Un manager du Top 14 peste contre une modification de règle en Top 14
Un manager du Top 14 peste contre une modification de règle en Top 14
Le dimanche 16 août 2026 à 11:33 par David Demri
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Le retour à huit remplacements maximum en Top 14 ne fait pas l’unanimité. Manager de Montpellier, Joan Caudullo estime que cette évolution va réduire les possibilités tactiques des entraîneurs, compliquer la gestion des effectifs et renforcer encore l’importance des joueurs polyvalents.
À partir de cette saison, les clubs français devront composer avec les mêmes règles que les compétitions internationales.
Une évolution qui ne laisse pas Joan Caudullo totalement convaincu.
Une gestion des joueurs plus compliquée
Le manager montpelliérain regrette notamment de ne plus pouvoir faire sortir certains cadres avant de les réutiliser dans les dernières minutes.
Dans les colonnes de Midi Olympique, il prend l’exemple de Billy Vunipola.
« Les huit changements sont toujours compliqués en termes de gestion d’effectif par rapport au profil de certains. Avant, on pouvait faire des remplacements rapides avec des retours en fin de match. Par exemple, Billy Vunipola, j’aimais bien le sortir à la 50e ou à la 60e et le faire venir à la 70e. C’était intéressant d’avoir cette possibilité. Même si Billy a pu faire des matchs de quatre-vingts minutes et je m’en vois rassuré. »
Le technicien souligne également les difficultés que cette règle peut entraîner sur certains postes très spécifiques.
Il pense notamment aux demis de mêlée.
« Les douze changements permettaient aussi de coacher rapidement les postes charnières, le 9 et le 10. Le demi de mêlée est un gars qui reste sur le terrain quand ça se passe bien… Mais il est intéressant d’avoir, à ces postes spécifiques, deux gars capables de revenir en jeu. Il y a deux ans, on l’a vu quand on a dû faire jouer George Bridge en demi de mêlée, c’était complexe. On peut faire jouer un 8 au centre, un centre à l’aile ou un 9 à l’aile pour finir un match. Mais un 9 de fortune, c’est vraiment difficile. Après, il y a la question de l’enchaînement des matchs des joueurs. Ce sera plus difficile de leur faire enchaîner quatre ou cinq ou six matchs puisqu’on ne pourra plus les coacher facilement. On sait que ce sera difficile de s’assurer qu’on pourra leur faire faire que soixante minutes car à cause du coaching stratégique ou de fatigue, tel joueur sera obligé de rester sur le terrain jusqu’au bout. Ceci entraînera une autre conséquence… »
Un effectif plus profond
Pour Joan Caudullo, cette réforme obligera les clubs à disposer d’un groupe plus étoffé.
Le manager du MHR estime que davantage de joueurs seront sollicités tout au long de la saison.
« Il y aura plus de joueurs qui vont jouer. Notre effectif devra être plus large. Cela renvoie à notre stratégie de masse salariale assez moyenne pour avoir une certaine qualité de joueur mais aussi une quantité pour pouvoir tenir les cadences nouvelles avec cette possibilité de coaching réduite. »
Il reconnaît également que son rôle évoluera avec cette nouvelle réglementation.
Chaque décision deviendra beaucoup plus difficile à prendre.
« Disons qu’il faudra être plus expert, faire des choix irrémédiables. Ces dernières années, on pouvait avoir une stratégie à la 50e et faire différemment à la 70e. Mais à ce sujet, j’ai une idée… »
Une nouvelle idée inspirée du football
Joan Caudullo imagine déjà une évolution du règlement.
Sans augmenter le nombre de remplacements autorisés, il souhaiterait disposer d’un banc plus fourni afin d’élargir les options tactiques.
Il détaille sa proposition.
« J’aimerais qu’à l’avenir, on se retrouve dans la situation du foot. Avoir un banc plus important en nombre, même si on ne fait que huit changements, ceci pour préserver une certaine équité avec, par exemple, la présence de deux demis de mêlée sur le banc : un gestionnaire et un accélérateur. Je reconnais que cette option augmenterait la frustration des joueurs car tous les remplaçants n’entreraient pas. »
Vers davantage de bancs en 5-3 ?
Cette nouvelle règle pourrait également modifier la composition des feuilles de match.
Joan Caudullo s’attend à voir davantage de bancs composés de cinq avants et trois trois-quarts.
« Pour nous, pas forcément car nous avons beaucoup fait de 5-3 car nous manquions de polyvalence chez nos trois-quarts. Mais d’une manière générale, je pense qu’il y aura plus de 5-3, alors que nous voyions beaucoup de 6-2 ces dernières années. »
Le technicien explique cette évolution.
Selon lui, le 6-2 perd une partie de son intérêt.
« L’avantage du 6-2, c’était qu’on pouvait faire sortir un trois-quarts et le faire revenir, ce qu’on ne pourra plus faire. Forcément, il faudra trois trois-quarts sur le banc d’entrée même si, personnellement, je préfère utiliser le 6-2 pour pouvoir coacher sur mon huit de devant plus facilement. »
Enfin, le manager montpelliérain confirme que les profils polyvalents devraient prendre encore davantage de valeur.
Il cite plusieurs joueurs de son effectif capables de répondre à cette évolution.
« Oui, bien sûr. Il me tarde d’ailleurs de voir les statistiques d’utilisation des 6-2, 5-3 ou 7-1, je ne sais pas si ça a été fait. Mais il est sûr que les joueurs capables d’évoluer en troisième ligne et au centre auront un rôle à jouer, je pense à Justo Piccardo chez nous. Il faudra lui expliquer ce qu’il peut nous apporter pour qu’on fasse des 6-2 avec lui. On pourra le faire aussi avec Lenni Nouchi ou Alexander Masibaka, en leur proposant d’évoluer au centre, comme on l’a déjà fait. Mais dans notre cas, je ne suis pas sûr qu’on le verra davantage car nous sommes en recherche d’un maximum de polyvalence. »
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