Jeremy Ward : l’histoire bouleversante du joueur Parisien sur son arrivée en France, en 2022
Jeremy Ward : l’histoire bouleversante du joueur Parisien sur son arrivée en France, en 2022
Le samedi 20 juin 2026 à 22:38 par David Demri
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Lorsque le Stade Français a recruté Jeremy Ward à l’été 2022, peu de supporters imaginaient que le Sud-Africain deviendrait l’un des hommes les plus influents du vestiaire parisien.
Pourtant, quatre ans plus tard, le trois-quarts centre fait partie des joueurs incontournables du club de la capitale. Au même titre que Paul Gabrillagues ou Romain Briatte, il figure parmi les leaders du groupe et porte régulièrement le brassard de capitaine.
Mais l’histoire de Jeremy Ward dépasse largement le cadre sportif.
Le pari gagnant de Gonzalo Quesada
À l’époque, le recrutement du Sud-Africain n’avait rien d’une évidence.
Peu sollicité sur le marché, Ward ne faisait pas partie des joueurs les plus médiatisés du rugby sud-africain. Pourtant, Gonzalo Quesada avait rapidement été séduit.
Il s’est confié pour Midi Olympique :
« Jeremy nous a été proposé par un agent. Peu de clubs s’intéressaient à lui à ce moment-là. J’ai fait plusieurs visios avec lui pour apprendre à le connaître. Très vite, j’ai compris que c’était le joueur idéal pour nous. »
Avant de valider son arrivée, le technicien argentin avait multiplié les prises de renseignements.
« Pour valider son profil, j’avais aussi échangé avec James Hall, dont Jeremy avait été le capitaine à l’école. James m’a tout de suite parlé de son leadership, de son caractère et de cette personnalité qui, pour moi, est essentielle. JJ Van der Mescht, qui l’avait connu aux Sharks, m’en avait dit aussi le plus grand bien. On connaissait donc son profil de grand défenseur, mais on voyait aussi en lui ce leadership naturel. »
Les faits lui ont rapidement donné raison.
Le relais idéal de Paul Gustard
Au fil des saisons, Jeremy Ward est passé du statut de recrue étrangère à celui de véritable patron du vestiaire.
Son investissement dans la vie du club a impressionné tout le monde. En quelques mois seulement, il s’est approprié la langue française au point de devenir un intermédiaire naturel entre les joueurs francophones et les éléments anglo-saxons du groupe.
Léo Barré ne cache pas son admiration.
« Son intégration s’est faite hyper naturellement. C’est le genre de mec avec qui c’est facile. Aujourd’hui, il a un français remarquable. Il l’a appris en l’espace de six mois. C’est le relais parfait entre des mecs comme moi qui ont un anglais un peu pourri, je ne le cache pas, et les joueurs anglo-saxons qui ne parlent pas français. Il n’est pas pour rien dans la saison qu’on réalise. Au contraire. »
Cette proximité avec le groupe explique également la confiance que lui accorde Paul Gustard.
Romain Briatte résume parfaitement son importance.
« Ça fait partie de son rôle de vice-capitaine mais Jeremy passe beaucoup de temps avec les membres du staff, il assure le lien aussi avec les joueurs. »
Avant de glisser avec le sourire :
« Entre nous, on dit que c’est le fils caché de Paul Gustard. »
Un compétiteur qui agace les adversaires
Sur le terrain, Jeremy Ward ne se contente pas d’être un relais du staff. Le Sud-Africain est aussi un compétiteur acharné.
Léo Barré raconte volontiers ce qui fait sa particularité.
« C’est un petit cancer pour eux. Parce qu’il leur parle beaucoup. Il ne parle pas mal, mais il est un petit peu chambreur. C’est ce qui fait aussi sa force sur un terrain. »
Une réputation que l’intéressé assume volontiers.
« Oui, c’est vrai. Peut-être que je parle un peu trop, mais c’est toujours pour le bien de l’équipe. »
Les drames vécus loin des terrains
Mais derrière cette réussite sportive se cache une réalité beaucoup plus douloureuse.
Depuis son arrivée en France, Jeremy Ward et son épouse ont traversé des moments extrêmement difficiles. Le couple a notamment dû faire face à deux fausses couches successives l’année dernière.
Une épreuve qui a profondément marqué le joueur.
« Nous avons vécu des moments très douloureux, c’est vrai. Mais quand tu vis quelque chose comme ça, tu apprends aussi beaucoup de choses sur la force, l’amour et la résilience. Ma femme et moi, individuellement, nous sommes plus forts. Dans le couple, nous sommes aussi beaucoup plus proches. »
Malgré ces moments difficiles, Ward a continué à avancer sans jamais rien laisser paraître.
Une attitude qui a marqué ses coéquipiers.
« Ce qui fait sa force, c’est qu’il a un mental d’acier. Il n’a jamais rien montré au stade de ce qu’il vivait dans son intimité. Il a toujours été très positif alors que nous vivions déjà une saison galère sur le plan sportif. Mais il a su répondre présent. C’est quelqu’un qui est toujours là pour les autres, qui est toujours de bon conseil, que ce soit pour les jeunes ou même pour les anciens. C’est vraiment un top mec. »
La plus belle victoire de sa vie
Après les épreuves, le bonheur a finalement frappé à la porte du couple.
Le 30 avril dernier, Jeremy et son épouse ont accueilli leur premier enfant, une petite fille prénommée Stevie.
Un événement qui a bouleversé sa vie.
« C’est exactement ça. Après la victoire contre La Rochelle, quand je suis rentré à la maison, ma femme m’a dit : « C’est super d’avoir gagné, mais maintenant, c’est le moment de changer une couche. » Je pense que ça m’aide aussi à garder les pieds sur terre et à profiter de chaque instant de la vie. »
Quatre ans après son arrivée discrète dans la capitale, Jeremy Ward est devenu bien plus qu’un joueur du Stade Français. Leader respecté, relais du staff, capitaine occasionnel et désormais jeune papa, le Sud-Africain s’est imposé comme l’un des visages les plus importants du club parisien.
Sans faire de bruit. Comme toujours.
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