Laurent Travers règle ses comptes sur le départ de Grégory Patat : « Personne ne l’a obligé à renouveler son contrat ! »
Laurent Travers règle ses comptes sur le départ de Grégory Patat : « Personne ne l’a obligé à renouveler son contrat ! »
Le mardi 22 septembre 2026 à 20:14 par David Demri
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Laurent Travers a décidé de mettre les choses au clair. Le directeur du rugby de l’Aviron Bayonnais est longuement revenu sur le départ de Grégory Patat et refuse le scénario selon lequel l’ancien manager aurait été poussé vers la sortie. Il reconnaît sa part de responsabilité dans l’échec de leur collaboration, tout en assurant que les rôles avaient été clairement définis.
Le dirigeant bayonnais s’est également exprimé via RMC Sport sur le début de saison et notamment sur la lourde défaite concédée à Pau. Un revers spectaculaire qu’il replace dans le contexte d’un rugby où les écarts peuvent désormais se creuser très rapidement.
« Prendre 70 points au rugby, c’est comme prendre 6 – 0 au football »
Laurent Travers ne cherche pas à minimiser l’ampleur du revers. Il estime néanmoins que certaines séquences de la rencontre permettent de comprendre comment Bayonne a fini par sombrer.
Il revient en détail sur cette soirée particulièrement difficile :
« La raclée à Pau elle fait mal oui. Prendre 70 points au rugby, c’est comme prendre 6 – 0 au football. C’est compliqué. Sur le plan comptable ça va mais sur le contenu il y a encore du boulot, on est seulement à la troisième journée. Si on analyse la défaite à Pau, on s’aperçoit qu’à 13 contre 15 on a été mis en difficulté par contre à 14 contre 15 il y a 14 à 7 et on a deux actions qui peuvent nous permettre de revenir à 14 – 14. Et derrière ça, on se retrouve à 13 et on prend 21 points. Après, il n’y a plus de match et ça devient compliqué. »
Au-delà du cas bayonnais, Travers constate une évolution générale du rugby, avec des équipes davantage tournées vers la recherche de l’essai et des rencontres susceptibles de basculer très vite.
Il estime également que l’enchaînement des matches peut peser sur les comportements :
« Je pense que vous l’avez vu de vous même : tout va très vite dans le rugby habituel. L’Afrique du Sud en met 50 contre les Blacks. Bordeaux en met 60 et le week-end suivant ils peuvent en prendre 60. Ce n’est pas se chercher des excuses mais c’est un constat. Actuellement dans le rugby, les équipes cherchent à marquer davantage des essais que des pénalités. Tout le monde cherche à se rapprocher de l’en-but pour scorer. Et ensuite, il y a un phénomène : il y a 10 matches consécutifs. A un moment, il y a un phénomène où les joueurs ont tendance à l’extérieur à lâcher un peu plus vite. Et donc, à partir de là ça devient beaucoup plus difficile. »
Travers explique ce qu’il devait réellement faire à Bayonne
Mais le sujet le plus sensible concerne forcément la saison dernière et sa collaboration avec Grégory Patat.
À son arrivée, la volonté de Laurent Travers de se rapprocher du terrain avait notamment suscité des interrogations sur la répartition des responsabilités. Il assure pourtant que son rôle n’était pas de reprendre directement les commandes de l’équipe professionnelle.
Le directeur du rugby détaille le cahier des charges qui lui avait été confié :
« Tout a été très clair dès le départ, même s’il y a eu des malentendus. Il n’y a pas eu d’accord malheureusement et chacun le voit à sa façon. Il y avait un cahier des charges qui m’a été donné dès le départ avec pour but d’aider le club dans le fait de continuer à son évolution, c’était avec Grégory Patat comme ça l’est maintenant avec Fraser. »
Il précise notamment ce qu’il entendait par un rapprochement avec le terrain :
« Quand je parle de se rapprocher du terrain, tout le monde a pensé que j’allais entrainer. Quand on dit se rapprocher du terrain, c’est sur l’organisation, sur le fonctionnement, c’est sur le centre de formation avec les jeunes car c’est le socle d’un club. C’était venir épauler pour continuer à structurer le club et faire évoluer le club. »
« Tout le monde s’est trompé dans cette affaire »
Travers ne cherche pas à présenter l’échec de cette collaboration comme la responsabilité d’une seule personne. Il refuse notamment que le président Philippe Tayeb soit désigné comme l’unique responsable.
