« Il y a du rugby partout » : Bouthier raconte la métamorphose de Vannes
« Il y a du rugby partout » : Bouthier raconte la métamorphose de Vannes
Le jeudi 10 septembre 2026 à 13:28 par David Demri
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Revenu au RC Vannes en 2025 après six saisons passées à Montpellier, Anthony Bouthier a retrouvé un club et une région profondément transformés. Le joueur de 34 ans croit désormais le promu breton mieux armé pour résister en Top 14.
L’histoire entre Bouthier et Vannes dépasse largement le cadre d’un simple transfert. C’est en Bretagne qu’il avait découvert le rugby professionnel entre 2014 et 2019. Depuis son retour, l’ancien international français a ajouté un titre de champion de France de Pro D2 et une nouvelle accession à son parcours.
Une histoire à part avec le RC Vannes
Anthony Bouthier ne regrette absolument pas son choix d’être revenu au RCV. Sur le terrain comme dans sa vie familiale, l’ancien Montpelliérain assure avoir retrouvé un environnement dans lequel il se sent pleinement épanoui.
Avec Vannes, il présente la particularité d’avoir connu trois divisions et participé à trois accessions. Il s’est confié pour Midi Libre :
« Je suis épanoui ici, je me régale au quotidien. Avec ma femme et mes deux filles, on s’y plaît. L’année dernière, on fait une super saison avec le club. Même si c’est la Pro D2, on finit quand même champion de France avec un billet pour le Top 14. Avec Vannes, j’ai une histoire à part, c’est ma première aventure dans le rugby pro (2014-2019) et j’y ai connu trois divisions, trois accessions (Fédérale 1, Pro D2 et Top 14). »
Cette progression sportive s’est accompagnée d’une spectaculaire évolution populaire. À ses débuts, le club devait encore batailler pour pouvoir évoluer au stade de la Rabine. Le rugby occupe aujourd’hui une place centrale dans la ville.
« Il y a du rugby partout à Vannes »
La montée en puissance du RCV a progressivement convaincu les habitants et les institutions. Les rencontres organisées en plein cœur de Vannes sont devenues de véritables événements autour desquels se rassemble toute la région.
Anthony Bouthier mesure le chemin parcouru depuis sa première arrivée en Bretagne.
« Au début, il a fallu batailler pour faire jouer le RC Vannes à la Rabine. Puis très vite, la ville s’est rendu compte que le rugby pouvait apporter beaucoup de monde au stade, une autre ambiance. Aujourd’hui, ça a complètement switché. Il y a du rugby partout à Vannes, dans les boutiques, les magasins, les gens portent des vêtements aux couleurs du club. Il y a une ferveur autour de ce club et de la Bretagne. La région, aujourd’hui, vit le rugby à travers le RCV. C’est quelque chose que je n’avais jamais connu auparavant et c’est très plaisant. On est toujours surpris de voir l’engouement à domicile mais aussi à l’extérieur. »
Originaire de Pouillon, dans les Landes, Bouthier a grandi sur une terre historiquement associée au rugby. En Bretagne, il découvre un public plus récent, mais dont l’attachement au club ne cesse de grandir.
La localisation de la Rabine participe selon lui à cette atmosphère particulière.
« Ça reste une région qui découvre le rugby. On connaît Vannes depuis une dizaine d’années mais pour les gens, ça reste une découverte. Le public qui vient au stade a envie de revenir, surtout que l’enceinte est dans la ville. Les restaurants, les bars… Tout le monde est ravi de vivre ces moments de fête avant, pendant et après les matches. »
Un Vannes mieux armé pour le Top 14
Après une première expérience dans l’élite conclue par une relégation immédiate, le RC Vannes veut désormais s’installer. Bouthier estime que le groupe actuel possède davantage d’arguments que celui qui avait découvert le Top 14 en 2024.
Les Bretons sont repartis frustrés de leur déplacement à Castres, perdu 29-20. L’ancien Montpelliérain considère que son équipe a montré sa capacité à rivaliser, mais doit encore progresser dans la concrétisation de ses temps forts.
Anthony Bouthier estime que Vannes peut batailler sur de nombreuses pelouses cette saison.
« Je pense qu’on va pouvoir rivaliser un peu plus qu’il y a deux ans, quand le club a fait sa première année en Top 14 avant de redescendre dans la foulée. Les gars disent qu’on a un groupe plus étoffé, plus homogène, plus complet et plus aguerri qu’en 2024. À Castres (29-20), on a rivalisé mais on a fini frustré parce qu’on méritait mieux. Le groupe est capable d’aller batailler sur beaucoup de terrains. On joue bien, tant mieux, mais il faut désormais qu’on soit plus efficace. »
Jean-Noël Spitzer, l’incarnation du RCV
Cette ascension reste indissociable de Jean-Noël Spitzer. Présent à la tête de l’équipe depuis 2005 après avoir porté le maillot vannetais en tant que troisième ligne, le technicien de 52 ans a accompagné toutes les transformations du club.
Bouthier souligne sa capacité à préserver l’identité bretonne tout en adaptant son fonctionnement aux exigences du professionnalisme.
« Déjà, c’est un Breton qui aime sa région, connaît son histoire. Il a tout vécu avec Vannes, il y a été joueur (troisième ligne, en Fédérale 2), entraîneur puis manager. Parler de l’histoire de la Bretagne au groupe, c’est une tradition au club. Lui, il incarne toutes les valeurs du RCV. Après, il a réussi à s’adapter. Tu ne gères pas un club en Fédérale 1 comme en Top 14. Il a su s’entourer pour mettre des choses en place qui fonctionnent. »

