Le XV de France est-il devenu dépendant de Louis Bielle-Biarrey ? La réponse de JB Elissalde
Le XV de France est-il devenu dépendant de Louis Bielle-Biarrey ? La réponse de JB Elissalde
Le mardi 17 mars 2026 à 10:41 par David Demri
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Inarrêtable. Avec un quadruplé retentissant face à l’Angleterre samedi dernier, Louis Bielle-Biarrey (LBB) n’a pas seulement offert le titre aux Bleus, il a pulvérisé son propre record.
Après 8 essais en 2025, le voilà à 9 réalisations en 2026.
Pour Jean-Baptiste Elissalde, consultant pour L’Équipe et le Salon Tactique, cette réussite insolente n’est pas le fruit du hasard mais d’une combinaison tactique redoutable.
La recette du « casque rouge »
L’ailier bordelais s’appuie sur un triptyque infaillible : adresse, vitesse et jeu au pied de pression. Que ce soit par ses propres initiatives ou grâce au service de ses partenaires, LBB excelle dans l’art de punir le placement adverse.
Les Bleus sont-ils « LBB-dépendants » ?
Les chiffres donnent le tournis. Depuis sa première sélection en août 2023, le prodige de l’UBB a inscrit 22 % des essais tricolores lorsqu’il est sur la pelouse. Une statistique qui pose la question de l’influence démesurée de l’ailier sur le tableau d’affichage français.
Pour l’ancien demi de mêlée et entraîneur des Bleus, si le talent individuel de Bielle-Biarrey est immense, c’est surtout la précision chirurgicale des passeurs et des botteurs français qui lui permet de briller ainsi dans le dos des défenses.
Une efficacité historique
À seulement 22 ans, Louis Bielle-Biarrey s’installe durablement comme l’option offensive numéro 1 du système Galthié. Son sens du placement et sa pointe de vitesse en font un « poison » permanent, capable de débloquer des situations alors même que le collectif semble marquer le pas.
Alors que le Championnat des Nations se profile en juillet, la question n’est plus de savoir si LBB marquera, mais combien de fois les défenses de l’hémisphère Sud parviendront à limiter les dégâts face au phénomène girondin.
Voici l’analyse de Jean-Baptiste Elissalde. Extrait:
« On profite des qualités de Louis Bielle-Biarrey. Il va beaucoup plus vite que tout le monde. Cela ne paraît pas grand chose mais 2 ou 3km/h de plus par rapport à son vis-à-vis c’est beaucoup. Tu prends vite 5 ou 10 mètres dans la vue et tu ne le reprends jamais. Ce qui est intéressant, c’est que notre jeu au pied penche à gauche alors que nous avons beaucoup de droitier sur le terrain.
Normalement, c’est plus difficile de taper avec le pied droit, tu peux te faire contrer. Dupont se fait d’ailleurs contrer sur le pied droit alors qu’avec le pied gauche, que ce soit rasant ou en l’air, tu as moins de chance de te faire contrer. Là, on a la chance d’avoir Jalibert, Dupont, Ntamack, Ramos, qui sont capables de mettre des ballons dans les espaces. La moindre erreur défensive et le moindre ballon de turnover, tu as des espaces qui sont libérés.
Et Louis Bielle-Biarrey a toujours le bon petit rebond. Il maîtrise aussi le ballon au sol, il est très adroit. Quand le ballon glisse, il se le remet souvent pour aller marquer. Il est incroyable. Il va plus vite, donc il a un temps d’avance sur les autres et il a cette gestuelle qui lui permet d’être adroit. On n’est pas dépendant car nous avons de très bons ailiers, des mecs qui peuvent se substituer largement.
Mais quand on a une arme fatale comme ça, c’est con de s’en priver. Il est meilleur presque quand on lui met les ballons dans les espaces que quand on lui donne le ballon devant la défense. Ce n’est pas un monstre physique, il faut qu’il ait de quoi déborder. Mais dès qu’il a un ballon qui roule devant lui, c’est un danger pour les équipes adverses.
Les équipes adverses vont reculer pour éviter ce genre de situation et Bielle-Biarrey jouera alors à la main et il va les rendre fou. Donc il est parti pour faire un truc jamais vu en marquant autant d’essais. Il est en pleine bourre et c’est bien d’avoir des mecs comme ça dans l’équipe. »
6 Commentaires


Un essai par match au minimum , la reponse est dans la question .
Et du coup on oublie complètement les ailiers côté droit.
Attissogbe 5, Déran 1, ça fait 6 quand même…
Oui, ils sont efficaces mais on peut de ballon !
Je suis l’adversaire, j’arroserai LBB de chandelle avec dégommage dans les règles à l’atterrissage, je pense qu’au bout d’un certain temps, il va courir moins vite…
Mais faut pas se louper sinon, tu le vois plus !
Indispensable, non. On veut le rendre surtout indispensable vu que 9 actions sur 10 se joue sur son aile quasi à tous les matches, donc, forcément, il marque plus. Surtout que la plupart de ses essais ne consiste qu’à aplatir le ballon.
Cela vient aussi de Dupont qui ne jure que par LBB, oubliant de jouer sur l’autre aile.
Face à l’Italie, Dréan a touché 3 ballons en 80 minutes pendant que LBB en a touché 250, par exemple.
On en fait déjà trop avec LBB, qui est bon, oui c’est sûr, très bon joueur, mais qui loupe aussi pas mal de duels sur son aile, de ballons hauts, de plaquages en défense ou de relances.
On ne mise que sur sa pointe de vitesse, ça devient un peu lassant sachant que les autres ailiers savent aussi courir vite à l’image d’un Dréan qui est un des meilleurs ailier du Top 14 et a été élu meilleur ailier la saison dernière.
Maintenant, l’EDF choisi de faire briller certains plus que d’autres, que ce soit dans les sélections ou dans les orientations de jeu.
Serin et Dréan sont pour moi deux très bons joueurs complètement oubliés par l’EDF, c’est pas normal.