Travers répond aux critiques et raconte sa cohabitation impossible avec Patat
Travers répond aux critiques et raconte sa cohabitation impossible avec Patat
Le mardi 15 septembre 2026 à 14:06 par David Demri
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Longtemps silencieux depuis son arrivée à l’Aviron Bayonnais, Laurent Travers est revenu sur les critiques qui l’ont visé et sur l’échec de sa collaboration avec Grégory Patat. Le directeur du rugby assume une responsabilité collective, mais refuse certaines attaques.
Sa venue au Pays basque avait immédiatement provoqué de nombreuses interrogations. La répartition des responsabilités avec Grégory Patat paraissait difficile à établir et leur cohabitation n’a finalement jamais réellement fonctionné. Travers assure pourtant qu’il n’était pas venu pour prendre la place du manager.
Des critiques qui ont touché sa famille
Laurent Travers affirme consulter très rarement les réseaux sociaux. Il porte un regard particulièrement sévère sur leur fonctionnement et sur la place occupée par les commentaires négatifs.
Interrogé par Midi Olympique, le directeur du rugby bayonnais accepte que son travail soit contesté, mais trace une limite très claire lorsque les attaques deviennent personnelles.
« Je suis très peu sur les réseaux sociaux et je ne veux pas rentrer là-dedans. Les réseaux sociaux ne sont pas là obligatoirement pour construire, ils sont là pour détruire. Sur 100 % des commentaires, il y en a 80 % pour détruire. Pourquoi ? Tout simplement parce que, lorsqu’on est en colère, il est plus facile d’écrire que lorsque l’on est satisfait. Le train qui est à l’heure, c’est normal. Quand il est en retard, cela ne nous paraît pas normal, donc on va être insatisfait et on va l’écrire de suite. Ensuite, on va donner la possibilité à des gens de s’exprimer, alors que des fois, ils n’ont peut-être pas la capacité de pouvoir le faire. Il faut s’y habituer, ça fait partie du jeu…
Que les gens critiquent la méthode de travail, je n’ai pas de souci avec ça. On fait un métier où on est exposé… Par contre, la critique sur l’intégrité de la personne ou de la famille, je ne l’accepte pas. […] Le plus dangereux, c’est qu’ils s’expriment en ayant un pseudonyme. Ça, ça me gêne. C’est toujours facile de s’exprimer lorsque l’on n’apparaît pas. Lorsqu’on apparaît, c’est beaucoup plus difficile, parce qu’il faut l’assumer. J’aimerais que les gens qui écrivent n’aient pas de pseudo. Cela permettrait de pouvoir discuter avec ces personnes-là. »
Même sans lire directement les messages, Travers a rapidement compris l’ampleur de la défiance entourant sa nomination. Son entourage lui rapportait régulièrement la violence des réactions.
Le dirigeant reconnaît ne pas avoir été totalement insensible à cette hostilité, tout en maintenant que sa priorité reste la réussite de l’Aviron.
« On ne va pas dire que l’on n’est pas insensible, c’est faux. Le fait de ne pas être sur les réseaux sociaux et de ne pas lire les commentaires, cela permet de faire un gros, gros filtre. C’est plus les gens, quand ils viennent te dire “alors, ce n’est pas trop dur ?”. Là, je m’aperçois que ça doit être très chaud. Après, c’est comme ça, c’est la vie. Je ne veux pas mettre en difficulté mes enfants ou ma famille. Là-dessus, ils sont assez forts, on les accompagne assez avec mon épouse pour faire en sorte que ça aille bien.
Ce qui est sûr, c’est que je suis là pour une mission. Je n’ai qu’une envie, la réussir avec l’ensemble de mon staff, des bénévoles, de l’équipe, des partenaires et de la direction, car eux aiment le club. Je pars du principe que ceux qui écrivent à l’encontre du club ne sont pas là pour l’aider. […] Je dis souvent qu’il y a presque 10 000 abonnés à l’Aviron bayonnais. Si on tient compte des 200 qui vont prendre le dessus sur les 9 800, c’est gênant. Le plus important, c’est l’entité, le club, la ville, la région, le Pays basque. »
« Les gens critiquent sans savoir »
Travers ne rejette pas toutes les critiques. Il considère même qu’elles peuvent favoriser une remise en question lorsqu’elles reposent sur des faits. Il refuse en revanche de se laisser détourner de sa mission par des attaques qu’il estime infondées.
Laurent Travers voit également dans l’anonymat de certains messages une forme de faiblesse.
