Henry Chavancy dézingue la Champions Cup à sa manière
Henry Chavancy dézingue la Champions Cup à sa manière
Le jeudi 2 avril 2026 à 14:57 par David Demri
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La Champions Cup est-elle en train de perdre son âme ? Autrefois sommet absolu du rugby européen, la compétition traverse une crise d’identité profonde qui pousse les clubs anglais et français à réclamer un changement radical.
Le constat est partagé par de nombreux acteurs : le format actuel manque de piquant. Avec l’intégration des provinces sud-africaines et un système de qualification trop permissif, l’intérêt sportif s’étiole.
Certains anciens joueurs ne manquent pas de pester contre cette formule qui ne se veut pas pas attractive. C’est notamment le cas de l’ancien centre du Racing 92, Henry Chavancy.
Dans les colonnes de L’équipe, ce dernier indique être nostalgique de la H Cup. Extrait:
« Je suis un peu nostalgique de la H Cup avec ses poules de quatre. Il fallait finir premier pour être sûr de se qualifier, c’était très difficile. Ça relevait la qualité de cette compétition. Là, ça ne veut plus dire grand-chose, on peut se qualifier avec une victoire en quatre matches.
Je comprends les logiques économiques qui sont derrière et qui poussent l’organisateur à augmenter le nombre d’équipes. Il y a des enjeux qui nous dépassent, ça va au-delà du sportif. Mais du point de vue de la qualité de la compétition, il n’y a pas de doute que c’était plus intéressant il y a quelques années. J’exagère à peine en disant que ça va commencer à être intéressant à partir des demi-finales… »
Vers un retour à une compétition plus « élite » ?
Face à cette perte de prestige, les clubs de Premiership et du Top 14 militeraient, selon The Telegraph, pour une réduction du nombre d’équipes engagées. L’idée est simple : « faire moins mais mieux » pour éviter les affiches sans enjeu et redonner de la valeur à chaque rencontre.
Pourtant, du côté de l’EPCR, l’organisateur, on ne l’entend pas de cette oreille. Malgré les critiques sur l’aspect écologique des voyages en Afrique du Sud ou le niveau inégal des poules, l’instance se montre satisfaite.
Jacques Raynaud, le directeur général de l’EPCR laisse clairement entendre que la formule ne changera pas car toutes les constantes sont au vert. Extrait :
« On entend les appels à améliorer des choses, on travaille dessus. Mais pour le moment, la formule que nous avons stabilisée après beaucoup de changements reste très satisfaisante. Les matches sont extrêmement compétitifs. C’est un bon équilibre entre le champ des contraintes que nous avons et la compétition premium que nous souhaitons avoir.
Notre principe de base, c’est de ne pas habiller Paul et déshabiller Jean. On essaye d’avoir une vision holistique. Il faut que ce soit bon pour l’EPCR mais aussi pour le Top 14, pour la Premiership, pour l’URC, pour les joueurs, etc. Aujourd’hui on est contents d’avoir stabilisé depuis quelques années la formule. »
Des audiences qui freinent le changement
Si les puristes s’agacent, les chiffres, eux, donnent raison aux organisateurs. L’affluence dans les stades et les audiences TV sont en hausse. BeIN Sports a enregistré une progression de 15 % cette saison, tandis que les stades ont accueilli près d’un million de spectateurs sur la phase de poules.
Jacques Raynaud poursuit :
« On a une formule qui rassemble des millions de fans dans les stades. Sur la phase de poules cette saison, les matches ont rassemblé 983 000 spectateurs. On a des bonnes évolutions d’audience TV : BeIn Sports a enregistré une augmentation de 15 % sur la Champions Cup et la Challenge Cup. Les Britanniques ont connu une augmentation substantielle de 27 % puisqu’ils ont un retour en forme. »
Sauf séisme politique entre les ligues nationales et l’instance européenne, le format actuel ne devrait pas bouger avant 2030. Le bras de fer entre la rentabilité économique et l’excellence sportive ne fait que commencer.
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