« On se demande si on va récupérer un jour » : Romane Ménager raconte son quotidien
« On se demande si on va récupérer un jour » : Romane Ménager raconte son quotidien
Le mercredi 22 juillet 2026 à 19:08 par David Demri
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Au moment d’annoncer la fin de sa carrière, Romane Ménager n’a pas seulement évoqué sa décision de raccrocher les crampons. L’ancienne troisième ligne des Bleues a aussi accepté de raconter ce qu’elle vivait depuis de longs mois, loin des terrains. Des symptômes persistants, une peur de ne jamais retrouver toutes ses capacités et un combat intérieur qu’elle gardait jusque-là pour elle.
Dans un témoignage particulièrement sincère accordé à L’équipe, l’internationale française décrit les conséquences invisibles des commotions cérébrales et le long chemin qui l’a conduite à accepter l’inacceptable.
« J’avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête »
Après sa dernière commotion, Romane Ménager espérait retrouver progressivement son niveau. Mais son corps lui envoyait des signaux de plus en plus inquiétants.
L’ancienne internationale raconte les symptômes qui ont bouleversé son quotidien.
« Je n’encaissais plus bien les contacts. Cela déclenchait des maux de tête. J’avais aussi une fatigabilité plus prononcée qu’avant. »
Aujourd’hui encore, elle explique que tout n’est pas totalement rentré dans l’ordre.
Elle reconnaît que cette incertitude reste l’une des choses les plus difficiles à vivre.
« Je peux en avoir encore, je sens que je n’ai pas récupéré à 100 %. Mais ça va dans le bon sens. Ce qui est stressant, c’est qu’on n’a pas beaucoup de recul. Ça peut accentuer l’anxiété. On se demande : est-ce qu’un jour je vais récupérer complètement ? »
Malgré cette situation, Romane Ménager a tout tenté pour revenir. Mais lorsqu’elle a retrouvé les terrains avec le XV de France, une inquiétude permanente l’accompagnait.
Elle admet avoir longtemps refusé d’écouter les signaux envoyés par son corps.
« Oui, j’étais arrivée à un stade où j’avais du mal à le mettre de côté. Je sentais que j’avais cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. J’en avais conscience. Je me mentais beaucoup à moi-même durant cette période de reprise parce que je suis profondément passionnée par le rugby. De temps en temps, je sentais que j’étais encore à la limite, mais je n’arrivais pas à le communiquer. »
« J’ai dû être accompagnée pour accepter »
Accepter que sa carrière touche à sa fin a représenté un véritable travail sur elle-même. Romane Ménager explique avoir dû reconstruire une partie de son identité, tant le rugby occupait une place centrale dans sa vie.
L’ancienne troisième ligne des Bleues raconte comment elle a réussi à avancer.
« J’ai eu besoin d’aide. J’ai grandi avec le rugby féminin, son évolution et sa professionnalisation. J’ai eu la chance d’en vivre pleinement. Et je me suis rendu compte que je n’avais vécu qu’à travers ça. J’ai développé mon identité, autour de la joueuse. Et quand ça s’est arrêté, je me suis demandé : qu’est-ce que j’aime ? J’ai dû être accompagnée pour accepter, pour gérer mes émotions, pour essayer de comprendre. Et pour me trouver d’autres objectifs aussi, et prendre un peu de recul sur la situation. J’ai beaucoup travaillé avec ma préparatrice mentale. »
Derrière la carrière internationale et les 68 sélections, Romane Ménager laisse apparaître une autre réalité : celle d’une sportive confrontée aux limites de son corps, qui a dû apprendre à accepter qu’il existait une vie après le rugby.
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