Le sélectionneur du XV de France prévient : « On va souffrir énormément samedi »

Le sélectionneur du XV de France prévient : « On va souffrir énormément samedi »

Le vendredi 17 juillet 2026 à 8:44 par David Demri

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Fabien Galthié ne s’attend pas à une fin de tournée tranquille. Avant d’affronter le Japon, samedi, le sélectionneur du XV de France a affiché une grande prudence face à une équipe dirigée par Eddie Jones, dont il connaît parfaitement les méthodes.

L’entraîneur des Bleus a également profité de cette conférence de presse pour raconter la relation qu’il entretient depuis de nombreuses années avec son homologue australien, un technicien qu’il considère comme l’une des références du rugby mondial.

Derrière le respect, une vraie méfiance avant le Japon

Fabien Galthié connaît Eddie Jones depuis de longues années. Bien avant de devenir sélectionneur du XV de France, il avait eu l’occasion d’observer de près le travail de l’Australien, invité à plusieurs reprises au sein de ses stages avec les Wallabies puis avec l’Angleterre.

Le sélectionneur français raconte avec humour comment Eddie Jones lui a longtemps ouvert les portes de ses préparations.

« Eddie Jones doit entraîner au plus haut niveau depuis au moins vingt-six ans. Il a pris l’équipe d’Australie quand j’étais au Stade français. Souvent, il m’invitait à ses camps d’entraînement. Je suivais la semaine des Wallabies à Paris.

Quand il a entraîné l’Angleterre, il m’invitait au camp d’entraînement des Anglais. Je suivais aussi leur préparation… tant que je n’étais pas sélectionneur. Après, il ne m’a plus jamais invité. »

Cette proximité lui permet aujourd’hui de mesurer l’influence de l’ancien sélectionneur de l’Angleterre sur le rugby international.

Fabien Galthié explique pourquoi il nourrit un immense respect pour son futur adversaire.

« C’est quelqu’un de très ouvert. J’ai profité pleinement des portes qu’il m’ouvrait. On s’est souvent rencontrés, on a souvent eu des discussions sur le rugby. C’est peut-être le sélectionneur qui a le plus de test-matches entre les Wallabies, l’Angleterre, le Japon.

Il a même travaillé pour l’Afrique du Sud en 2007. Il traverse les civilisations, le Nord, le Sud. Il a très souvent des résultats. Et puis il a une pensée aussi. Une méthode. J’ai un très grand respect pour Eddie Jones. »

Cette admiration ne l’empêche pas d’aborder cette rencontre avec beaucoup de vigilance.

Le patron des Bleus s’attend à retrouver la patte d’Eddie Jones sur cette équipe du Japon.

« Je me méfie énormément de sa stratégie. Je reconnais un peu de son équipe d’Angleterre de 2019. Ou même beaucoup. Et de l’Australie précédente aussi. Il y a un style Eddie Jones. Comme il y a aussi un style Joe Schmidt avec l’Australie et l’Irlande. Je m’attends à quelque chose de très difficile samedi.

Ils ont réussi à battre l’Italie sans discussion. Ils savent jouer dans ces conditions météorologiques qui surprennent énormément les équipes européennes et qui nous ont mis en difficulté depuis qu’on est arrivés. »

Galthié s’attend à un véritable défi sur tous les plans

Au-delà de la qualité du Japon, Fabien Galthié insiste aussi sur les conditions climatiques, qui compliquent énormément la préparation des équipes européennes.

Le sélectionneur reconnaît que les premiers entraînements ont déjà été particulièrement éprouvants.

« On a beaucoup souffert aux entraînements mardi et mercredi et on va souffrir énormément samedi. À la fois parce que les Japonais sont capables de mettre beaucoup de vitesse dans leur jeu et des conditions vraiment particulières.

Les Européens ont du mal à s’adapter. On a vu les Italiens en grande difficulté. C’est pour cela que je trouvais intéressant que les Irlandais viennent aussi jouer à Tokyo. Ça n’est pas la même histoire ici. »

Fabien Galthié se méfie également de la préparation tactique d’Eddie Jones, réputé pour cibler avec précision les points faibles de ses adversaires.

Il s’attend à voir le Japon arriver avec un plan très précis pour mettre les Bleus en difficulté.

« Une défense sans ballon qui gagne beaucoup de terrain. Un jeu de possession qui met beaucoup de pression sur l’adversaire. Et une animation très bien structurée avec à chaque fois des aspects très pointus. Ils ont cette capacité à sortir des drills ou une arme spécifique après avoir identifié chez nous une faiblesse spécifique. Mais ça, je ne sais pas ce que cela va être. Je sais juste qu’il va chercher quelque chose de spécifique par rapport à une lecture qu’il a de notre jeu. Mais je ne sais pas laquelle, donc on se prépare à ça. »

Avant de conclure, le sélectionneur français a également tenu à saluer les qualités des internationaux japonais, dont plusieurs ont laissé une excellente image lors de leur passage en Europe.

Fabien Galthié voit dans cette sélection les valeurs qui caractérisent, selon lui, la société japonaise.

« Quant à Naoto Saito et aux joueurs japonais, on a un grand respect pour eux. Ils sont comme la civilisation nippone. Ce sont des travailleurs tournés vers le labeur et le collectif, soit des vertus propres à faire marcher une équipe de rugby.

À faire performer une équipe de rugby. Ce sont aussi des joueurs qui sont très appréciés quand ils viennent en Europe. Ils restent parfois en retrait par humilité, culture ou éducation, et quand ils jouent pour leur pays, alors là, ils se lâchent totalement. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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