Une recrue du RCT raconte ses débuts compliqués avec le rugby : « Ma première année, je prends trois ou quatre rouges dans la saison… »
Une recrue du RCT raconte ses débuts compliqués avec le rugby : « Ma première année, je prends trois ou quatre rouges dans la saison… »
Le mercredi 22 juillet 2026 à 19:15 par David Demri
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À seulement 18 ans, Tana Keletaona découvre un tout nouvel univers. Recruté par le Rugby Club Toulonnais pour les trois prochaines saisons, le troisième ligne débarque sur la Rade avec un CV déjà bien rempli chez les jeunes, mais sans la moindre apparition chez les professionnels. Un pari sur l’avenir pour le club varois, qui mise sur un joueur au potentiel immense et à la personnalité aussi attachante que complexe.
Le jeune international français U20 n’a d’ailleurs pas encore eu le temps de profiter de son nouvel environnement. « Je ne suis même pas encore allé voir la mer », sourit-il dans les colonnes de Var-matin, quelques jours seulement après son arrivée, alors que les séances de préparation s’enchaînent déjà au RCT Campus.
Un talent brut qui veut gagner sa place
Champion de France Crabos en 2024, vainqueur du Tournoi des Six Nations U20 en 2026, Tana Keletaona arrive à Toulon avec une solide réputation chez les jeunes. Pour autant, il ne réclame aucun traitement de faveur.
Le troisième ligne assure qu’il devra mériter chaque minute de jeu.
« J’ai énormément échangé avec Cédric Béal avant d’arriver. Il n’y a pas forcément de rôle qui m’a été attitré, que ce soit avec les Espoirs ou avec les pros. Je jouerai si je prouve sur le terrain. »
Né dans une famille où le rugby occupe une place centrale, il a découvert ce sport dès l’âge de trois ans, dans le club de Saint-Céré, en suivant les traces de son frère aîné Luka, aujourd’hui lui aussi joueur du Rugby Club Toulonnais.
Il raconte comment cette passion familiale est née.
« Je ne m’en souviens pas, j’étais trop petit. Mes parents me disaient que j’avais trop envie de faire comme lui. »
Un tempérament qui a longtemps freiné sa progression
Derrière son impressionnant gabarit, Tana Keletaona cache un caractère qu’il décrit lui-même comme particulièrement sanguin. Une agressivité qui fait sa force sur le terrain, mais qui lui a aussi joué de mauvais tours.
Lors de sa première saison en Crabos, les exclusions se multiplient au point de devenir un véritable frein à sa progression.
Le jeune troisième ligne reconnaît avoir traversé une période très compliquée.
« Ma première année de Crabos, je prends trois ou quatre rouges dans la saison… »
À la même période, il tente également une expérience du côté de Clermont. Un choix qu’il considère aujourd’hui comme un échec.
Il revient avec beaucoup de lucidité sur cette étape de sa carrière.
« Je me suis un peu perdu, j’ai beaucoup de respect pour Clermont mais c’était vraiment une année compliquée. »
Son retour à Brive marque un tournant. Pris sous l’aile de Mayeul Duboisset, responsable du centre de formation, il change progressivement d’approche.
Tana Keletaona rend un vibrant hommage à celui qui l’a aidé à grandir.
« C’est devenu comme un deuxième père. C’est lui qui m’a conseillé sur le rugby, dans la vie, c’est lui qui m’a fait changer. »
Accompagné également par un préparateur mental, il parvient à canaliser son énergie et retrouve une trajectoire ascendante.
Des souvenirs déjà inoubliables… et un rêve en Rouge et Noir
Cette transformation lui ouvre rapidement les portes des équipes de France jeunes. Avec son frère Luka, il décroche d’abord le titre de champion de France Crabos avec Brive, un souvenir qu’il classe parmi les plus beaux de sa jeune carrière.
Quelques mois plus tard, les deux frères vivent un nouveau moment fort sous le maillot bleu.
Le troisième ligne évoque son plus grand souvenir dans le rugby.
« Le grand chelem du Six Nations U20, à La Rochelle, avec Luka et devant notre famille. »
Une blessure à l’épaule l’empêche ensuite de participer à la Coupe du monde U20 disputée cet été en Géorgie. Une immense déception, même si le Toulonnais préfère déjà regarder vers l’avenir.
Il espère rapidement retrouver les Bleuets pour une nouvelle campagne mondiale.
« J’étais déçu de pas y être mais je suis suivi par le staff et il me reste encore un an avec les U20 pour essayer de rejouer un Mondial. »
En attendant, Tana Keletaona découvre peu à peu sa nouvelle vie sur la Rade. Déjà bien intégré auprès des joueurs du Pacifique et de plusieurs jeunes qu’il connaît en sélection, il s’installera prochainement avec son frère Luka. Quant au prochain grand souvenir qu’il rêve de vivre, il sait déjà lequel il aimerait raconter.
Le jeune troisième ligne fixe son premier objectif sous les couleurs toulonnaises.
« Mon troisième meilleur souvenir ? J’espère que ce sera ma première feuille de match en pro avec Toulon et je vous le raconterai la prochaine fois qu’on se croisera. »
2 Commentaires


Je le trouve très très bien ce jeune…ainsi que son frère…bienvenue à Toulon….
Oui deux bons jeunes Ber