Antoine Dupont vendu 6 millions d’euros ? Ugo Mola ouvre un débat explosif

Antoine Dupont vendu 6 millions d’euros ? Ugo Mola ouvre un débat explosif

Le lundi 31 août 2026 à 17:08 par David Demri

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Et si le rugby français devait un jour accepter de vendre ses stars comme le fait le football ? Ugo Mola pose ouvertement la question.

En évoquant Antoine Dupont, Thomas Ramos ou encore le précédent Cheslin Kolbe, le manager du Stade Toulousain estime que le système actuel empêche les clubs de valoriser financièrement les joueurs qu’ils ont contribué à former ou à faire grandir.

Le sujet dépasse celui des transferts. Il touche également aux droits d’image et au salary cap, un système qu’Antoine Dupont avait lui-même qualifié de « de plus en plus invasif » pour les joueurs.

Mola prend la défense d’Antoine Dupont

Pour Ugo Mola, les critiques adressées au demi de mêlée international passent à côté d’un débat beaucoup plus profond sur la liberté des joueurs d’exploiter leur propre image.

Le manager toulousain estime surtout que l’évolution récente du droit donne du poids à la position défendue par son club. Il s’est confié pour Midi Olympique :

« Stigmatiser Antoine est un raccourci. Didier Lacroix avait dit que les problématiques actuelles du Stade toulousain seraient celles d’autres demain. Je vois que certains commencent à réfléchir un peu différemment. En fait, le principe de l’intégration automatique, dans le salary cap, des droits d’image que les joueurs peuvent recevoir des parties associées au club (sponsors, fournisseurs, etc…) n’a aucune raison d’être si ces revenus sont sans lien avec le contrat liant le joueur à son club. C’est ce que nous avons toujours soutenu et c’est ce que la loi nouvelle du 3 août 2026 vient de confirmer. »

Mola pointe ensuite une autre particularité du rugby professionnel : contrairement au football, un club dispose de très peu de possibilités pour valoriser financièrement le départ d’un joueur.

Il rappelle notamment le précédent Cheslin Kolbe, transféré de Toulouse à Toulon en 2021 :

« Prenez l’exemple des transferts. Ils sont désormais encadrés depuis celui de Cheslin Kolbe à Toulon (durant l’été 2021, NDLR), à qui il restait du contrat chez nous. »

Une part importante de l’indemnité versée étant désormais susceptible d’entrer dans l’assiette du salary cap du nouveau club, le mécanisme devient beaucoup moins attractif.

Pour Mola, le système revient presque à verrouiller le marché :

« Oui, ce qui revient presque à interdire les transferts en l’occurrence. Je ne suis pas contre la règle mais je dis qu’elle doit évoluer avec son temps, son économie, ses mœurs pour répondre à plein de situations. Si je suis entraîneur de foot, Thomas Ramos, il faut le vendre maintenant puisqu’on va rentrer de l’argent, ce qui ne sera pas le cas dans un an. Si je suis dans le management de l’actif de mon club, alors Antoine Dupont aussi, on doit peut-être chercher à le vendre à un moment. »

« Est-ce que Toulouse refuserait 4, 5 ou 6 millions d’euros ? »

C’est alors qu’Ugo Mola pousse son raisonnement jusqu’à son terme. Dans une économie comparable à celle du football, quelle serait la valeur d’Antoine Dupont ?

Le manager toulousain avance lui-même des montants particulièrement spectaculaires :

« On a bien transféré Cheslin Kolbe, non ? Quand je vois que le PSG avait refusé 125 millions d’euros de Liverpool pour Barcola… Est-ce que Toulouse refuserait 4, 5 ou 6 millions d’euros pour Antoine Dupont ? La question ne peut pas se poser puisque les transferts sont interdits, en tout cas plafonnés et encadrés. Donc, ce que le club génère, forme et produit n’est pas une économie puisque Thomas (Ramos) va partir libre à la fin de son contrat. C’est notre réalité. »

L’exemple de Kolbe permet justement à Mola de rappeler que Toulouse a déjà accepté de se séparer d’une de ses plus grandes stars lorsque les intérêts des différentes parties convergeaient.

