Le joueur du XV de France qui travaillait la nuit pour gagner sa vie : « Je touchais 300 euros par mois »

Le joueur du XV de France qui travaillait la nuit pour gagner sa vie : « Je touchais 300 euros par mois »

Le mercredi 15 juillet 2026 à 9:29 par David Demri

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Avant de porter le maillot du XV de France et de s’apprêter à retrouver une place de titulaire face au Japon, Régis Montagne a connu un parcours bien loin des trajectoires classiques du rugby professionnel.

À ses débuts à Grenoble, le pilier ne vivait pas de son sport. Pour joindre les deux bouts, il passait ses nuits à décharger des camions dans une entreprise de transport.

« Je touchais 300 euros par mois »

Aujourd’hui international français, Régis Montagne n’oublie pas les sacrifices consentis au début de sa carrière.

À Grenoble, son statut de jeune joueur ne lui permettait pas de vivre du rugby.

Pour Midi Olympique, le Clermontois raconte cette période marquante :

« À mes débuts en pro avec Grenoble, je ne touchais pas beaucoup d’argent. Je venais d’avoir mon permis, je touchais 300 euros par mois. Avec ça, quand tu as payé l’assurance de la voiture, il ne te reste plus rien, et je n’osais pas demander de l’argent à ma mère. Alors il a fallu que je trouve un travail. »

Le jeune pilier trouve alors un emploi dans une entreprise de transport située à Voreppe, près de Grenoble.

Il décrit son quotidien de l’époque :

« Tous les week-ends, le vendredi soir, j’allais décharger des camions à Voreppe pour une boîte de transport, Kuehne-Nagel. Parfois, j’étais 24e le vendredi soir au Stade des Alpes, et je partais à minuit pour embaucher jusqu’à 7 heures du matin, à décharger les palettes. »

« C’est là que j’ai appris ce qu’était le vrai travail »

Pendant près de deux ans, Régis Montagne cumule rugby et travail de nuit.

Même durant la période du Covid, il continue à travailler plusieurs mois dans cette entreprise avant de signer son premier contrat professionnel.

Une expérience qui l’a profondément marqué :

« Depuis, je sais ce que c’est que d’en chier vraiment… J’ai fait ça pendant près de deux ans. Dès que j’avais une semaine de vacances ou un week-end de libre, j’y allais. Même pendant le Covid, sur les quatre mois de confinement, j’ai passé trois mois à bosser là-bas. Je n’ai signé pro qu’à l’été d’après. »

Cette période a également changé sa vision de l’argent et de son métier.

Il conclut :

« Ça m’a permis de voir autre chose et de me rendre compte que pour avoir de l’argent, il faut travailler dur. Et surtout que, quand tu en as, il ne faut pas le gaspiller. »

Aujourd’hui installé au plus haut niveau, Régis Montagne s’apprête à négocier le contrat le plus important de sa carrière.

Mais le pilier de l’ASM n’a rien oublié de ces longues nuits passées à décharger des camions, un parcours qui explique en grande partie la solidité mentale qu’il affiche aujourd’hui sous le maillot du XV de France.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

5 Commentaires

  1. TOP12 15 juillet 2026 at 11h- Répondre

    ca se voit sur lui , que c est un taiseux , un modeste , un bosseur ,tout le contraire du bling bling qui commence a trop entourer ce sport et qui a moi me deplait fortement !!

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    • JeanmarcMourillon 15 juillet 2026 at 12h- Répondre

      Idem que toi TOP 12
      Après de toi à moi , le bling bling…. mis à part UN pour le reste c’est discret et humble

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      • Benji 15 juillet 2026 at 13h- Répondre

        Tu crois que Dupont ne s’est pas ce que c’est le travail lui qui bossait à la ferme familiale tous les jours jusque il y a peu. Quand tu sais pas tu fermes ta gueule.

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        • JeanmarcMourillon 15 juillet 2026 at 15h- Répondre

          Mais keske tu racontes imb et cil heureux ?
          Tu parles de choses qui ont des années … « La ferme familiale » il y a quantité de rugbymen qui ont connu ça ( je les cite ? )
          Lui , depuis , l’argent lui a fait exploser le carafon et s’il n’avait pas cette mentalité naturelle en lui ( qui s’est révélée sur le tard ) il continuerait à être discret au lieu de s’afficher partout où il peut
          Je l’associe définitivement à « toujours plus de fric  » et au « bling bling people  » à fond la caisse

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  2. Cousteline du Faron 15 juillet 2026 at 13h- Répondre

    Oui, c’était notre histoire à nous les joueurs des années 60 et 70 au siècle dernier, se souvenir qu’au RCT0 quelques uns avaient une enveloppe donnée à la main, mais beaucoup ne recevaient pas grand chose, si ce n’est un ticket de parking en sous sol de la place d’armes, un plein d’essence, ou le traditionnel sandwich jambon beurre d’après entrainement, car on avait pour la plupart un boulôt à côté, mème celui qui était maquereau (si si, je ne dirai pas le nom) faisait comme les autres, il n’avait pas droit à grand chose. Je l’ai mème vu donner son pétard avant entrainement à un dirigeant pour qu’il le garde, tout comme un de nous policier en civil qui jouait lui aussi au RCT.
    Sous la municipalité Arreckx (Simon Mazzoni adjoint aux sports) Les emplois municipaux ou encore à la régie des eaux sont arrivés après que Jean Carrère (futur maire d’Argelès) notre entraîneur est parti. Dans toute la France les clubs se structuraient et dés la moitié des années 60, on parla de faveurs financières, d’aides pour ouvrir un commerce, de prêts hypothécaires intéressants, et puis qu’on le veuille ou non, c’était quand mème nécessaire d’aider les joueurs car on passait de 2 entrainements obligatoires à 3 par semaine, et le week end entier bloqué car si pas là à l’entrainement réglage du vendredi soir, tintin, tu n’allais pas en déplacement avec l’équipe fanion (en train fumant et bruyant, près de 12h pour aller à La Rochelle par exemple) et allais automatiquement en réserve. La Nationale B n’a été crée qu’en 72 quand la bande à Herrero est partie à Nice et à Toulon, il a fallut ramer pour avoir 3 équipes senior compétitives, chose qui fut fait, voir les résultats des années 72 et 73.
    Week end donc bloqué pour revenir le lundi un peu avant 7h par le train de nuit, juste à temps pour aller travailler, sans avoir trop le temps d’aller se faire soigner.
    C’était le bon temps…

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