Sexton, Carter, Russell… Pourquoi le Racing 92 a décidé d’arrêter les stars internationales au poste d’ouvreur ?

Sexton, Carter, Russell… Pourquoi le Racing 92 a décidé d’arrêter les stars internationales au poste d’ouvreur ?

Le samedi 6 juin 2026 à 7:00 par David Demri

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Supporters du Racing 92

Contrairement à la plupart des cadors du Top 14, le Racing 92 n’a pas installé un ouvreur numéro un tout au long de la saison.

Alors que Toulouse s’appuie sur Romain Ntamack, Bordeaux sur Matthieu Jalibert ou encore La Rochelle sur Antoine Hastoy, le club francilien a choisi une autre voie.

Entre Ugo Seunes, Antoine Gibert et Geronimo Prisciantelli, Patrice Collazo a constamment fait tourner ses hommes afin de développer la concurrence et renforcer l’ensemble de son effectif.

Il y a encore quelques années, le Racing 92 misaient sur des stars pour le poste de 10. Plusieurs grands talents se sont succédés : Dan Carter, Jonathan Sexton, Finn Russell ou encore Johan Goosen.

Désormais, le Racing 92 a décidé de miser sur la jeunesse.

Ugo Seunes avait pris une longueur d’avance

Arrivé d’Aurillac l’été dernier, Ugo Seunes s’est rapidement imposé comme l’une des révélations du début de saison.

Le jeune ouvreur de 25 ans a même tapé dans l’œil de Fabien Galthié, qui l’a convoqué dans le groupe élargi du XV de France pour la tournée d’automne puis le Tournoi des Six-Nations.

Titulaire à six reprises lors des neuf premières journées, il a cependant connu des moments plus compliqués au coeur de l’hiver.

Le Racing s’est alors tourné vers un visage bien connu du club : Antoine Gibert.

Antoine Gibert, la valeur sûre

Depuis dix ans, Antoine Gibert traverse les saisons sous les couleurs franciliennes.

Si son temps de jeu avait été plus limité en première partie de saison, il a progressivement retrouvé une place centrale dans le dispositif de Patrice Collazo.

Mais pour le manager du Racing, réduire la réflexion à Seunes ou Gibert serait une erreur.

« N’oubliez pas Geronimo Prisciantelli. Dans la construction de la semaine, il est prépondérant. »

Une charnière encore en construction

Patrice Collazo reconnaît que ses ouvreurs ont traversé des périodes contrastées. Il s’est confié dans L’équipe :

« Nos ouvreurs ont eu des hauts et des bas au cours de la saison. Pour notre charnière, ça a souvent tangué. Ils ont été exposés. »

Le technicien francilien estime toutefois que le contexte collectif a également joué un rôle.

« Mais c’est aussi parce que collectivement, nous n’avions pas assez de maîtrise pour mettre notre 9 et notre 10 dans un certain confort. »

Il poursuit :

« Si vous calculez, en termes d’expérience et de vécu, je pense que nous avons la 14e charnière du Top 14. Mais en termes de volonté et d’envie de progresser, on a des joueurs hyper investis. »

Chaque ouvreur apporte quelque chose de différent

Pour Patrice Collazo, la concurrence entre les trois joueurs constitue une richesse.

« Chacun de nos ouvreurs apporte un truc différent. Il y en a qui sont plus à l’aise quand ils entrent, d’autres quand ils attaquent le match. Il y en a qui ont besoin d’être sur le banc pour voir les choses. »

Le manager explique également que cette saison a demandé un important travail d’adaptation.

« Autant on connaissait « Gibus », autant il a fallu apprendre à connaître Ugo et Geronimo. Et eux aussi ont dû apprendre à nous connaître, tout en s’adaptant à un nouveau Championnat et une nouvelle équipe. »

Ne dépendre de personne

Cette gestion de l’ouverture s’inscrit dans une philosophie plus globale.

Le Racing a utilisé pas moins de 45 joueurs cette saison et n’a jamais aligné exactement la même équipe.

Une volonté clairement assumée par Patrice Collazo.

« On a recruté 16 nouveaux joueurs à l’intersaison et il fallait créer des connexions. Pour faire monter ce groupe en compétence, on savait qu’il ne fallait pas dépendre d’un ou deux joueurs. »

Le même principe s’applique d’ailleurs au capitanat, partagé entre plusieurs cadres comme Max Spring, Romain Taofifenua, Josh Tuisova ou Jordan Joseph.

« Tout comme c’est impossible d’être bon onze mois dans l’année, ce n’est pas possible d’être à fond dans le rôle de capitaine toute une saison. »

À l’heure d’affronter Toulouse dans un match décisif pour la qualification, le Racing 92 continue donc de miser sur la force du collectif plutôt que sur la dépendance à une seule individualité.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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