Top 14 : les préparations estivales n’ont plus rien à voir avec celles d’autrefois
Top 14 : les préparations estivales n’ont plus rien à voir avec celles d’autrefois
Le mardi 18 août 2026 à 10:33 par David Demri
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Les longues préparations physiques d’autrefois appartiennent désormais au passé. Face à un calendrier toujours plus chargé, les clubs de Top 14 ont profondément modifié leur façon d’aborder l’intersaison. Travail individuel pendant les vacances, ballon dès les premiers entraînements et nouvelles méthodes de préparation : les staffs ont dû totalement repenser leur organisation.
Pendant longtemps, les joueurs profitaient pleinement de leurs vacances avant de retrouver leur club plusieurs semaines plus tard pour une longue préparation essentiellement consacrée au physique.
Ce modèle a quasiment disparu.
Aujourd’hui, les effectifs arrivent déjà en grande partie prêts, ce qui permet aux entraîneurs d’entrer beaucoup plus rapidement dans le vif du sujet.
Les joueurs travaillent désormais pendant leurs vacances
Pour Mourad Abed, préparateur physique de Clermont, la transformation est spectaculaire.
Selon lui, les préparations d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a vingt ans comme il l’explique pour L’équipe :
« Les prépas étaient bien plus longues car les joueurs n’arrivaient pas tous prêts, contrairement à maintenant. »
Cette évolution s’explique par le travail demandé aux joueurs avant même leur retour au club.
À Clermont, les joueurs ont ainsi effectué quatre séances de musculation par semaine durant les trois dernières semaines de leurs vacances.
À Montpellier, après une période de repos complet, les joueurs reprennent progressivement avec des activités comme la randonnée, le padel ou encore des séances de course adaptées.
Le ballon est désormais présent dès le premier entraînement
L’autre grande révolution concerne la place accordée au jeu.
Alors qu’autrefois les joueurs pouvaient attendre plusieurs semaines avant de retoucher un ballon, les staffs privilégient désormais un travail technique dès la reprise.
Romain Carmignani explique le changement de philosophie adopté à La Rochelle :
« On est partis du principe qu’il y aurait toujours un ballon dans notre préparation, alors que l’an dernier, c’était complètement l’inverse. »
À Clermont, cette approche est également devenue la norme.
Mourad Abed détaille l’organisation des premières séances :
« Dès le premier jour, on anime des ateliers de skills, les avants travaillent la mêlée et la touche, les trois-quarts bossent leurs lancements. Quand on était à Bourgoin, les joueurs attendaient trois semaines pour toucher le ballon ! »
Cette méthode permet aux équipes de retrouver plus rapidement leurs automatismes tout en continuant à développer leur condition physique.
Des préparations beaucoup plus condensées
Le calendrier laisse aujourd’hui beaucoup moins de marge aux clubs.
Les longues préparations de deux mois accompagnées de plusieurs matchs amicaux ont disparu au profit de cycles beaucoup plus courts.
Mourad Abed rappelle que les staffs n’ont désormais plus le luxe de ménager leurs joueurs :
« Sur cinq semaines très condensées, on ne peut pas ménager les mecs. D’ailleurs, nos recrues de l’hémisphère Sud sont étonnées que l’on travaille autant en préparation malgré la longueur du Championnat. »
À Montpellier, cette contrainte oblige également le staff à organiser différemment les séances.
Benjamin Del Moral détaille la méthode retenue par le MHR :
« On travaille sur des journées à dominantes : soit neuro-vitesse, avec beaucoup d’intensité dans les déplacements et les sprints mais de gros temps de récupération ; soit énergétique, avec des séquences plus longues de répétition des tâches et un accent mis sur l’effort. »
Créer un groupe avant le début de la saison
Au-delà de la dimension physique, la préparation estivale reste un moment essentiel pour construire un collectif.
Les stages en altitude, les activités organisées en dehors du rugby ou encore les défis proposés par certains entraîneurs permettent de renforcer la cohésion, tout en intégrant les nouvelles recrues et les internationaux revenus de sélection.
Les Rochelais poursuivent ainsi leur préparation à Loudenvielle, Montpellier a choisi Tignes, Toulon est actuellement en stage à Briançon et plusieurs clubs ont privilégié des rassemblements en montagne afin de profiter de conditions idéales pour enchaîner deux séances quotidiennes.
En quelques années seulement, les préparations estivales du Top 14 se sont donc profondément transformées. Plus courtes, plus techniques et beaucoup plus individualisées, elles doivent désormais permettre aux équipes d’être immédiatement compétitives dès les premières journées d’un championnat qui ne laisse plus le droit au moindre retard à l’allumage.
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