

« Je pense que La Rochelle est redevenue une équipe moyenne de Top 14. On est redevenus outsiders. Peut-être que c’est ce qu’il nous faut aussi maintenant, d’accepter ce rôle et de se libérer, comme disait Ronan (O’Gara), de ces tops 6, de ses qualifs, de ses trucs. »

Désormais, pour les Maritimes, l’objectif est immédiat : stopper l’hémorragie et retrouver le goût de la victoire dès ce samedi à Castres.

Le numéro 8 international résume l’urgence de la situation :

« On va aller faire la guerre à Castres, on verra ce que ça donne… »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

4 Commentaires

  1. Bougnatix 27 février 2026 at 13h- Répondre

    Qui ne connait pas de coup de mou à part le ST , je parle bien sur du sportif . Tous les club « phares » de la dernière décennie sont rentrés dans le rang : la Rochelle , l’ASM , le RCT . La question est plutot : combien de temps je reste dans le ventre mou ?
    O’Gara fait partie d’un club qui rentre dans le rang , quelle part a t il de responsabilité ?

    • Raffidinfluence 27 février 2026 at 16h- Répondre

      Sa gestion d’effectifs. Quant tu sais que ton équipe a déjà des problèmes dus aux absences , tu réduis la voilure. Or, au lieu de cela il envoie la cavalerie, partout et même la ou tu risques de te faire botter les fes.s.es. Manque total de lucidité. En plus jamais une remise en cause sur ça.

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      • Rochelais à jamais 28 février 2026 at 09h- Répondre

        Rien à reprocher à Ronan. Peut-être un peu trop de passion pendant les matchs. Mais c’est un bon gars. Avec les supporters il affiche bcp de reconnaissance et de disponibilité. On ressent vraiment son côté humain.
        Beaucoup de blessés (19), dont des cadres, c’est compliqué pour lui et pour l’équipe. Courage Ronan, on te soutient. On est derrière toi.

  2. totorct 27 février 2026 at 16h- Répondre

    Moi il me déplairait pas au rct. Mignoni directeur et lui entraîneur. Sacré caractère , bon faut s’entendre mais j’aime bien son côté détesté partout, ça nous irait bien

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