« La critique, elle y sera tout le temps, car les gens ont besoin de ça. C’est très français, de culture, on a besoin de critiquer. La critique fait aussi partie d’une évolution, elle est nécessaire sur la remise en question. Ce qui me gêne, c’est quand elle n’est pas fondée. Les gens critiquent sans savoir. C’est trop facile d’écrire, encore plus sans que les gens n’apparaissent. Mais ça, c’est aussi un aveu de faiblesse, donc je le mets de côté, je continue à avancer. Si on commence à rester focus sur ce qui doit nous déstabiliser, ça veut dire qu’on oublie l’essentiel, à savoir ce qui va nous permettre d’améliorer, de performer. »
Cette atmosphère l’a conduit à s’interroger avant de prendre pleinement ses fonctions. Il assure toutefois n’avoir jamais envisagé de reculer sous la pression d’une minorité.
Le directeur du rugby promet de poursuivre sa mission tant que le club restera uni autour de ses objectifs.
« Douter, non, se poser des questions, oui. Se dire quel est l’intérêt, oui. Cela veut dire que c’est une minorité qui allait prendre le dessus sur toute une organisation, tout un club. C’est mal me connaître. Tant que l’on sent avec l’ensemble du staff, des joueurs, du club, des bénévoles que l’on a la capacité à pouvoir faire front pour réussir nos objectifs, je ne lâcherai pas. »
Une cohabitation manquée avec Grégory Patat
Le départ de Grégory Patat a mis fin à une organisation qui avait créé de fortes tensions. Travers ne souhaite pas revenir précisément sur les événements, mais reconnaît qu’il aurait aimé connaître un dénouement différent.
Interrogé sur les erreurs qui auraient pu être évitées, il choisit de regarder vers l’avenir.
« On veut toujours que ça se passe mieux. Par rapport à ce qui s’est passé, on ne reviendra pas dessus. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il y a devant, aujourd’hui et surtout demain. J’aurais préféré que cela se passe différemment. Je sais comment ça a été fait. Là-dessus, je n’ai pas de commentaires à faire, bien au contraire. »
Travers ne partage pas l’idée selon laquelle cette association était condamnée dès sa conception. Selon lui, la cohabitation pouvait fonctionner, même si les faits ont démontré le contraire.
Le dirigeant estime que l’intérêt de l’Aviron devait rester supérieur aux situations individuelles.
« Je ne pense pas, mais ce n’est que ma vision. Je ne me permets pas de faire une leçon à qui que ce soit. Je pense que c’était réalisable, ça ne l’a pas été. C’est la vie. Il y a des moments où on pense que c’est la bonne solution. Ce qu’il faut, c’est être capable de vite basculer, car l’essentiel, ce n’est pas telle ou telle personne. Le plus important, c’est l’entité. »
Il refuse également de faire porter toute la responsabilité de cet épisode à l’un des protagonistes.
Laurent Travers reconnaît un échec collectif dans la mise en place de cette organisation.
« Ce serait trop facile de dire “oui, j’ai tout bien fait, les autres ont fait tout de mal”. Je pense qu’on s’est tous loupés, point. Pas plus de commentaires. »
L’ancien manager du Racing rejette toutefois l’idée d’un simple refus mutuel de travailler ensemble.
À la question de savoir si deux hommes ne voulaient finalement pas collaborer, sa réponse est catégorique.
« Non. Ce n’est pas ça. »
Travers assure également qu’il souhaitait réellement travailler aux côtés de Grégory Patat.
« Oui. C’est ce qui était prévu par le club et le président, mais également la raison de ma venue. »
Travers reconnaît une « non-réussite »
Son envie de retrouver davantage de proximité avec le terrain a pu alimenter la crainte qu’il cherche à récupérer la direction de l’équipe professionnelle. Travers ne veut pas parler à la place de Patat, mais admet ne pas être parvenu à convaincre.
Il assume une partie de la responsabilité tout en refusant de résumer cet épisode à un échec personnel.
« Je ne cherche pas à comprendre pour les autres. Mon rôle, c’est d’accompagner, arriver à persuader les autres. Là, ça n’a pas été le cas, donc l’échec est pour tout le monde. Enfin, je ne sais pas si l’on peut dire que c’est un échec. La non-réussite de ce projet est dommageable pour tout le monde, mais la vie est ainsi faite. »
La nouvelle organisation est désormais articulée autour de Ged Fraser. Travers se trouve régulièrement au bord du terrain, mais affirme ne pas diriger directement le contenu des séances.
Le directeur du rugby définit son rôle comme celui d’un accompagnateur chargé de favoriser les décisions collectives.
« Oui, mais comme je le suis actuellement. Le patron du côté sportif, sur l’entraînement, c’est Ged Fraser. Mon but, c’est de l’accompagner, de l’aider, d’échanger. Le but, ce n’est pas de dire “faites comme ça”. On partage, on décide, on applique. »


» Le patron du côté sportif, sur l’entraînement, c’est Ged Fraser. Mon but, c’est de l’accompagner, de l’aider, d’échanger. »
Comme ça en cas d’échec c’est pas de sa faute ….
Il est très très bon …… : ) : )