Peato Mauvaka sans langue de bois sur les mises à l’écart d’Alldritt et Penaud : « Tu te loupes, tu sors »

Peato Mauvaka sans langue de bois sur les mises à l’écart d’Alldritt et Penaud : « Tu te loupes, tu sors »

Le vendredi 10 juillet 2026 à 8:22 par David Demri

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Quelques jours seulement après avoir remporté un nouveau Bouclier de Brennus avec le Stade Toulousain, Peato Mauvaka a retrouvé le XV de France en Australie. Une tournée que le talonneur aborde avec enthousiasme, lui qui n’a repris la compétition qu’au mois de janvier après sa grave blessure au genou.

S’il savoure ce retour au plus haut niveau, l’international français estime surtout que l’équipe de France a profondément changé ces dernières années.

À ses yeux, plus personne ne peut désormais se reposer sur son statut.

Une concurrence devenue permanente

Pour Mauvaka, la proximité de la Coupe du monde 2027 explique en grande partie l’engagement de tous les internationaux lors de cette tournée estivale.

Dans les colonnes de Midi Olympique, le Toulousain assure que chaque rassemblement est désormais une occasion de gagner… ou de perdre sa place.

« L’envie de représenter ton pays, elle est toujours là. C’est une fierté de porter le maillot bleu. Maintenant, il y a aussi la Coupe du monde l’an prochain. C’est le genre d’événement que personne ne veut manquer. Et aujourd’hui, on se rend compte que les leaders de ce groupe, ce sont ceux qui faisaient les tournées il y a deux ou trois ans. Tout le monde a envie de garder sa place et quand tu vois la concurrence arriver, tu peux prendre peur. On sait maintenant que personne n’est installé. Il y a eu quelques exemples. On peut vite se retrouver en sursis. »

Pour lui, cette évolution n’a rien d’un hasard.

Les joueurs qui ont accepté de participer aux tournées précédentes occupent aujourd’hui une place importante au sein du groupe France.

« Tu te loupes, tu sors »

Interrogé sur la gestion de Fabien Galthié, qui n’a pas hésité ces derniers mois à se passer ponctuellement de joueurs majeurs comme Damian Penaud ou Grégory Alldritt, Mauvaka ne cache pas qu’il adhère totalement à cette philosophie.

Selon lui, le sélectionneur fait désormais passer le niveau du moment avant la réputation.

« C’est vrai, il n’y a plus de gros statuts. Tu te loupes, tu sors. Moi, ça me va. C’est ce que je préfère en équipe de France. C’est la forme du moment qui compte et c’est tant mieux. Évidemment que l’expérience est précieuse à ce niveau, mais tu ne peux pas porter ce maillot juste parce que tu as un statut. Pour moi, il faut faire jouer les meilleurs du moment. »

Une méthode que le talonneur considère comme bénéfique pour tout le groupe.

Il estime que cette concurrence permanente pousse chacun à maintenir un très haut niveau d’exigence.

Une tournée qu’il aborde avec beaucoup d’envie

Même si son arrivée en Océanie a été mouvementée, Mauvaka assure désormais être prêt.

Le Toulousain raconte avoir subi de plein fouet le décalage horaire après avoir rejoint seul la Nouvelle-Zélande avant de retrouver le reste des finalistes du Top 14.

« Je l’ai eu un peu dur avec le jet-lag au début. J’ai mis du temps à me faire au décalage horaire, à passer de bonnes nuits. C’était un peu « complicado ». Surtout, j’ai eu droit à un régime spécial en partant directement en Nouvelle-Zélande. Ça m’a rajouté trois ou quatre heures de vol par rapport aux autres. À partir de Dubaï, j’ai quitté les autres finalistes. Du coup, j’ai fait le plus long des deux vols tout seul… C’était dur d’arriver en Nouvelle-Zélande et d’attendre que le reste du groupe me rejoigne. D’autant qu’ils mettaient des photos au zoo à Brisbane ou des trucs comme ça dans les groupes WhatsApp. Pendant ce temps, j’attendais tout seul à Christchurch. Mais bon, ça va un peu mieux. Surtout, hier, j’ai bien dormi. Trop même. »

Ces quelques difficultés sont désormais oubliées.

« Moi, je suis frais et excité. Je n’ai repris qu’en janvier après ma blessure au genou. Et puis, au début je n’ai fait que des bouts de match, j’en avais un peu marre. J’étais impatient de commencer une rencontre pour voir si mon genou tenait le coup. Je n’ai donc repris que depuis quelques mois. J’ai vraiment hâte de jouer ce match. Aujourd’hui, j’ai pu enfin me réentraîner sur une vraie séance car pendant quatre, cinq jours, j’étais un peu sur le côté pour laisser les mecs se préparer pour le match des Blacks. »

Mauvaka se méfie énormément de l’Australie

Malgré la mauvaise passe traversée par les Wallabies, le talonneur refuse de se fier au classement mondial.

Pour lui, les Australiens restent une très grande nation du rugby et les Bleus devront livrer un énorme combat.

« On ne peut pas se fier au classement. L’Australie, ça fait partie des grandes nations du rugby. Même si on a perdu, on a fait un gros match contre la Nouvelle-Zélande. Un peu comme l’an dernier, seulement après, l’équipe avait été plus en difficulté sur le deuxième match. Cette fois, le staff fait rentrer dans l’équipe les finalistes du Top 14. On a un vrai challenge à relever, un statut à assumer. »

L’international français rappelle également que les Wallabies sont passés tout près d’un exploit face à l’Irlande.

« Ça a tapé fort sur leur match contre l’Irlande. C’est pour cette raison qu’il est impossible de se fier au ranking. L’Australie a perdu de peu et aurait vraiment pu s’imposer. Du coup, ils vont vouloir se rattraper contre nous. »

Concernant les ballons portés, secteur où les Bleus avaient fait très mal à l’automne dernier, Mauvaka refuse toute forme d’excès de confiance.

« Contre eux, on a marqué deux essais sur maul à la tournée de novembre. J’ai aussi vu qu’ils en avaient pris deux contre l’Irlande samedi dernier. C’est vrai que c’est beaucoup, mais ça ne veut rien dire. Des fois, on joue des matchs sans marquer et le lendemain à la vidéo, on se fait défoncer ! Le coach dit que les avants sont nuls parce qu’on n’a pas marqué. »

Avant de conclure sur la bataille qui attend les Bleus à Brisbane.

« C’est important de se mettre en mode combat, mais je préfère quand même jouer au rugby. Maintenant, on a vu aussi beaucoup de jeu de mouvement chez les Australiens avec des joueurs très costauds. Leur numéro 8, c’est un monstre. On devra jouer sur nos forces et croire en nous. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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