« Je ne me souviens même pas de mon premier match avec les Bleus » : Le témoignage bouleversant de Philippe Sella
« Je ne me souviens même pas de mon premier match avec les Bleus » : Le témoignage bouleversant de Philippe Sella
Le lundi 17 août 2026 à 16:57 par David Demri
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Après avoir révélé son combat contre un cancer de la prostate, Philippe Sella a également accepté d’évoquer un autre sujet très personnel : ses problèmes de mémoire. La légende du rugby français estime que les nombreux chocs subis durant sa carrière pourraient ne pas être étrangers à cette situation.
Philippe Sella n’élude aucun sujet.
À 64 ans, l’ancien international français, recordman des sélections avec le XV de France jusqu’en 2007, reconnaît être aujourd’hui suivi par un neurologue en raison de troubles de la mémoire qui affectent son quotidien.
« J’ai des problèmes de mémoire immédiate »
L’ancien trois-quarts centre explique que ce sont principalement ses souvenirs les plus récents qui lui jouent des tours.
Dans les colonnes de Midi Olympique, Philippe Sella décrit les difficultés auxquelles il est désormais confronté :
« Oui, des problèmes de mémoire immédiate, j’ai moins de difficultés pour la mémoire à long terme. Je suis suivi aussi pour ça, par un neurologue de Bayonne. Je ne sais pas si tout cela est lié aux chocs que j’ai subis, mais c’est possible. Quand je travaillais encore et que j’allais souvent à Paris, j’étais suivi par le professeur Jean-François Chermann. J’ai fait des IRM cérébrales, mais elles ne révélèrent rien de très significatif. »
Deux K.-O. qui l’ont profondément marqué
Au cours de sa carrière, Philippe Sella a connu plusieurs commotions cérébrales. La première remonte d’ailleurs à… sa toute première sélection avec le XV de France, en 1982.
L’ancien international n’a aucun souvenir de ce match face à la Roumanie :
« Oui, la première, je l’ai subie lors de ma première sélection, contre la Roumanie en 1982. J’avais reçu un choc sans ballon et je me suis réveillé à l’hôpital, sans aucun souvenir du match que j’avais pourtant disputé dans son intégralité. Je ne me souviens même pas de l’échauffement. Ma carrière commençait bien… »
Quelques années plus tard, lors de la Coupe du monde 1987, un nouvel épisode est venu s’ajouter à cette liste.
Philippe Sella se rappelle également d’un deuxième trou noir :
« Contre le Zimbabwe, oui. J’ai pris un coup ce jour-là, et je n’ai aucun souvenir de ce match. »
« On en parlait moins »
L’ancien centre estime que la prise en charge des commotions a énormément évolué depuis les années 1980.
Selon lui, les mentalités ont profondément changé :
« On en parlait moins, c’est sûr. On faisait quand même un suivi, mais depuis, il y a eu énormément d’améliorations. On s’est rendu compte de tous les dégâts que cela pouvait causer. »
Même s’il reconnaît avoir subi d’autres chocs au cours de sa carrière, Philippe Sella explique que certains souvenirs ont définitivement disparu.
Il constate aujourd’hui les conséquences de ces nombreux impacts :
« Il a pu y en avoir, mais plus légers. J’ai subi des chocs, c’est sûr, mais moins forts. Aujourd’hui, c’est bizarre : j’ai des souvenirs qui reviennent, des moments qui sont toujours là dans ma mémoire. Mais je sais que pour certains autres, j’ai dû faire une croix. »
Une fragilité apparue après son opération
L’ancien joueur d’Agen situe néanmoins le véritable début de ses problèmes de mémoire à la suite de son opération de la prostate en 2021.
Philippe Sella explique pourquoi il pense que cette intervention a joué un rôle :
« J’ai l’impression que c’est lié à mon opération de la prostate en avril 2021. Ça a vraiment démarré à ce moment-là. On m’a fait une anesthésie légère pour une opération qui a été longue. J’ai eu une sorte de commotion prolongée à cette occasion. Il est vrai que mon réveil n’a pas été extraordinaire. Le professeur Chermann nous a dit que c’était rare, mais que cela pouvait arriver. Pourtant, j’avais sans doute cette fragilité en moi. Pour ma deuxième opération, on m’a injecté des doses de produit anesthésiant d’une façon différente : vingt minutes par vingt minutes. Le réveil a été bien meilleur. Récemment, j’ai eu de nouvelles prises de sang destinées à trouver des marqueurs sanguins relatifs à la mémoire. »
Son fils Geoffrey a lui aussi été victime des commotions
Philippe Sella établit également un parallèle avec son fils Geoffrey, contraint de mettre un terme à sa carrière en raison de commotions cérébrales.
L’ancien international veille aujourd’hui avec attention sur son fils :
« Il a joué à Massy, en Pro D2, et il a arrêté à cause de ça. Je dirais que ça ne va pas trop mal. Il est suivi, lui aussi, et c’est très important. Aujourd’hui, il travaille dans le milieu musical, et nous sommes en relation régulière avec lui pour savoir si tout va bien. Il le faut, car parfois, les gens n’osent pas parler de ces questions-là. De toute façon, il a connu le même suivi que moi. Je dirais à son sujet : « Tel père, tel fils. » On osait mettre la tête vers l’avant. Mais parfois, au lieu de la mettre derrière les fesses de l’adversaire quand on plaque, on se trompe, et on se retrouve avec la tête entre le bassin et la terre. »
Toujours en cours d’examens, Philippe Sella attend désormais que les spécialistes puissent établir un diagnostic précis concernant ces troubles de la mémoire qui l’accompagnent depuis plusieurs années.
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