Révolution à venir pour les joueurs souffrant de commotions cérébrales ?
Révolution à venir pour les joueurs souffrant de commotions cérébrales ?
Le mardi 8 septembre 2026 à 19:47 par David Demri
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Un essai clinique inédit va démarrer à Toulouse et Lyon afin de tester un casque utilisant la lumière infrarouge sur des sportifs souffrant de symptômes persistants après une commotion cérébrale.
Trente participants porteront quotidiennement ce bonnet équipé de LED pendant environ trente minutes. L’objectif sera d’évaluer scientifiquement sa capacité à réduire les troubles et à stimuler les mécanismes naturels de réparation du cerveau. L’information est relayée par La Dépêche.
Des symptômes qui peuvent durer plusieurs années
Maux de tête, perturbations du sommeil, troubles de l’humeur, difficultés à supporter la lumière ou le bruit : les conséquences d’une commotion ne disparaissent pas toujours après quelques jours de repos.
Les risques augmentent notamment chez les sportifs exposés à des chocs répétés. Le rugby est particulièrement concerné, mais des cas existent également dans le football, le handball, le basket-ball, le cyclisme, l’équitation ou encore le ski.
À l’heure actuelle, les médecins disposent de peu de traitements susceptibles de répondre à l’ensemble des symptômes.
Dans La Dépêche, le neurochirurgien David Brauge rappelle que la prise en charge reste encore limitée :
« Le traitement des commotions cérébrales, c’est une médecine en train de s’écrire. Parce que, pour l’instant, à part la mise au repos, on n’a pas grand-chose à proposer. Il est possible de faire de la rééducation en fonction des symptômes – vertiges, mémoire, maux de tête – mais on n’a rien qui marche à tous les coups. »
Un bonnet porté 30 minutes chaque jour
Le nouvel essai sera mené pendant deux ans à Toulouse et Lyon. Il concernera trente sportifs dont les symptômes persistent malgré les prises en charge habituelles.
Les participants pourront utiliser le dispositif chez eux. Ils devront porter chaque jour pendant une trentaine de minutes ce casque développé par le fonds Clinatec, un centre de recherche biomédicale basé à Grenoble.
Le système repose sur la photobiomodulation transcrânienne. La lumière infrarouge doit traverser les tissus afin de stimuler certains mécanismes naturels de réparation, avec l’espoir de diminuer l’inflammation et de favoriser la création de nouvelles connexions neuronales.
À ce stade, il s’agit toutefois d’une technologie expérimentale dont l’efficacité doit être évaluée par cet essai clinique.
David Brauge souhaite notamment aider les patients pour lesquels les solutions actuelles ont échoué :
« Je cherche à guérir ces patients chez qui rien ne fonctionne. Ils sont impactés dans leur vie quotidienne et doivent arrêter leur carrière professionnelle, parfois lorsqu’ils sont très jeunes, c’est problématique. »
Des résultats encourageants en laboratoire
Des dispositifs comparables sont déjà étudiés dans le cadre de certaines maladies neurodégénératives. Des essais sont notamment menés à Strasbourg pour la maladie à corps de Lewy et à Toulouse pour la maladie d’Alzheimer.
David Brauge a également expérimenté cette technologie avec certains patients commotionnés, sans que ces observations individuelles puissent encore constituer une preuve d’efficacité.
Des données recueillies en laboratoire suggèrent néanmoins une action possible sur l’inflammation et sur la capacité des neurones à former de nouvelles connexions.
Le spécialiste détaille les éléments qui justifient le lancement de cette nouvelle étude :
« Ce type de dispositif médical est utilisé dans plusieurs essais cliniques, à Strasbourg pour la maladie à corps de Lewy, à Toulouse pour la maladie d’Alzheimer. Je l’ai utilisé chez des patients commotionnés en difficulté : à l’issue de la séance, ils avaient vraiment envie de dormir. Un neurologue, à Paris, a traité des sportifs professionnels comme la handballeuse Cléopâtre Darleux, qui a pu participer aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Des données de laboratoire montrent un effet sur l’inflammation et le potentiel pour les neurones à créer de nouvelles connexions. J’ai donc le sentiment que ça peut aider et qu’un essai clinique pourra fournir des données solides. »
À Toulouse, le protocole sera porté par le service de médecine physique et de rééducation de la clinique universitaire du sport du CHU.
Un essai ouvert à plusieurs disciplines
Les premières consultations spécialisées consacrées aux commotions dans le rugby avaient été créées à Toulouse en 2014. Douze ans plus tard, les connaissances et les protocoles ont fortement progressé.
Les médecins savent désormais prendre en charge la majorité des commotions simples. Les situations complexes, marquées par des symptômes prolongés et résistants aux soins habituels, restent en revanche difficiles à traiter.
David Brauge explique pourquoi cet essai dépasse désormais le seul cadre du rugby :
« Aujourd’hui, on a dépassé le cadre du rugby et de la région. Maintenant, les médecins sont capables de gérer les dossiers de commotions cérébrales les plus simples. Mais il reste les cas les plus compliqués, d’où l’intérêt de cet essai clinique. »


Le curatif pourquoi pas mais il faudrait surtout agir de manière préventive : si il faut prescrire le déblayage un peu brusque dans les rucks et n’autoriser que le plaquage sur le bas du corps pour réduire le risque de commotions je suis 100x pour !