« J’ai pleuré » : Benjamin Urdapilleta raconte pourquoi il n’a finalement pas pris sa retraite
« J’ai pleuré » : Benjamin Urdapilleta raconte pourquoi il n’a finalement pas pris sa retraite
Le lundi 20 juillet 2026 à 19:32 par David Demri
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Il pensait avoir disputé le dernier match de sa carrière. Il avait même annoncé, à plusieurs reprises, que l’heure était venue de raccrocher. Finalement, Benjamin Urdapilleta sera bien de retour en Top 14 cette saison sous les couleurs de l’USAP.
À 40 ans, l’ouvreur argentin a prolongé d’une année supplémentaire à Perpignan. Un choix qu’il n’avait pourtant jamais imaginé faire il y a encore quelques semaines.
S’il a changé d’avis, ce n’est pas parce qu’il craignait la retraite. Tout s’est joué lors de l’access-match face à Provence Rugby. Une blessure survenue quelques heures avant la rencontre l’a privé de ce qui devait être le dernier rendez-vous de sa carrière. Une immense frustration qui a finalement bouleversé ses plans.
Une retraite remise en question par un immense coup du sort
Quelques mois plus tôt, Benjamin Urdapilleta semblait pourtant certain de son choix.
L’ouvreur argentin reconnaît dans un entretien accordé à L’équipe qu’il était persuadé de mettre un terme à sa carrière avant que tout ne bascule.
« C’est moi mais je ne suis pas mort ! Je suis toujours là. Je croyais vraiment que j’allais arrêter quand je vous ai dit ça. Mais les plans ont changé. Ma femme a aussi compris pourquoi je voulais encore continuer à jouer et à en profiter avant que ça ne s’arrête un jour. Ce n’était pas évident pour elle mais elle est géniale. J’ai de la chance de l’avoir. »
Le déclic est finalement intervenu au mois de juin, juste avant l’access-match décisif pour le maintien de Perpignan contre Provence Rugby. Victime d’une désinsertion de l’adducteur au moment de la mise en place, le demi d’ouverture a dû déclarer forfait alors qu’il rêvait de faire ses adieux sur le terrain.
Benjamin Urdapilleta explique pourquoi cette blessure a tout changé dans sa réflexion.
« Si j’avais joué cette dernière rencontre contre Provence Rugby, peut-être que ma décision aurait été différente. Ça devait être pour moi une finale de rêve et une fête sous les yeux de toute ma famille venue d’Argentine. Mais j’ai dû renoncer à cause d’une blessure. Si ça avait été une petite blessure, j’aurais joué. Là, ce n’était vraiment pas possible. Je me suis fait ça à la mise en place. J’avais quelques douleurs les semaines précédentes et ça a lâché juste avant le match. »
« J’ai pleuré »
Contraint de regarder ses coéquipiers depuis le bord du terrain, l’ancien Clermontois a vécu l’une des journées les plus difficiles de sa carrière.
L’Argentin avoue avoir eu beaucoup de mal à cacher son émotion.
« C’était terrible. J’ai pleuré mais uniquement quand j’étais tout seul parce que je devais être fort mentalement pour aider les mecs à faire un grand match. C’était un rendez-vous très important pour le club et la ville. Je ne pouvais pas penser qu’à moi mais à l’équipe. Mais c’était vraiment dur. J’étais encore plus dégoûté pour mes parents, ma femme et mes enfants qui étaient là. Quand je les ai vus dans les tribunes, j’ai un peu craqué. »
Cette sortie frustrante a laissé un goût d’inachevé au meilleur réalisateur argentin de l’histoire du Top 14. Lui qui s’était imaginé quitter la scène au terme d’une soirée de fête a finalement compris qu’il n’était pas prêt à refermer le chapitre.
« Ça fait six ans que je dis que c’est la dernière »
Ce n’est pourtant pas la première fois que Benjamin Urdapilleta annonce la fin de sa carrière avant de revenir sur sa décision. Il en sourit aujourd’hui, tout en rappelant qu’à chaque fois, son intention était sincère.
Le demi d’ouverture raconte que ses proches entendent parler de sa retraite depuis de nombreuses années.
« Publiquement, c’est vrai que ça fait deux fois. Mais ça fait six ans que je dis à ma femme et mes proches que c’est la dernière ! À chaque fin de saison, je disais à mes potes : « C’est sûr, je vais arrêter. » Honnêtement, la première fois en 2025 après mon départ de Clermont, je pensais vraiment que c’était fini. Ce n’était pas une blague. Puis Perpignan m’a contacté. C’était un beau challenge de jouer à l’USAP, un club avec plusieurs joueurs argentins et devant un public bouillant. C’était excitant. Ils jouent avec la « grinta ». Encore une fois, j’imaginais finir sur une finale de rêve en assurant le maintien contre Aix. Mais le destin en a voulu autrement. »
Le destin lui offre désormais une nouvelle opportunité. Cette saison, Benjamin Urdapilleta aura une dernière occasion de terminer sa carrière sur le terrain, cette fois selon ses propres conditions.
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