La fin d’une histoire unique entre les sœurs Ménager
La fin d’une histoire unique entre les sœurs Ménager
Le mercredi 22 juillet 2026 à 17:41 par David Demri
Publicité
Pendant près de quinze ans, leurs noms ont été indissociables. Marine et Romane Ménager ont grandi ensemble, découvert le plus haut niveau côte à côte et porté le maillot du XV de France en même temps. Les jumelles ont marqué toute une génération du rugby féminin français, au point que beaucoup avaient du mal à imaginer l’une sans l’autre.
Lorsque Marine Ménager a mis un terme à sa carrière en septembre dernier, après la Coupe du monde, Romane ne voyait pourtant pas cette séparation comme une fin. Au contraire, elle imaginait une nouvelle étape, celle d’une carrière qu’elle construirait enfin seule.
« C’était le moment de m’émanciper »
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la retraite de sa sœur n’a jamais poussé Romane à raccrocher les crampons à son tour. Elle nourrissait même un projet totalement opposé.
La troisième ligne explique pour L’équipe qu’elle avait envie de découvrir, pour la première fois, une aventure sans sa sœur jumelle.
« C’est même un peu au contraire. Si j’ai regretté de ne pas vivre les derniers matches de Marine à ses côtés, j’avais hâte de vivre une aventure pleinement seule. C’était le moment de m’émanciper de cette gémellité, de cette image en duo, et de faire mon truc de mon côté pour une fois. »
Pour la joueuse de 29 ans, cette envie d’émancipation n’avait rien d’un rejet. Elle traduisait simplement le désir d’exister autrement, après des années passées à être systématiquement associée à sa sœur.
Romane Ménager raconte ce que représente la gémellité dans une carrière de sportive de haut niveau.
« Parce que la gémellité implique qu’on est toujours identifié à une autre personne. On est difficilement seul. »
Une page qui ne pourra jamais s’écrire
Le destin en a décidé autrement. Quelques mois après la retraite de Marine, Romane a, elle aussi, été contrainte de mettre un terme à sa carrière en raison des multiples commotions cérébrales subies ces dernières années.
Cette aventure qu’elle espérait vivre en solitaire n’aura donc jamais lieu sur un terrain de rugby.
Avec beaucoup de lucidité, elle reconnaît que ce chapitre restera inachevé.
« Je ne vivrai finalement pas cette expérience en solo, du moins pas dans le rugby. »
Si les deux sœurs Ménager auront quitté les terrains à quelques mois d’intervalle, leur parcours restera l’un des plus marquants du rugby féminin français. Ensemble, elles auront accompagné la professionnalisation des Bleues, disputé plusieurs Coupes du monde et inspiré toute une génération de jeunes joueuses.
0 Commentaire

