« Tout le monde ira chez le coiffeur avant Toulouse » ironise Patrice Collazo
« Tout le monde ira chez le coiffeur avant Toulouse » ironise Patrice Collazo
Le dimanche 14 juin 2026 à 12:32 par David Demri
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Le Racing 92 sera bien au rendez-vous des demi-finales du Top 14. Vainqueurs à Pau au terme d’un barrage haletant (33-31), les Franciliens ont réussi ce qu’aucune équipe n’avait réussi cette saison : s’imposer au Hameau.
Après la rencontre, Patrice Collazo a salué la performance de ses joueurs. Le manager francilien est revenu sur les clés de cette qualification avant d’évoquer le défi qui attend désormais son équipe face au Stade Toulousain.
Patrice Collazo estime la qualification méritée
L’entraîneur du Racing 92 n’a pas caché sa satisfaction après ce succès décroché dans l’un des stades les plus difficiles du championnat.
« Déjà, il faut souligner la qualité du match ainsi que la qualité des Palois tout au long de la saison et encore aujourd’hui. La mission, c’était de faire un truc que personne n’avait jamais fait cette saison à Pau. »
Le technicien francilien savait que les Béarnais avaient bâti une solide confiance tout au long de la saison.
« Je savais qu’ils avaient construit beaucoup de certitudes dans le money time tout au long de la saison. »
Pourtant, son équipe a failli relancer totalement la rencontre.
« Et on s’est mis un peu le feu tout seuls sur ce retour de renvoi alors qu’on avait 15 points d’avance… Les Palois ont retrouvé la connexion avec leur public suite à cette erreur. »
Le Racing a alors dû faire preuve de caractère.
« Il a fallu défendre, il fallait être prêt à tout. Et on était prêts à tout pour gagner. »
Collazo a ensuite mis en avant l’état d’esprit de son groupe.
« Franchement, je suis juste content pour les mecs. Comme je l’ai dit, c’est un groupe un peu des extrêmes. Mais quand ils sont comme ça, qu’ils se connectent entre eux et qu’ils savent qu’ils appartiennent à quelque chose d’important, ils sont difficilement jouables. »
Le discours qui a marqué les joueurs
Pour préparer ce barrage, le Racing avait décidé de s’éloigner du précédent affrontement disputé face à Pau.
« On avait construit une composition d’équipe avec une certaine idée en tête. Il ne fallait pas s’appuyer sur le match de phase régulière, ça n’aurait servi à rien. On est partis sur une stratégie un peu différente, avec une approche différente. »
Malgré plusieurs changements de postes, le collectif a su rester cohérent.
« Dans le groupe, il y a beaucoup de certitudes, même si certains joueurs n’ont pas joué à leur vrai poste aujourd’hui. Le coaching a tout de même permis de garder une certaine cohérence, a permis de remplacer certains mecs à d’autres postes. Et puis après, la dimension collective a fait le reste. »
Avant le coup d’envoi, Patrice Collazo avait fixé un objectif précis.
« Mais il fallait être insubmersibles aujourd’hui. C’est ce que je leur ai dit avant le match. Insubmersible, c’est quelque chose qui ne peut pas couler ni disparaître. Voilà, je leur avais demandé ça. Je leur avais dit : aujourd’hui, on ne peut pas couler ni disparaître. »
Les secteurs où le Racing a pris le dessus
La conquête a été l’un des points forts des Franciliens.
« Nos ballons portés ont été très bons. Notre touche a été très bonne, voire excellente. Notre discipline aussi. Sur la première mi-temps, on n’a que deux pénalités contre nous. Notre mêlée a été solide sur les temps forts. »
Collazo a particulièrement apprécié l’engagement défensif de ses joueurs.
« Et puis après, la défense… Certains joueurs ont monté le curseur quasiment comme ils ne l’avaient jamais fait cette saison. Notre troisième ligne a énormément plaqué. »
Une équipe qui monte en puissance
Le Racing 92 a aussi réussi à rivaliser avec Pau dans les airs et dans l’intensité.
« Les ballons aériens ont été disputés. On a vraiment été au contact en haut. Puis après, on en a récupéré quelques-uns dans le « panier ». »
Avant le match, certains évoquaient une opposition de styles.
« À la télé, avant le match, on m’a dit : « c’est une opposition de style entre la vitesse et la puissance ». J’ai répondu : « on verra ». »
Pour Collazo, la rencontre se jouerait surtout sur trois formes de vitesse.
« Ce qui est sûr, c’est que pour les Palois, il fallait de la vitesse physique, c’est-à-dire se déplacer vite, de la vitesse mentale, c’est-à-dire réagir vite sous pression et prendre les bonnes décisions, et de la vitesse technique. J’avais dit au groupe : si on a ces trois choses-là pour nous, on gagnera. On a eu ces trois choses. »
Toulouse déjà dans les têtes
Le manager francilien estime que son groupe récolte aujourd’hui les fruits de plusieurs mois de travail.
« Mon équipe est dans les extrêmes. Elle est capable de faire les quatre saisons dans le même match. Peut-être qu’ils sont managés comme ça aussi (rire). La semaine prochaine, ce sera un autre truc. »
Pour lui, cette montée en puissance n’est pas une surprise.
« Mais non, mes joueurs ne me surprennent pas. Parce que toute la saison, on a senti, nous, avec le staff, qu’il y avait quelque chose. Il fallait juste se connecter. Quand je vois le match de Léo Carbonneau aujourd’hui… On avait une très jeune charnière et beaucoup de nouveaux joueurs. Il fallait le temps de se connecter. »
Le Racing semble désormais avoir trouvé la bonne formule.
« On a mis le temps, on est rentrés que les deux dernières journées dans le top 6. Mais si on est rentrés, c’est qu’on avait fait des choses avant. Mais par séquences, jamais en continu. Et là, c’est en continu. Donc, on a une prise de conscience collective. »
Face à Toulouse, Collazo refuse toutefois tout excès de confiance.
« Il n’y a pas de place pour ceux qui rêvent. Il faut être pragmatique et lucide. On est prêts, on sait contre qui on va jouer. »
Avant de conclure avec une formule qui lui ressemble.
« Le Vélodrome, c’est la classe. Toulouse, c’est la grande classe. Tout le monde ira chez le coiffeur dans la semaine et mettra un beau costume (rire). »
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