« Ça n’allait pas du tout » : Jonathan Danty aidé régulièrement par un psychologue
« Ça n’allait pas du tout » : Jonathan Danty aidé régulièrement par un psychologue
Le mardi 1 septembre 2026 à 9:30 par David Demri
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La grave blessure au genou de Jonathan Danty n’a pas seulement mis son corps à rude épreuve. Pendant sa très longue convalescence, le centre du Stade Rochelais a également dû affronter ses craintes, ses doutes et la perspective d’une fin de carrière anticipée.
Pour la première fois, il a décidé de ne pas tout garder pour lui et de se faire accompagner mentalement.
Une démarche nouvelle pour l’international français. Plus jeune, Danty reconnaît qu’il aurait probablement enfoui toutes ces interrogations. Cette fois, il a choisi de parler.
« Mon meilleur ami, c’est mon kiné »
Tout au long de sa rééducation, Danty a pu compter sur le soutien du Stade Rochelais mais aussi sur les personnes dont il a choisi de s’entourer.
Cette possibilité de mettre des mots sur ses inquiétudes lui a permis d’aborder différemment sa convalescence. Il s’est confié à coeur ouvert dans les colonnes de L’équipe :
« Oui, je suis bien accompagné. Mais aujourd’hui, mon meilleur ami, c’est mon kiné. Je me suis aussi entouré de personnes avec qui je pouvais communiquer, parler. Ça m’a pas mal libéré de beaucoup de craintes, d’une fin de carrière anticipée, d’une reconversion qui va arriver potentiellement en 2027, du fait que vis-à-vis du groupe, je ne me sens pas légitime d’être présent. Tous ces sujets, étant plus jeune, je les aurais gardés pour moi. Aujourd’hui, j’ai la capacité de les évoquer. Je pense que ça m’a fait beaucoup de bien aussi dans la manière dont j’ai pu ne pas subir, mais vivre ma période de convalescence. »
Le Rochelais est allé plus loin en sollicitant un préparateur mental et un psychologue. Une décision loin d’être évidente pour lui, puisqu’il associait auparavant ce type d’accompagnement à l’exposition de ses propres faiblesses.
Avec le recul, Danty considère pourtant cette démarche comme essentielle :
« Je me suis entouré. J’ai consulté, préparateur mental et psy, et ça m’a beaucoup aidé parce que j’avais besoin de parler, d’être entendu, d’être écouté. Ça soulage. Je peux encore plus me lâcher qu’avec des proches. Il n’y a pas de jugement. Je ne l’avais jamais fait auparavant parce que je me suis toujours dit que ça pouvait montrer un peu mes faiblesses. Mais chacun a les siennes. Je savais que c’était le moment pour moi d’en parler, sinon je pense que j’aurais sûrement pété les plombs. Je n’aurais pas pu tenir. »
« Parfois, ça n’allait pas du tout »
Le travail effectué ne s’est pas limité à évacuer ses inquiétudes. Danty explique avoir eu, pendant une période, de véritables difficultés à comprendre et à exprimer ce qu’il ressentait.
Derrière un simple « ça va » se cachait parfois une réalité très différente :
« Pendant un long moment, j’ai eu des difficultés à savoir réellement comment je me sentais. C’est ça qui a été problématique. J’avais du mal à définir mes émotions J’ai dû faire un gros travail sur moi-même. Quand on me demandait comment je me sentais, je répondais toujours »ça va » alors que parfois ça n’allait pas du tout. »
Cet accompagnement se poursuit aujourd’hui, alors même que sa situation physique s’améliore et qu’un retour sur les terrains commence à se rapprocher.
Danty continue ainsi de consulter régulièrement :
« Oui, j’ai un rendez-vous mensuel d’une heure. Ça prend beaucoup d’énergie, je sors un peu cassé mais ça me fait beaucoup de bien dans mon accompagnement pour un potentiel retour. »
Une démarche qui illustre l’autre versant de la longue rééducation du centre rochelais : au-delà de la reconstruction de son genou, Danty a également dû apprendre à exprimer des inquiétudes qu’il aurait auparavant gardées pour lui.

