Un joueur de Pro D2 a refusé de tripler son salaire en Top 14 sur recommandation de son agent !

Un joueur de Pro D2 a refusé de tripler son salaire en Top 14 sur recommandation de son agent !

Le lundi 13 juillet 2026 à 16:11 par David Demri

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Top 14 stade

Si les agents sportifs négocient les contrats des plus grandes stars du rugby français, leur travail commence souvent bien avant les débuts professionnels.

La détection des jeunes talents est devenue un secteur extrêmement concurrentiel où le réseau et la confiance comptent autant que les résultats sur le terrain.

The Team, le géant du rugby français

Aujourd’hui, une agence domine largement le marché.

The Team regroupe une trentaine d’agents et représente, selon plusieurs de ses concurrents, près de 70 % des joueurs professionnels et environ 90 % des entraîneurs.

Parmi ses clients figurent notamment Antoine Dupont, Thomas Ramos, Peato Mauvaka, Damian Penaud ou encore Charles Ollivon.

Face à cette structure, plusieurs agences indépendantes se sont spécialisées sur des profils bien précis.

Laurent Quaglia s’est par exemple imposé comme une référence dans le recrutement des joueurs britanniques, en accompagnant notamment les arrivées de Jonny Wilkinson au Rugby Club Toulonnais, Owen Farrell au Racing 92, Billy Vunipola à Montpellier ou Jack Willis au Stade Toulousain.

Le travail commence parfois dès 16 ans

Chez Projexa, la priorité est donnée depuis plus de vingt ans à l’accompagnement des jeunes joueurs français.

Son cofondateur Jérôme Lollo se souvient des débuts de l’agence.

Il raconte dans Midi Olympique le soutien reçu dès les premières années.

« Avec mon associé Xavier Batiste, nous avions obtenu parmi nos tout premiers mandats celui du Stade français pour recruter Patrick Tabacco. Lorsque Max Guazzini a appris que nous nous lancions dans le métier, il nous a payés par avance les deux années de commission afin que nous puissions disposer de la trésorerie nécessaire pour démarrer dans de bonnes conditions. Nous avons alors choisi de nous tourner vers la jeune génération qui arrivait : Guilhem Guirado, Lionel Beauxis, Damien Chouly, Maxime Médard… Ils sont ensuite devenus champions du monde des moins de 21 ans, et nous les avons accompagnés tout au long de leur carrière. »

Aujourd’hui, la concurrence est encore plus forte.

Jérôme Chabran, ancien directeur du centre de formation de Provence Rugby, passe une grande partie de son année à observer les compétitions de jeunes.

Il constate que les clubs s’intéressent de plus en plus tôt aux futurs talents.

« Avec l’augmentation des indemnités de formation, les clubs sont à l’affût du moindre potentiel qui aurait échappé à leurs radars ou à ceux de la Fédération. Ce n’est plus rare qu’un club, ou même des parents, nous sollicitent pour un joueur de seize ans. Pourtant, le Code du sport nous interdit tout engagement contractuel avec un mineur. Ce sont donc des paris sur l’avenir. Notre rôle est avant tout un rôle de conseil. Le réseau est primordial, car certains jeunes quittent très tôt leur environnement familial. Il faut leur trouver le bon projet sportif, mais aussi le bon cadre de vie. »

Le temps de jeu avant le salaire

L’accompagnement ne se limite pas à la signature d’un contrat.

Les agents conseillent également leurs joueurs lorsqu’il faut choisir entre un gros salaire ou davantage de temps de jeu.

Jérôme Chabran raconte avoir récemment déconseillé un transfert pourtant très avantageux financièrement.

« Cette saison, un gros club de Top 14 voulait recruter un trois-quarts pour en faire son numéro trois au poste. Financièrement, il allait tripler son salaire avec un contrat de deux ans. Je l’ai pourtant convaincu de rester dans son club de Pro D2, où il allait jouer. À cet âge-là, le temps de jeu est plus important que le salaire. Si un jeune ne joue pas, il peut très vite perdre confiance, voire tomber en dépression. »

Dernier exemple en date, il a participé aux discussions ayant abouti à la prolongation de Louis Bielle-Biarrey avec l’Union Bordeaux-Bègles.

Enfin, le métier a lui aussi évolué avec les nouvelles technologies.

Pour Jérôme Lollo, les visioconférences ont profondément changé les négociations.

« Aujourd’hui, les premiers entretiens se font presque tous en visio. C’est plus confortable pour les joueurs. Ils n’ont plus besoin de se cacher ou de mentir par omission à leur club pour aller rencontrer discrètement un président intéressé par leur profil. Il n’y a plus cette tension permanente, cette peur de voir un rendez-vous apparaître dans les pages « Cris et Chuchotements » de Midi Olympique. La visioconférence permet d’aller plus vite, tout en restant beaucoup plus discrète. »

Derrière les signatures qui agitent chaque été le marché des transferts se cache donc un travail de longue haleine, souvent invisible, où l’accompagnement humain est devenu presque aussi important que la négociation des contrats.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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