Pour le manager, ce précédent démontre qu’un transfert peut aussi constituer une opportunité pour le joueur comme pour son club :

« Au moment où Cheslin Kolbe souhaite des émoluments différents et un autre positionnement au club, c’est légitime. Il est alors le meilleur joueur du monde, il est champion du monde, champion d’Europe et champion de France. Il a eu une opportunité, on l’a aussi vu comme une opportunité, et tout le monde l’a saisie. C’est tout. Pour ce qui est de Thomas, dans un monde où les joueurs sont l’économie des clubs et les produits de la réussite d’un écosystème géré par la LNR, on devrait le vendre. Sauf que cette économie n’existe pas et on doit s’adapter, malgré tout, aux réformes à venir. »

Dans le cas de Thomas Ramos, Toulouse le verra ainsi rejoindre librement le Racing 92 au terme de son contrat. Pour Mola, c’est précisément cette situation qui illustre les limites économiques du modèle actuel : un club peut former, développer et accompagner un joueur jusqu’au plus haut niveau sans pouvoir valoriser financièrement son départ lorsque son contrat arrive à son terme.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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10 Commentaires

  1. Le p’tit canelé 31 août 2026 at 17h- Répondre

    Discours tendant à légitimer des dérives dangereuses pour notre sport…

    « ce qui revient presque à interdire les transferts en l’occurrence » … Non. Uniquement les transfert PAYANTS et c’est une excellente chose .

    Qu’il parle du foot si il veut le Ugo mais qu’il n’oublie pas de parler de ce que le fric à profusion tel qu’il le souhaiterait, à donné comme résultat…

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    • Multi Pseudos 31 août 2026 at 19h- Répondre

      Sauf que tu oublies de dire que ce système défavorise les clubs formateurs, et quand tu vois « le pillage » de Grenoble ou Brive par exemple, tu peux te poser la question de ce que vont devenir ces clubs si ça continu. Combien a touché Grenoble pour avoir formé Cappuozo ou Gaazotti? Combien a touché Brive pour Carbonneau, Ferté ou les deux frangins qui sont au RCT? Et combien ça leur a coûté de les former?

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      • Le p'tit canelé 31 août 2026 at 19h- Répondre

        Pour Bielle-Biarrey et Gazzotti, c’était 500 000 d’indemnités formation à chaque fois dans les poches du FCG … Les autres, je ne sais pas.

        Pour un joueur que tu as eu mineur et gardé entre 2 et 5 ans, c’est quand même pas mal sur un budget total de 12/15 M€ … Après libre à eux de glisser une indemnité de formation plus importante si ils n’estiment celle ci pas au niveau…

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      • Le p'tit canelé 31 août 2026 at 20h- Répondre

        Ah oui: et aucun rapport entre ce que dit Mola et les « clubs formateurs » puisque les indemnités de formation sont exclues du salary cap, sans plafond maxi…

        Encore à coté de la plaque avec chacun de tes exemples, décidément…

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    • Sam Toulouse 1 septembre 2026 at 11h- Répondre

      « Uniquement les transfert PAYANTS » … bein c’est le principe d’un transfert. sinon ça ne s’appelle pas un « transfert » (d’un contrat avec un club vers un autre contrat avec un autre club), c’est juste un départ libre du coup …

  2. Ber0683 31 août 2026 at 18h- Répondre

    On

    • Ber0683 31 août 2026 at 18h- Répondre

      On s’en balance du foot et du PSG….

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      • Multi Pseudos 31 août 2026 at 19h- Répondre

        Excellente analyse Ber, fallait le dire!!!

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      • Le p'tit canelé 31 août 2026 at 19h- Répondre

        Certes mais si Mola emmène le sujet sur la table, faut bien en parler aussi…

  3. JeanmarcMourillon 31 août 2026 at 20h- Répondre

    Mais qu’il se taise , qu’il se taise….
    Les footeux « bling bling people starlette  » c’est pas le rugby et Dieu merci …

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