Affaire Narjissi : ces confidences de Florian Grill qui interrogent aujourd’hui
Affaire Narjissi : ces confidences de Florian Grill qui interrogent aujourd’hui
Le jeudi 30 juillet 2026 à 22:28 par David Demri
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Près de deux ans après la disparition de Medhi Narjissi en Afrique du Sud, L’Équipe dévoile le contenu de la rencontre qui s’est tenue le 30 août 2024 entre la famille du jeune joueur et le président de la Fédération française de rugby, Florian Grill. Un échange particulièrement éprouvant, marqué par les excuses du dirigeant et plusieurs déclarations qui contrastent avec sa ligne de défense adoptée par la suite.
Au cours de cet entretien à huis clos, Florian Grill a reconnu devant les proches de Medhi une possible responsabilité personnelle. Des propos qui prennent aujourd’hui une tout autre dimension à la lumière de son audition devant la juge d’instruction.
Florian Grill présente ses excuses à la famille
Le rendez-vous intervient quelques jours après la conférence de presse organisée par les proches de Medhi Narjissi. Florian Grill sollicite alors une rencontre afin de renouer le dialogue.
Face à Jalil, Valérie et Inès Narjissi, le président de la FFR présente ses excuses et reconnaît avoir commis des erreurs dans la gestion humaine du drame.
Florian Grill évoque alors sa propre responsabilité.
« J’ai une responsabilité potentiellement pénale en tant que président, je la comprends et je l’assume. »
Au cours de cet échange, il reconnaît également qu’il aurait dû accompagner la famille en Afrique du Sud ou être présent à son retour en France.
Le président de la FFR revient sur son absence auprès des proches de Medhi.
« J’ai vraiment cru que ma présence n’était pas voulue. »
« Je me fous de la politique »
L’entretien est particulièrement éprouvant. Valérie Narjissi confie son immense douleur, tandis que Jalil Narjissi assure ne vouloir servir aucun camp dans les tensions qui entourent alors la Fédération.
Jalil Narjissi tient à préciser sa position.
« Je ne fais pas de politique. Je n’ai aucun contact avec l’opposition. J’ai mis tout le monde à dix mètres. »
Florian Grill lui répond immédiatement.
« Je me fous de la politique. »
Le président de la FFR insiste ensuite une nouvelle fois sur sa position.
Il réaffirme devant la famille sa lecture des responsabilités.
« Je sais que ma responsabilité pénale est engagée, je l’assume. »
Une déclaration qui contraste avec son audition
C’est précisément cette affirmation qui retient aujourd’hui l’attention.
Car lors de son audition devant la juge d’instruction Agnès Navarro, le 24 avril 2026, après la mise en examen de la Fédération française de rugby en tant que personne morale pour homicide involontaire, Florian Grill adopte une position sensiblement différente.
Selon L’Équipe, le président de la FFR ne voit plus de responsabilité de la Fédération.
« En mon âme et conscience, je ne vois pas de responsabilité de la FFR ni même de la DTN. »
Deux déclarations qui alimentent aujourd’hui les interrogations de la famille Narjissi sur l’évolution de son discours entre cette rencontre privée et la procédure judiciaire.
Une confiance définitivement rompue
Malgré des échanges parfois apaisés à l’issue de la rencontre, Jalil Narjissi avait accepté de laisser une chance au président de la Fédération.
Il lui accordait encore sa confiance pour faire toute la lumière sur le drame.
« Même si c’est trop tard, aujourd’hui, vous êtes là. Je vous fais confiance. »
Avant de quitter Agen, Florian Grill lui répond avec émotion.
Le président promet alors de regagner cette confiance.
« Je n’ai pas été digne de votre confiance et j’ai bien l’intention de l’être désormais. »
Mais, selon L’Équipe, cette relation s’est rapidement détériorée. Les mois suivants, plusieurs témoignages rapportés à Jalil Narjissi, ainsi que l’évolution de la défense adoptée par Florian Grill dans le cadre de l’instruction, ont profondément renforcé le sentiment de trahison ressenti par la famille.
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