Luciano Asevedo : « J’aime bien me bagarrer sur le terrain mais sinon je suis très câlin et affectueux »

Luciano Asevedo : « J’aime bien me bagarrer sur le terrain mais sinon je suis très câlin et affectueux »

Le mardi 1 septembre 2026 à 13:45 par David Demri

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Avec ses 2,03 mètres pour 125 kilos, Luciano Asevedo ne passe pas inaperçu depuis son arrivée au Rugby Club Toulonnais. Mais le deuxième ligne argentin de 22 ans n’a pas seulement été recruté pour son gabarit.

Combatif, agressif et amateur de contacts sur le terrain, il possède un profil susceptible de rapidement séduire Mayol. Derrière cette image de guerrier se cache pourtant un jeune homme au parcours beaucoup plus attachant.

Arrivé pour deux saisons après avoir brillé avec les Tarucas en Súper Rugby Americas, Asevedo sort d’un exercice à 15 matches, dont 14 comme titulaire. Ses performances lui ont également permis d’intégrer le groupe des Pumas, sans connaître encore sa première sélection.

« J’aime bien me bagarrer »

Cédric Béal avait présenté la recrue avec une formule particulièrement directe dans les Causeries de la Rade.

Le technicien toulonnais avait parfaitement résumé le profil recherché par le RCT :

« Quand on le recrute, c’est parce que c’est un connard. Il est dur. Et il en faut. »

Une description qui fait sourire le principal intéressé. Car lorsqu’il entre sur un terrain, Asevedo ne cherche effectivement pas à fuir les affrontements.

Dans les colonnes de Var-matin, l’Argentin assume complètement cette facette de son jeu :

« Est-ce que Cédric a raison ? Si l’on parle uniquement du terrain, oui ! J’aime bien me bagarrer. Bon, en restant raisonnable, parce que sinon, je reçois un carton et ce n’est pas profitable (rires). Mais c’est vrai que j’apprécie les contacts et l’intensité. »

Le contraste est pourtant saisissant avec l’homme qu’il décrit en dehors des terrains.

Celui que l’on surnomme désormais « Chipi » au Campus RCT se présente plutôt comme « un nounours » :

« Dans la vie de tous les jours, je suis très câlin, très affectueux. Quand j’aime quelqu’un, il est comme mon frère. »

Du rêve de footballeur à celui d’agriculteur

Né à Mendoza, Asevedo n’était pourtant pas destiné à débuter immédiatement le rugby. Son père, ancien joueur amateur, craignait justement les blessures.

Une inquiétude assez savoureuse lorsque l’on connaît aujourd’hui le style de son fils :

« Il avait peur que je prenne des coups. »

Asevedo commence donc par le football et supporte River Plate. Son projet d’enfant mélange alors sport de haut niveau et vie à la campagne.

Le futur deuxième ligne avait deux rêves :

« Je voulais devenir footballeur et avoir un champ avec ma famille ! »

Le premier a disparu, pas le second. Malgré sa carrière professionnelle, le Toulonnais prépare à distance un diplôme universitaire en agronomie.

Il pense déjà à sa reconversion :

« Au moins, quand j’arrêterai le sport de haut niveau, je pourrai faire autre chose. J’adorerais travailler dans l’agriculture et avoir mes petits animaux, mes vaches, mes chiens… »

Le rugby entre finalement dans sa vie à 11 ans, au Liceo RC de Mendoza, après l’intervention d’un proche de son père.

Son physique hors norme lui offre rapidement quelques prédispositions :

« Un ami de mon père l’a finalement convaincu. J’étais vraiment grand et costaud pour mon âge… »

De lourdes blessures avant de toucher son rêve

Sa progression n’a pourtant rien eu de linéaire. Rupture d’un ligament croisé, opération d’un ménisque puis d’une épaule : Asevedo a été durement touché et a notamment manqué le Mondial U20 2023.

Sa blessure au genou lui a demandé une très longue reconstruction :

« Après ma blessure au genou, j’ai mis un an et demi à récupérer. Encore aujourd’hui, je travaille pour garder toujours autant de force. »

Le deuxième ligne poursuit malgré tout son ascension entre les Dogos, les Pampas et les Tarucas. Une première expérience au plus haut niveau provoque même un déclic.

C’est à ce moment qu’Asevedo prend véritablement conscience de ses capacités :

« Quand j’ai joué en “équipe une” pour la première fois, je me suis aperçu de mon potentiel. J’ai eu une sorte de déclic mental, comme si je n’avais pas de plafond. Alors, malgré les chutes, j’ai toujours eu envie d’aller plus loin. »

Ce « plus loin » sera finalement Toulon et le Top 14, championnat qu’il rêvait de découvrir.

« Je crois que oui » : Asevedo se sent fait pour Toulon

Le RCT ne lui était d’ailleurs pas totalement étranger. Plusieurs Argentins ont porté le maillot Rouge et Noir, dont Matias Cortese, qui avait auparavant entraîné Asevedo au Liceo RC.

Le nouveau Toulonnais connaissait donc déjà une partie de l’histoire argentine du club :

« Je connaissais un peu le club. De grands joueurs argentins sont passés par là et l’un de mes anciens coachs au Liceo RC, un ex-Puma, a également joué ici (Matias Cortese, en 2014-2015). »

Plus étonnant encore : l’histoire entre Toulon et Asevedo aurait pu commencer plusieurs années auparavant.

À 19 ans, il avait déjà été approché par un club français qui pourrait bien avoir été le RCT :

« Quand j’avais 19 ans, on m’avait contacté pour rejoindre un centre de formation en France. Ça ne s’était pas fait, mais je crois bien qu’il s’agissait de Toulon. […] Si je suis fait pour ce club ? Je me considère comme un joueur agressif, qui adore le combat. Alors, même si je dois encore m’adapter à ce niveau, je crois que oui (sourire). »

Asevedo possède désormais un autre objectif : décrocher sa première sélection avec l’Argentine. Et il a déjà prévu de marquer l’événement d’une manière assez radicale.

Sa longue chevelure disparaîtra s’il devient officiellement un Puma :

« Si je décroche une première cape avec l’Argentine, je le ferai. »

À seulement 22 ans, Luciano Asevedo arrive donc à Toulon avec un profil particulièrement séduisant : du gabarit, du combat, une marge de progression importante et cette volonté de toujours aller plus loin qui lui a déjà permis de surmonter plusieurs sérieux coups d’arrêt.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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4 Commentaires

  1. JeanmarcMourillon 1 septembre 2026 at 13h- Répondre

    Voilà….
    Voilà ce qu’on aime ici à Toulon
    Bienvenue à toi mec
    Défonce les tous sur le terrain et on va t’adorer grave ici…. !

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  2. tristan 1 septembre 2026 at 14h- Répondre

    Qu’il prenne exemple sur Botha qui aimait la bagarre mais très intelligent et qui a pris peu de cartons jaunes et aucun rouge !!!

    J'aime 18
  3. Céd 1 septembre 2026 at 15h- Répondre

    Je sens qu’il va nous plaire le minot !

    J'aime 10
  4. Marc 83 1 septembre 2026 at 15h- Répondre

    Oui, agressif et avec le sourire, ce qui faisait en plus craquer l’autre.