Des îles Wallis au rugby professionnel en France : le parcours semé d’embuche de ce solide pilier droit de Pro D2
Des îles Wallis au rugby professionnel en France : le parcours semé d’embuche de ce solide pilier droit de Pro D2
Le lundi 10 août 2026 à 9:51 par David Demri
Publicité
Aujourd’hui joueur de Colomiers, Atonio Ulutuipalelei n’a pourtant pas suivi le parcours classique des rugbymen français. Le pilier droit a découvert le rugby sur le tard, après avoir quitté Wallis pour rejoindre sa sœur à Paris à la sortie du lycée. Un changement de vie radical qui l’a obligé à s’adapter aussi bien à un nouveau pays qu’à un sport qu’il maîtrisait encore très peu.
Entre les longues journées, les trajets quotidiens, l’apprentissage accéléré du rugby et un éloignement parfois difficile de son île natale, le joueur est revenu sur cette période déterminante de sa carrière. Il s’est confié pour Midi Olympique.
Wallis, un départ loin de son « paradis »
Avant de rejoindre la métropole, Atonio Ulutuipalelei vivait à Wallis, où il garde aujourd’hui encore des souvenirs très forts.
Le pilier évoque son île avec beaucoup d’affection :
« Wallis, c’est un peu le paradis pour nous (rires). Il y a du rugby mais il faut aller en Nouvelle-Calédonie pour le centre de formation. L’avantage, c’est que la Nouvelle-Calédonie est en lien direct avec la France. Je n’ai pas connu ça car j’ai commencé tard le rugby. »
Contrairement à de nombreux joueurs originaires du Pacifique, il ne s’est d’ailleurs pas immédiatement tourné vers le ballon ovale.
Avant le rugby, il pratiquait une tout autre discipline :
« De base, petit, j’aimais bien le rugby mais mes parents ne voulaient pas trop que j’en fasse. Du coup je faisais javelot, poids et disques à Wallis. Mais les débouchés y sont limités, même les études. Une fois arrivé à Paris chez ma sœur, je me suis lancé en 2017. À Tremblay-en-France, dans un petit club, j’ai fait mes premières passes pendant environ 2 mois avant de partir en test chez les espoirs du Racing 92. Pendant ces mois-là je faisais un tutorat avec Tremblay, et à partir de décembre, j’ai commencé à matcher avec les espoirs. »
Une adaptation compliquée à la vie parisienne
Le changement entre Wallis et la région parisienne a été brutal.
En intégrant le Racing 92, Atonio Ulutuipalelei devait concilier ses études, les entraînements et de très longs trajets quotidiens.
Cette nouvelle vie lui a demandé beaucoup d’efforts :
« Grâce au Racing 92, j’ai fait un BTS Muc. Mais quand je repense au froid… Ce qui m’a le plus impacté, ce sont les trajets, toute cette distance parcourue… Moi, j’avais mes cours au Racing 92. Donc 1 heure de trajet le matin pour me rendre au Plessis-Robinson pour les études et les entraînements, et 1 heure le soir en rentrant. Quand je rentrais, il était tard, il fallait faire tous les devoirs… Pendant ces premiers mois, c’était dur et très intense. Et à un moment, ils m’ont donné une chambre, donc j’ai intégré à proprement parler le centre de formation. C’est à partir de là que ça m’a un peu allégé les choses. »
L’obtention d’une chambre au centre de formation a constitué un véritable tournant dans son quotidien.
Un apprentissage accéléré du rugby
Arrivé tard dans ce sport, Atonio Ulutuipalelei savait qu’il devait rattraper un retard important par rapport aux autres joueurs de sa génération.
Il a pu compter sur l’accompagnement de Mika Tuugahala, aujourd’hui entraîneur de la mêlée du RC Vannes.
Le pilier raconte ce travail quotidien :
« Ayant commencé le rugby tardivement, j’ai dû beaucoup travailler, grâce à Mika Tuugahala (aujourd’hui coach de la mêlée à Vannes). Il me prenait tout le temps sous son aile. Quand les autres étaient en repos, j’avais des séances en plus. Il m’accompagnait sur tout : le plaquage, les rucks et surtout la mêlée. Ça n’est qu’une fois à Rennes, quand j’ai commencé à rattraper mon retard, qu’il m’a laissé un peu tranquille. Mais les premières années, c’était très dur. »
Une arrivée à Colomiers dans un contexte difficile
Avant de rejoindre Colomiers à l’été 2025, Atonio Ulutuipalelei a dû traverser une période particulièrement éprouvante sur le plan personnel.
Le joueur revient sur cet enchaînement d’événements :
« Avant d’arriver à Colomiers à l’été 2025, j’ai joué la phase finale avec Chambéry. Puis j’ai dû rentrer à Wallis en raison d’un décès. J’ai fait le rapatriement. Je n’ai pas eu de repos, je suis revenu, il y a eu le déménagement… Et en même temps que tout ça, la reprise avec Colomiers. Cette fatigue-là (il ne rejouera qu’en décembre en raison de blessures) était facilement explicable. »
Entre ce deuil familial, le déménagement et son intégration dans un nouveau club, le pilier n’a pas eu le temps de souffler. Une accumulation qui permet de mieux comprendre les difficultés physiques rencontrées lors de ses premiers mois sous les couleurs columérines.
1 Commentaire


Bravo pour sa persévérance !