« Je ne vois aucun club en danger » : Yann Roubert fait le point sur l’état du rugby français

« Je ne vois aucun club en danger » : Yann Roubert fait le point sur l’état du rugby français

Le samedi 4 juillet 2026 à 7:30 par David Demri

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Installé à la tête de la Ligue Nationale de Rugby, Yann Roubert hérite d’un rugby français en pleine lumière. Les stades affichent complet, l’équipe de France continue de séduire et les compétitions professionnelles battent des records d’affluence.

Mais derrière cette dynamique très positive, le nouveau président de la LNR sait que plusieurs défis majeurs attendent encore les clubs. Situation financière, solidarité entre les divisions ou avenir de la Nationale : le dirigeant lyonnais dévoile sa feuille de route.

Pour Yann Roubert, la plus grande victoire de la saison ne se résume pas à un champion

Au moment de dresser le bilan de l’exercice 2025-2026 pour Midi Olympique, le président de la Ligue refuse de mettre en avant un match ou un titre en particulier. Ce qu’il retient avant tout, c’est l’engouement qui entoure désormais le rugby français.

Selon lui, cette saison restera avant tout marquée par une ferveur populaire rarement atteinte.

« Je dirais les stades pleins et la ferveur, d’une manière générale, qu’il y a pour le rugby. J’essaie de parler au global, pas seulement d’un match. Que ce soit la finale de Top 14 ou de Pro D2, les demi-finales, le Tournoi des Six Nations… Partout, on a vu des stades pleins, de la ferveur, une équipe de France qui gagne, de beaux champions en Top 14, comme en Pro D2. C’est évidemment un bonheur quand on aime le rugby. »

Pour Yann Roubert, cette popularité constitue aujourd’hui l’une des plus grandes forces du rugby français. Une dynamique qu’il entend préserver dans les années à venir.

Des finances sous surveillance, mais aucune urgence selon le président de la LNR

Si les tribunes se remplissent partout en France, la situation économique des clubs reste plus contrastée. Plusieurs formations professionnelles demeurent structurellement déficitaires, un constat qui pourrait susciter des inquiétudes.

Le nouveau président refuse pourtant de parler de crise.

À ses yeux, le rugby professionnel reste aujourd’hui sous contrôle grâce au travail de régulation effectué par la Ligue.

« Il n’y a aucune situation facile. Situation d’urgence ? Non, pas particulièrement. Je ne vois pas de club en danger à l’heure actuelle, dans la mesure où la LNR fait son travail. »

Pour autant, Yann Roubert n’ignore pas les difficultés rencontrées par certains clubs en dehors du monde professionnel.

Il rappelle que plusieurs structures ont récemment disparu en Nationale et appelle à rester vigilant pour éviter que ces situations ne se reproduisent.

« Mais si l’on sort du rugby pro, on voit qu’en Nationale, sur ces trois dernières années, il y a eu des clubs qui ont fait défaut. Donc, évidemment, il faut être lucide, conscient de la situation et travailler avec ambition pour entretenir la dynamique formidable du rugby, et avec raison pour qu’il n’y ait pas d’autres cas comme ceux que l’on a vus à Niort, à Tarbes, à Hyères et à Blagnac. »

La solidarité restera un pilier du modèle économique français

Interrogé sur une éventuelle évolution de la répartition des recettes entre le Top 14 et la Pro D2, Yann Roubert ne laisse planer aucun doute.

Le système actuel, qui répartit les redistributions à hauteur de 70 % pour le Top 14 et 30 % pour la Pro D2, demeure selon lui parfaitement cohérent avec les valeurs historiques du rugby français.

Le président défend un modèle basé sur le partage plutôt que sur la concentration des richesses.

« Cela répond à un principe de solidarité. C’est à la fois l’honneur et la tradition du rugby français d’avoir une notion de partage de la valeur entre le plus grand nombre. Donc, oui, c’est effectivement 70-30. Nous allons bientôt voter définitivement pour la saison à venir, donc nous resterons sur ce principe s’il est voté en assemblée générale ce qui ne fait, a priori, pas de doute. »

Cette solidarité s’applique également à l’intérieur même des divisions.

Les futures augmentations de revenus continueront d’être réparties de manière équitable entre tous les clubs.

« Ensuite, au sein de chaque division, il a été décidé de répartir les augmentations que nous pouvons avoir grâce à nos droits télé et nos droits marketing de manière solidaire, c’est-à-dire avec des parts égales pour chacun des clubs au sein de chacune des divisions. »

Le rugby amateur continuera également de bénéficier des recettes du rugby professionnel

Yann Roubert tient à rappeler que cette solidarité ne s’arrête pas aux clubs professionnels.

Le futur cycle liant la LNR et la Fédération française de rugby prévoit d’importants investissements destinés au développement du rugby amateur.

Le président dévoile notamment l’enveloppe qui sera reversée au rugby fédéral jusqu’en 2031.

« Et puisqu’on parle de solidarité, j’insiste : elle existe entre clubs professionnels mais elle va aussi vers le rugby amateur puisque c’est l’une des signatures de notre convention avec la FFR. Sur le cycle 2027-2031, 52 millions d’euros iront vers le rugby fédéral, dont 40 dédiés au rugby amateur, notamment à la création d’antennes de rugby. »

Selon lui, cet effort permettra également de mieux accompagner les clubs formateurs et les structures qui participent au développement du rugby sur tout le territoire.

Il cite notamment le label « Club Engagé », mis en place par la Fédération, comme l’un des leviers de cette politique.

« On parlait de ces conquêtes géographiques à accomplir. C’est vrai aussi pour le rugby amateur, notamment pour récompenser les clubs formateurs ou les clubs découvreurs, à travers le label « Club Engagé » mis en place par la Fédération française de rugby. »

La Nationale reste un sujet de réflexion pour la Ligue

Même si cette compétition relève directement de la Fédération, la LNR entend continuer à accompagner la troisième division.

Yann Roubert confirme notamment qu’un nouveau mécanisme de soutien est actuellement étudié.

L’idée serait d’aider financièrement le club relégué de Pro D2 afin de faciliter sa transition vers la Nationale.

« Cette division est une prérogative fédérale mais nous l’accompagnons. Chaque année, il y a un versement. Je vous ai parlé de 40 millions d’euros vers le rugby amateur, sur le principe de solidarité. Il reste 12 millions. Une partie va au soutien des grands blessés du rugby, via la Fondation Ferrasse. Il y a aussi la Nationale, que nous accompagnons donc. »

Le président de la Ligue révèle également qu’une prime de relégation est actuellement à l’étude.

« Ce que nous envisageons aussi – il faut encore que ce soit débattu et voté –, c’est une prime de descente pour le club qui descendrait de Pro D2 en Nationale. À l’image de ce qui existe lorsqu’il y a aussi une prime de descente du Top 14 en Pro D2. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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