À 15 mois du Mondial, le rugby à XV reste largement éclipsé par le XIII en Australie
À 15 mois du Mondial, le rugby à XV reste largement éclipsé par le XIII en Australie
Le mardi 7 juillet 2026 à 14:44 par David Demri
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L’Australie accueillera la prochaine Coupe du monde de rugby dans un peu plus d’un an. Pourtant, sur place, le XV continue de vivre dans l’ombre du rugby à XIII. Malgré l’histoire des Wallabies et l’approche du plus grand rendez-vous mondial, la League reste de très loin le sport roi dans une grande partie du pays.
À Brisbane, où le XV de France affrontera l’Australie samedi dans le cadre du Championnat des nations, le contraste saute aux yeux.
Le State of Origin monopolise toute l’attention
Cette semaine, la ville vit avant tout pour le troisième match du State of Origin, l’événement phare du rugby à XIII australien.
Les hôtels affichent des prix records, les boutiques officielles sont prises d’assaut et plusieurs millions de téléspectateurs suivront la rencontre.
Pendant ce temps, le test-match entre les Wallabies et le XV de France occupe une place bien plus discrète dans l’actualité locale.
Cette domination du XIII ne date pas d’hier. Historiquement adopté par les classes ouvrières, il est progressivement devenu le sport numéro un dans plusieurs États australiens, pendant que le rugby à XV conservait une image davantage associée aux établissements privés.
Une puissance financière qui change tout
L’écart entre les deux disciplines s’explique aussi par les moyens économiques.
Le championnat professionnel de rugby à XIII, la NRL, bénéficie aujourd’hui de contrats télévisés colossaux.
Le nouvel accord signé pour la période 2028-2034 devrait rapporter plus de 5 milliards de dollars australiens, offrant aux clubs des moyens sans commune mesure avec ceux du rugby à XV.
Cette puissance financière permet également au XIII d’attirer très tôt les meilleurs jeunes talents.
Le journaliste australien Christy Doran regrette cette situation via L’équipe :
« Les meilleurs athlètes vont au XIII. Il y a encore de bons joueurs dans le rugby australien, mais les meilleurs talents sont perdus plus tôt, vers 15, 16 ans. La fédé ne sait pas les valoriser et ils finissent par partir à l’étranger. »
Selon lui, cette fuite des talents fragilise durablement le rugby australien.
Il cite notamment plusieurs exemples récents.
« Ils n’ont pas retenu Tom Banks qui a joué la dernière finale pour Montpellier. Ils ne sélectionnaient pas Tom Staniforth qui joue dorénavant pour la France. Et puis il y a tous ces cas qui s’envolent vers l’étranger et progressent. »
Avant de conclure.
« Est-ce que le système de haute performance ici fonctionne assez bien ? Je ne pense pas. »
Les Wallabies continuent pourtant d’attirer
Malgré ce contexte difficile, la sélection nationale conserve une véritable capacité à mobiliser le public.
Près de 45 000 spectateurs avaient assisté au premier match contre l’Irlande à Sydney.
Et le Suncorp Stadium de Brisbane affichera complet samedi pour la venue du XV de France.
L’entraîneur des avants Tom Donnelly refuse d’ailleurs d’opposer les deux disciplines.
Le technicien australien préfère voir le bon côté des choses.
« C’est un match énorme. Nos gars adorent le suivre. C’est cool pour la ville. Et c’est cool que l’on puisse jouer ici aussi. Il y a un super soutien derrière les Reds et les Wallabies ici à Brisbane. »
Même discours du côté de l’arrière Jock Campbell.
Le Wallaby assume pleinement son choix du rugby à XV.
« Évidemment, le State of Origin, c’est le plus grand spectacle du XIII. Et c’est un vrai spectacle. C’est génial. Mais il y a plein d’enthousiasme autour du rugby à XV. »
À quinze mois de « sa » Coupe du monde, Rugby Australia espère justement que cet enthousiasme continuera de grandir. Car si les Wallabies restent capables de remplir les stades lorsqu’ils jouent à domicile, le défi est désormais bien plus vaste : profiter du Mondial 2027 pour tenter de réduire l’immense fossé qui les sépare encore du rugby à XIII dans le cœur des Australiens.
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