Une énorme retombée financière : pourquoi les villes se battent pour accueillir les demi-finales du Top 14

Une énorme retombée financière : pourquoi les villes se battent pour accueillir les demi-finales du Top 14

Le jeudi 18 juin 2026 à 5:30 par David Demri

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Le Top 14 pourrait-il bientôt faire son retour à Barcelone pour l’un de ses événements les plus prestigieux ? La possibilité existe bel et bien.

Alors que la Ligue nationale de rugby doit désigner les villes qui accueilleront les demi-finales de 2028, 2029 et 2030, son directeur général Emmanuel Eschalier a confirmé que la candidature de la capitale catalane était sérieusement étudiée.

Une candidature qui n’a rien d’anecdotique

Le souvenir du Camp Nou reste encore très présent dans les esprits.

« La finale 2016 à Barcelone a été l’immense succès qu’on connaît. On a fait les demi-finales à Saint-Sébastien en 2023. »

Pour le directeur général de la LNR, organiser de nouveau un grand rendez-vous du rugby français hors des frontières n’a rien d’impossible comme il l’a affirmé au Figaro.

« Est-ce que les demi-finales peuvent avoir lieu dans un pays limitrophe, où les conditions sont réunies pour que les supporters des quatre clubs puissent se rendre de façon raisonnable en termes de distance ? La réponse est oui. »

La porte est donc clairement ouverte.

« On ne s’interdit rien. Le Top 14 a une dimension internationale et donc vocation à s’exporter. »

Avant de conclure avec un sourire :

« Après, est-ce que Barcelone sera choisie sur le cycle 2028-2030 ou sur le suivant ? Réponse ce jeudi… »

Les villes se battent pour accueillir l’événement

L’engouement autour des demi-finales ne cesse de grandir.

Emmanuel Eschalier rappelle que les candidatures ont été nombreuses pour les trois prochaines éditions mises en consultation.

« Nous avons reçu de très nombreuses candidatures avec de très belles propositions, à la fois en termes de conditions d’accueil dans le stade, de conditions d’animation dans la ville, d’opérations autour du rugby toute l’année dans le territoire. »

Selon lui, les demi-finales sont devenues l’un des événements sportifs les plus recherchés en France.

« C’est un événement que les villes et les stades souhaitent accueillir. »

Un impact économique estimé à 20 millions d’euros

Les retombées générées expliquent largement cet intérêt.

« C’est un événement qui fait rayonner la ville, qui amène de la convivialité, des moments extraordinaires pendant 48 ou 72 heures. »

Les chiffres avancés par la Ligue sont particulièrement parlants.

« Il y a un impact économique massif, évalué à hauteur de 20 millions d’euros avec près de 80 % des spectateurs qui viennent de départements autres que celui qui accueille les demi-finales. »

Avant d’ajouter :

« Beaucoup de spectateurs découvrent la ville pour la première fois et le panier moyen est de près de 350 euros par personne. »

Un formidable outil pour développer le rugby

La Ligue insiste également sur les bénéfices sportifs pour les territoires concernés.

« À chaque fois que les demi-finales du Top 14 se disputent dans une ville où il n’y a pas de club professionnel, c’est un accélérateur de développement pour l’intérêt pour le rugby, pour le développement de la pratique. »

La LNR multiplie d’ailleurs les actions locales autour de l’événement.

« Nous essayons de capitaliser très en amont sur ces 48 heures de fêtes en menant des opérations dans les écoles, des opérations d’initiation au rugby, en travaillant avec les acteurs locaux pour faire découvrir le rugby dans les quartiers prioritaires. »

Pour Emmanuel Eschalier, l’objectif dépasse largement les deux matchs du week-end.

« Les demi-finales sont un outil d’attractivité pour faire découvrir notre sport. Ça diffuse de l’énergie chez tous ceux qui font vivre le rugby localement. »

Une fête que les villes adorent accueillir

La convivialité propre au rugby reste également un argument majeur.

« Ces demi-finales sont des moments de mélange et de partage entre supporters. »

Le dirigeant poursuit :

« Ça crée des moments de convivialité, de partage, en toute simplicité, dans la bonne humeur, sans aucun stress sécuritaire. »

Une réputation qui séduit les collectivités comme les commerçants.

« Est-ce que le fait qu’on sait que ce sera une fête, qu’il n’y aura pas de débordement, que les supporters sont mélangés et que tout se passe bien, est un argument qui séduit les villes candidates ? Oui. Mais absolument pas par opposition au football, qui est un sport extrêmement populaire et universel. On a nos propres caractéristiques. Ces demi-finales sont des moments de mélange et de partage entre supporters. Et je pense qu’effectivement c’est très apprécié par les villes, les pouvoirs publics, les commerçants, la population.

Parce que ça crée des moments de convivialité, de partage, en toute simplicité, dans la bonne humeur, sans aucun stress sécuritaire. On essaie de cultiver ça, mais absolument pas en comparaison avec d’autres événements ou d’autres sports. Tout simplement parce que c’est notre ADN, notre patrimoine, et qu’on souhaite le maintenir à tout prix, en en faisant une force autant qu’un héritage. »

Et si Barcelone n’est finalement pas retenue cette fois-ci, la LNR laisse clairement entendre que la capitale catalane pourrait accueillir, tôt ou tard, un nouvel événement majeur du rugby français.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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