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RCT : « On n’a plus de point fort », le constat cinglant de Sébastien Bruno avant la Champions Cup

RCT : « On n’a plus de point fort », le constat cinglant de Sébastien Bruno avant la Champions Cup

Le mardi 31 mars 2026 à 11:12 par David Demri

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Le Rugby Club Toulonnais traverse une crise de confiance qui inquiète les suiveurs du club. Après une prestation en demi-teinte marquée par une incapacité à dominer des adversaires supposés plus faibles, l’ancien talonneur international Sébastien Bruno livre une analyse sans concession sur les maux qui rongent l’effectif varois.

Ce dernier s’est confié dans l’émission Tribune Mayol diffusée sur BFM Toulon.

Une rébellion trop tardive et une conquête en berne

Face à une équipe catalane pourtant en difficulté au classement, Toulon a affiché deux visages diamétralement opposés, sans jamais parvenir à prendre l’ascendant définitif. Un manque de réalisme qui frustre au plus haut point.

« Sur la physionomie du match il y a eu deux mi-temps. Sur la première mi-temps on n’existe pas alors qu’on avait le vent avec nous. Sur la deuxième mi-temps, il y a une rébellion avec un RCT qui avançait, qui jouait dans les espaces, le 10 qui impulsait l’attaque. Mais on n’a pas assez concrétisé, on a eu des défauts en conquête, pareil sur les rucks on s’est fait contrer trois ou quatre fois. On n’a pas su garder le momentum et les tuer. On n’a pas réussi à passer devant. On essaye de jouer on se fait contrer. Ce sont les avant-derniers, ils n’ont plus rien à jouer, mais ce sont des Catalans et on connait leur fierté. Mais nous, on joue la qualification et c’est vraiment frustrant. »

Pour l’ancien entraîneur des avants du XV de France, l’absence de certains cadres pèse lourdement sur la gestion des moments clés et sur l’apprentissage des plus jeunes :

« Les joueurs qui remplacent ceux qui étaient alignés contre le Stade-Français sont de bons joueurs. Mais Serin en fin de match aurait pu décanter le match avec sa roublardise, Gaël Dréan aussi. Dréan nous a quand même sauvé deux ou trois matches en début de saison, avec des exploits et il fait passer l’équipe de Toulon devant au score. Ces deux joueurs ont manqué. Puis Abadie c’est le papa de la touche, c’est celui qui annonce, Ollivon a l’expérience, Ribbans n’était pas là non plus. Les jeunes doivent apprendre mais en ce moment on n’a pas le temps d’apprendre car on a besoin de points et on est passé au travers dans les fondamentaux : la conquête, le combat, la discipline. Quand le score est serré, on doit marquer et on ne l’a pas fait. »

Le mal profond de la touche : entre doute et technique

Sébastien Bruno pointe du doigt un secteur particulièrement défaillant : la touche. Selon lui, au-delà de la préparation tactique, c’est un problème de connexion et de confiance qui paralyse les lanceurs et les sauteurs toulonnais.

« C’est la responsabilité de l’entraineur de trouver les espaces avec les leaders de touche. On prépare le match, on regarde la défense de l’USAP, on regarde leurs sauteurs, là où ils sont le moins réactifs. Quand Sergio Parisse a tout ses titulaires, on a les ballons. Mais là, dès qu’on est un peu dans le doute, c’est une question de confiance aussi. C’est quelque chose de précis qu’il faut travailler régulièrement. Le moindre grain de sable ça fait dérailler. Lucchesi revient depuis deux matches, il n’a pas enchainé les matches et il n’est pas très en confiance. A un moment, Lucchesi lance une touche, tout le monde se regarde et personne n’a sauté. On sent qu’il y a une fébrilité. Normalement tu arrives, tu lances, tu sautes sans réfléchir. Je pense qu’il y un manque de compréhension entre le lifteur et le lanceur. Ce n’est peut-être pas clair, je ne sais pas. »

Il se remémore ses propres débuts pour illustrer cette pression :

« Quand j’étais jeune, j’étais en panique sur les touches, je ne savais pas s’il fallait que je lanche plus tôt, plus tard, plus haut, plus bas. Donc les joueurs d’expérience sont là pour te rassurer. Et quand tu es expérimenté, si tu en rates une ce n’est pas grave, tu passes à autre chose. Puis Perpignan a vu qu’on était dans le dur et ils ont fait que sauter, ils nous ont contré, ils étaient à fond. »

Un physique émoussé et des points forts disparus

L’enchaînement des matchs semble également avoir entamé le capital énergétique des Toulonnais. Pour Bruno, le RCT a perdu ce qui faisait sa force en début de saison, notamment sa capacité à scorer de loin ou à faire des différences individuelles.

« On n’avait plus rien à perdre. Ils ont du prendre un soufflon dans le vestiaire. Perpignan s’est un peu relâché avec le vent. Les Toulonnais se sont révoltés, les avants ont avancé, les ballons sont sortis rapidement, on était dans l’avancée, on a mis du danger, on a conservé le ballon mais on n’a pas concrétisé. Puis la touche, là où on doit les finir, on perd les ballons et on leur donne un second souffle. Dans les rucks on se fait prendre. Peut-être que l’enchainement des 14 matches fait qu’on n’a plus d’énergie, on n’est peut-être pas dans le bon physiquement. On termine le match correctement mais ils nous contrent. »

Le constat sur le jeu d’attaque est encore plus cinglant :

« On n’a plus de point fort. En attaque on a toujours été moyen, Serin quand il accélère, il arrive à mettre du danger, Dréan faisait des différences, mais là… Jaminet enquille des pénalités de 50 ou 60 mètres et derrière c’est plus facile car les équipes lâchaient. Mais là, tout ça, on ne l’a plus. »

L’Europe comme bouffée d’oxygène ou comme piège ?

