« Je n’arrivais pas à y croire » : l’émotion de Miles Amatosero après l’appel des Wallabies
« Je n’arrivais pas à y croire » : l’émotion de Miles Amatosero après l’appel des Wallabies
Le vendredi 19 juin 2026 à 12:51 par David Demri
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Longtemps freiné par un épisode qui a marqué sa saison, Miles Amatosero touche aujourd’hui au but. L’ancien deuxième-ligne de Clermont figure dans le groupe de préparation de l’Australie et pourrait bientôt connaître sa première sélection avec les Wallabies.
Revenu au pays après quatre saisons passées à l’ASM Clermont-Auvergne, le géant australien de 2,03 m pour 125 kg s’est imposé comme l’un des hommes forts des Waratahs. Avec 14 feuilles de match cette saison, dont 12 comme titulaire, il a multiplié les performances remarquées en Super Rugby.
Une saison relancée après un épisode compliqué
Le début d’année avait pourtant été marqué par une affaire très médiatisée. Lors d’un entraînement, une altercation avec Angus Scott-Young avait conduit à une suspension de deux matchs. Son coéquipier avait notamment subi une fracture de l’orbite et plusieurs points de suture.
Malgré ce coup d’arrêt, Amatosero a réussi à rebondir. Son retour sur les terrains a confirmé son importance au sein des Waratahs, tout en lui rappelant la nécessité de mieux contrôler son agressivité.
Le deuxième-ligne reconnaît lui-même via Rugby Pass ne pas avoir imaginé une telle issue il y a encore quelques mois.
« Franchement, c’est une énorme surprise. Je savais que le début serait compliqué. Je me suis contenté de revenir aux fondamentaux, de travailler dur, d’essayer de faire de mon mieux chaque semaine pour jouer avec les mecs. Et ça m’a mené jusqu’ici. C’est incroyable. »
Lorsqu’il évoque cette période délicate, un mot revient immédiatement.
« La résilience, surtout. Rester fidèle à ce que je sais faire. Baisser la tête, travailler, et espérer que ça finisse par payer. »
L’appel qu’il n’attendait plus
La sélection avec les Wallabies est arrivée alors qu’il n’y croyait pratiquement plus.
L’ancien Clermontois raconte le moment où tout a basculé.
« Bon, pour être honnête, je pensais que je n’allais pas être sélectionné. C’était juste mon intuition, je suppose que c’est de l’auto-sabotage. J’étais avec ma copine à Melbourne, on regardait le State of Origin, et puis j’ai reçu un appel de Chris Thompson qui m’annonçait que j’avais été sélectionné, et je n’arrivais pas à y croire. Je n’arrivais pas à y croire, et j’ai toujours du mal à y croire. »
Concernant ce qu’il peut apporter aux Wallabies, son discours reste très simple.
« Je ne vais rien apporter de nouveau. Je vais simplement apporter ce que j’espère apporter à chaque match, c’est-à-dire ma combativité et mon énergie. Je veux vraiment montrer l’exemple et m’investir à fond. Mais bien sûr, je sais qu’il y a encore un long chemin à parcourir, et j’ai hâte de m’entraîner dur et de disputer des matchs. »
Une leçon tirée de sa suspension
Le joueur estime que cette mise à l’écart lui a finalement permis de prendre du recul.
Il explique ce que cette période lui a apporté.
« Ça m’a fait du bien de me remettre directement au rugby. Je m’entraînais tout seul, ce qui n’était pas facile, loin de mes coéquipiers. Je crois que cette période d’éloignement m’a permis de prendre conscience de l’importance que revêt ce sport pour moi. Le simple fait d’être de retour avec les gars et de les côtoyer m’a beaucoup aidé. »
Sa réputation de joueur physique continue cependant de lui coller à la peau.
Amatosero sait qu’il doit encore trouver le bon équilibre.
« Oui et non. Je dirais que ça m’est arrivé tout au long de ma carrière, justement parce que je suis un joueur agressif et physique. Mais c’est clairement un point sur lequel je dois travailler : trouver le juste équilibre entre discipline et agressivité. Je pense que cette saison, j’ai largement mieux réussi à le faire. »
Il résume sa philosophie en quelques mots.
« Exactement. Me rapprocher du point d’ébullition, sans déborder. »
Le retour gagnant après Clermont
Depuis son retour en Australie, le deuxième-ligne estime avoir franchi plusieurs étapes importantes dans son développement.
Il reconnaît que l’expérience française lui a beaucoup apporté.
« La décision de revenir ici, en Australie, a été assez facile à prendre, car je voulais travailler dur et, avec un peu de chance, en arriver là où j’en suis aujourd’hui. J’ai vraiment retrouvé confiance en moi, et j’aime à penser que j’ai beaucoup appris de la scène française et que je l’ai maintenant ramenée ici. »
Le joueur adresse également un message aux jeunes Australiens qui évoluent actuellement en France.
« Je leur dirais que s’ils envisagent de rentrer, qu’ils croient en eux, qu’ils se lancent. On a facilement tendance à se laisser envahir par des pensées du genre “ça ne marchera peut-être pas”, “ça ne va peut-être pas s’arranger”. Mais je pense que si vous en avez l’occasion, il faut simplement croire en vous dans tout ce que vous entreprenez. »
Une pensée pour sa mère
Au moment d’évoquer les personnes qui l’ont aidé à traverser les moments difficiles, Amatosero pense immédiatement à sa famille.
Il rend un hommage appuyé à sa mère.
« Ma mère. Mon premier soutien. Elle me garde les pieds sur terre. Elle ne pleure pas d’habitude, mais hier au téléphone, elle n’a pas pu se retenir. Beaucoup d’émotion. Voir ce que ça représente pour mes proches, surtout pour elle… ça compte énormément. »
Enfin, le deuxième-ligne estime avoir enrichi son jeu depuis son retour chez les Waratahs.
« Les Waratahs m’ont énormément aidé sur ce plan-là, c’est-à-dire sur les aspects du jeu autres que le physique. En France, c’était sans aucun doute une partie importante de mon rôle, mais depuis mon retour, j’ai pu me concentrer sur d’autres aspects de mon jeu. J’aime à penser que je suis devenu plutôt bon en touche, c’est-à-dire dans ces aspects du jeu qui ne relèvent pas nécessairement du physique. »
2 Commentaires


Formé à l’ASM , grand espoir au poste que l’on souhaitait conserver . C’est joe Smith notre ancien entraineur qui lui a demandé de revenir en Australie pour pouvoir postuler . Il y est arrivé , bravo à lui , tant pis pour nous .
Lui, aurait été une excellente pioche.