La décision forte de la LNR suite au burn-out de Pierre Mignoni
La décision forte de la LNR suite au burn-out de Pierre Mignoni
Le jeudi 19 mars 2026 à 19:40 par David Demri
Publicité
Longtemps perçus comme des guerriers, les rugbymen professionnels sont avant tout des hommes.
Face à un constat alarmant — un jeune sportif de haut niveau sur cinq exprime un mal-être psychologique — la Ligue Nationale de Rugby (LNR) déploie un dispositif de soutien inédit.
L’alerte Pierre Mignoni : un déclic pour le milieu
Le récent retrait temporaire du manager toulonnais a agi comme un révélateur de la pression exercée sur les staffs.
Victime d’une «décompression», l’entraîneur a témoigné de l’épuisement total de son organisme : «Je suis quelqu’un qui ne dort pas énormément, environ cinq ou six heures par nuit, mais là j’ai dormi cinq jours d’affilée».
Cette situation illustre parfaitement la spirale du haut niveau décrite par Bernard Dufour, président de la commission médicale de la LNR.
Il s’est confié via Le Figaro :
«Comme toute entreprise, quand on vous donne des objectifs, au bout d’un moment, vous êtes pris dans un engrenage. Quand vous réussissez ses objectifs, il y a votre niveau de vie qui va suivre. Mais cela veut aussi dire que vous êtes condamné, pratiquement, à continuer à être à ce même niveau. Et ce n’est pas uniquement pour le sportif de haut niveau, c’est pour tout le monde».
Un plan d’action global : « Têtes hautes »
Pour répondre à cette urgence, la Ligue investit un million d’euros sur quatre ans. Le dispositif s’appuie sur une web série intitulée «Têtes hautes» et sur des ateliers de sensibilisation animés par des figures comme Juan Imhoff ou Rodrigo Capo Ortega.
L’objectif est de couvrir toutes les étapes critiques, de la formation à la fin de carrière, souvent vécue comme une «petite mort».
Selon Yann Roubert, président de la LNR, «Notre ambition est claire : offrir un cadre protecteur et des ressources concrètes pour accompagner chacun, à chaque étape de son parcours. Il s’inscrit dans une vision globale de la santé du joueur tout au long de son parcours professionnel».
Sortir de la « terrible spirale »
La reconnaissance par la justice du suicide de Jordan Michallet comme un accident du travail a marqué un tournant : «les risques psychosociaux qu’engendre le rugby sont reconnus», avait alors salué Provale.
Au-delà de la compétition, l’isolement social est aussi un facteur de risque majeur.
«Il y a aussi des joueurs qui sont complètement focalisés sur leur pratique du rugby et qui n’ont pas de compagne à côté d’eux. Et on sait que c’est important d’avoir des soupapes de sécurité», rappelle Bernard Dufour.
Une libération de la parole nécessaire
Ce travail de fond, entamé il y a quatre ans, commence à porter ses fruits.
«On n’est pas sur quelque chose qui date d’il y a un an ou deux, c’est un sujet qui a été ciblé déjà depuis maintenant quatre ans», précise le docteur Dufour. «La première année, nous avons fait de l’information sur ce thème et dès la deuxième, on est passé dans le participatif avec les joueurs. On entend désormais plus facilement parler des problèmes de santé mentale. Dans la société comme dans le milieu du rugby, la parole se libère…»
0 Commentaire