Malgré ce tableau noir, le retour de la Champions Cup avec la réception des Stormers à Mayol pourrait servir de déclic.

Cependant, l’inquiétude demeure quant à la capacité du groupe à tenir l’intensité requise par le haut niveau international.

« Ils aiment bien la Coupe d’Europe, ils savent qu’ils sont observés, c’est télévisé de partout, ça se rapproche du niveau international, ils vont vouloir se montrer. La Coupe d’Europe te sort de ton quotidien, tu joues des Sud-Africains, des joueurs que tu connais moins, un arbitrage différent. En Coupe d’Europe on n’a pas été mal, on a fait de gros matches. Il faudra mettre du rythme, ce sera physique, est-ce que l’on peut tenir ce rythme ? Car physiquement on est dans le dur. Les joueurs y seront car c’est un 8ème de finale, ce sont les Stormers, un samedi à Mayol. Il faudra élever le niveau et les mecs seront prêts. Mais j’ai peur du rythme : est-ce qu’on sera capable de le tenir ? »

Enfin, sur la question des blessures et du caractère du groupe, Bruno refuse les excuses :

« Les blessures, ça fait partie du rugby. Toute l’année du as des blessés. Il faut consolider l’effectif en sachant qu’il va te manquer 10 mecs chaque week-end. On ne peut toujours dire qu’on a des blessés. Il faut tout mettre en œuvre pour qu’il y en ait le moins possible. Mais c’est le rugby. »

Concernant la qualification dans le top 6, il se demande si le RCT a le caractère pour repartir de l’avant. Extrait:

« Dans le sport tu as envie de retourner la situation. Est-ce que l’équipe a le caractère pour ? Les leaders peuvent-ils retourner la situation ? Il faut y croire car mathématiquement on n’est pas éliminé, mais de ce que l’on montre on est loin de la qualification. Tous les matches vont compter très fort, on va y laisser des plumes. Si on arrive à se qualifier ce serait beau mais est-ce que l’on sera compétitif ? »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

7 Commentaires

  1. RIVIERE Pierre 31 mars 2026 at 11h- Répondre

    Voilà un excellent commentaire concernant la fin du championnat par Sébastien Bruno .
    Ce n’est ni très encourageant, ni , comme certains sur ce blog nous voient 12ème, ni impossible d’accrocher la 6ème place . J’aime ces explications rationnelles et intelligences . Tout n’est pas à jeter , nos joueurs savent jouer au rugby, mais je pense que 60 % des échecs actuels se passent dans la tête . Personnellement je n’ai jamais tapé sur personne car ça ne sert à rien et puis on ne sait pas tout . Sébastien tient compte des longues blessures, des cadres absents, du staff qui doit faire de son mieux, mais qui n’y arrive pas, du recrutement, et j’ose le dire concernant le match contre l’USAP, l’arbitrage, non pas partial, mais nullissime , surtout sur les rucks et les pénalités qui s’en suivent . Pour le reste, 3 fois dans l’en but sans aplatir, c’est pas de bol, quant au dernier essai, …….BOF ……
    Merci à toi Sébastien de ne pas accabler ( et insulter notre RCT ) nos Joueurs, le staff et notre Président .
    Comme quoi, être intelligent n’est pas donné à tout le monde .
    VIVE LE RUGBY et NOTRE CHER RCT !!!!!

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    • GG 31 mars 2026 at 13h- Répondre

      Je suis supporter du RCT depuis des décennies mais je reste lucide. Cela fait des années que nous nous régalons plus à Mayol même avec des victoires avec BO. Aucun jeu derrière et beaucoup d’en avant, sans parler des ballons hauts initiés mais jamais récupérés mais nous avions jusqu’à cette année un pack puissant et ce n’est plus le cas cette année donc nous sommes moins conquérants.

  2. Pitivier 31 mars 2026 at 11h- Répondre

    Sebastien Bruno, quel joueur !

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  3. Tchoizeneguer 31 mars 2026 at 13h- Répondre

    Très bonne analyse de cet ancien joueur , toujours dans la retenu et le respect je ne comprend pas pourquoi la direction du club ne s appuie pas sur une personne comme lui il serait bien dans le staff mais en a t il envie

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  4. RIVIERE Pierre 31 mars 2026 at 14h- Répondre

    @Tchoizeneguer, entièrement d’accord avec toi !!!!!
    Il ferait du bien dans le staff .
    Mais, bon, nous ne sommes rien, surtout pas les décideurs , alors ……

  5. Bougnatix 31 mars 2026 at 14h- Répondre

    Je tiens à signaler qu’entre l’ASM 6ieme et le RCT il y a 7 points , on ne peut pas dire qu’entre la 6ieme et la 12 ieme place une équipe se detache du lot par sa superiorité et sa regularité . Tout est possible dans un sens comme dans l’autre .
    L’ASM reçoit le LOU , qui peut dire qui sera victorieux ? meme le LOU est dans la course à 2 victoires seulement du top 6.

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    • AuSaborgage 31 mars 2026 at 16h- Répondre

      Oui bougnat, mais y a des dynamiques quand même, et nous on est clairement les plus mauvais en ce moment.
      Pour moi le racing prendra le dernier ticket, les 5 premiers méritent leurs places au classement.