Mais pourquoi les clubs de rugby sont-ils visés par des cyberattaques ? Mohed Altrad ne comprend pas

Mais pourquoi les clubs de rugby sont-ils visés par des cyberattaques ? Mohed Altrad ne comprend pas

Le vendredi 7 août 2026 à 15:21 par David Demri

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Mohed Altrad au stade de Montpellier

La récente cyberattaque subie par le Stade Français confirme une réalité qui s’impose progressivement dans le rugby professionnel : les clubs et les instances françaises sont désormais eux aussi exposés aux attaques informatiques.

Si l’affaire parisienne fait aujourd’hui les gros titres, elle s’inscrit dans une série d’incidents qui ont déjà frappé plusieurs acteurs majeurs de l’ovalie ces dernières années.

Montpellier 2021 : dix jours de paralysie et une rançon colossale

Le précédent le plus marquant remonte à l’été 2021. En pleine préparation estivale, le Montpellier Hérault Rugby était victime d’un rançongiciel qui paralysait une grande partie de son système informatique.

Dans un premier temps, le club avait tenté de rassurer en évoquant un simple ralentissement de son activité.

« Dans la nuit de lundi à mardi, le MHR a été victime d’une cyber-attaque malveillante. Grâce à l’intervention rapide et efficace de son service informatique, l’activité du club est certes ralentie mais nous nous efforçons de poursuivre la préparation de la nouvelle saison. »

En réalité, la situation était bien plus lourde. Une grande partie du réseau informatique avait été chiffrée, privant les salariés de leurs outils de travail et perturbant fortement le fonctionnement quotidien du club. Les pirates réclamaient également une rançon estimée, selon plusieurs sources, à plusieurs dizaines de millions d’euros en échange de la clé de déchiffrement.

Une plainte avait été déposée auprès du parquet de Paris et, après une dizaine de jours particulièrement compliqués, le fonctionnement du MHR était progressivement revenu à la normale. Quelques mois plus tard, Montpellier remportait même le Bouclier de Brennus.

Mohed Altrad avait totalement revu la protection informatique du club

Cette attaque avait profondément marqué les dirigeants montpelliérains.

Mohed Altrad avait alors décidé d’intégrer la sécurité informatique du MHR à celle de son groupe industriel afin de renforcer durablement la protection du club.

Le président montpelliérain expliquait :

« J’ai tenu à ce que le MHR, comme toutes les autres filiales du groupe Altrad, soit désormais protégé par la cellule informatique basée au Royaume-Uni et chargée de la sécurité de la multinationale. Maintenant, le MHR est lui aussi sous parapluie. »

Ancien ingénieur informatique, il reconnaissait également ne jamais avoir réellement compris les motivations des pirates.

« Je me suis longtemps interrogé sur ce qu’étaient venus chercher au club les pirates. Je ne saisis pas la logique car il n’y a pas d’argent en propre, dans les clubs de rugby. »

La Fédération française de rugby frappée à deux reprises

Le rugby français ne s’est pas arrêté au cas montpelliérain.

En juin 2023, la Fédération française de rugby était à son tour victime d’une cyberattaque revendiquée par le groupe Play.

Les pirates affirmaient détenir des données sensibles, notamment des copies de passeports et de nombreux documents personnels.

Quelques jours plus tard, l’ampleur de la fuite apparaissait : près de 282 000 personnes voyaient leurs données personnelles compromises, parmi lesquelles des noms, prénoms, adresses électroniques, dates de naissance et numéros de téléphone. La fédération précisait toutefois qu’aucune donnée bancaire n’avait été compromise.

Moins de trois ans plus tard, en mars 2026, la FFR était de nouveau ciblée, cette fois au travers d’une vaste campagne de phishing visant certains licenciés. Contrairement à l’attaque précédente, les systèmes informatiques de la Fédération n’avaient pas été directement compromis.

Le Stade Français rappelle qu’aucun club n’est désormais totalement à l’abri

À l’échelle mondiale, les cyberattaques visant directement des clubs de rugby restent relativement rares. Les fédérations, organisateurs de compétitions ou prestataires techniques sont généralement davantage exposés.

L’affaire du Stade Français rappelle néanmoins que les clubs professionnels ne sont plus épargnés par cette menace. Après Montpellier en 2021 puis les deux attaques subies par la Fédération française de rugby, le rugby français découvre que les cybercriminels s’intéressent désormais à l’ensemble de son écosystème.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Flexion 7 août 2026 at 16h- Répondre

    Souvent, les gens se plaignent d’être victimes de piratage alors qu’en fait, ils sont coupables de négligence.