Pour lui, les torts ont été partagés :
« Tout le monde s’est trompé dans cette affaire. C’est trop facile de dire que c’est le président Philippe Tayeb. Ce n’est jamais la faute d’une ou de deux personnes. Les choses ont été très claires et je peux vous le garantir. Après, ça n’a pas fonctionné comme tout le monde le voulait. Peut-être au départ quand ça a été fait à distance, c’était moins clair, mais quand je me suis retrouvé ici, les choses étaient très claires. »
Sur le sportif, il affirme également qu’il n’était pas question de retirer à Patat son pouvoir de décision.
Travers explique le fonctionnement qu’il souhaitait mettre en place :
« Ce que je voulais, c’est que l’on soit capable de travailler tous ensemble et s’il y avait des choix qui devaient être faits au niveau pro, c’était Greg qui devait les prendre sans aucun souci. Il fallait échanger et regarder le mode de fonctionnement. Mais ça n’a pas marché car tout le monde n’a pas fait ce qu’il fallait pour que ça fonctionne. »
Il assume néanmoins sa propre responsabilité dans cet échec :
« J’ai aussi ma part de responsabilité et je n’ai pas de problème à le dire, mais c’est trop facile de faire des raccourcis. Quand on est en interne, on voit les choses différemment. Il faut regarder l’évolution et voir ce que l’on fait pour que le club continue de gagner. Car faire une demi-finale une fois en 40 ans, c’est très bien, mais on fait quoi pour pouvoir y revenir ? »
« Personne ne l’a obligé à renouveler son contrat »
Laurent Travers va encore plus loin lorsqu’il est directement interrogé sur l’idée selon laquelle Grégory Patat aurait dû quitter Bayonne.
Sa version est très différente : Patat était toujours sous contrat et aurait lui-même demandé à partir.
Travers conteste frontalement l’idée d’un départ imposé :
« Non, Grégory Patat n’a pas dû partir. Il a signé un contrat et il aurait pu continuer. A un moment, il faut dire les choses comme elles se passent. Il était en contrat et il a demandé à pouvoir partir. Je veux bien que Laurent Travers ait tous les tords et qu’il ait tout fait pour que Patat parte, pas de souci. »
Il pointe surtout ce qu’il considère comme une contradiction dans le déroulement des événements :
« Mais moi, je pose une question : pourquoi on renouvelle son contrat alors que les choses sont claires ? Il signe son renouvellement et derrière on change de fonctionnement. Personne ne l’a obligé à renouveler son contrat. »
Travers assure malgré tout que la relation personnelle n’est pas rompue avec l’ancien manager.
Sur ce point, sa réponse est catégorique :
« On n’est pas fâché avec Grégory. »
Une nouvelle organisation avec Fraser
Depuis, Bayonne fonctionne avec une autre répartition des responsabilités. Travers insiste sur sa capacité à adapter son management aux personnes qui l’entourent plutôt que d’imposer un modèle identique partout.
Il explique cette nécessité permanente d’adaptation :
« On a une façon de fonctionner et j’ai ma façon de fonctionner. Dans le management, c’est de l’adaptation en fonction des gens avec qui tu travailles, de tes collaborateurs et de tes joueurs. Quand on est entraineur, c’est important de s’adapter en fonction de l’environnement, du public, des partenaires, des bénévoles et des joueurs. Il faut s’adapter. »
La collaboration avec Fraser repose désormais sur des échanges quotidiens, sans que cela signifie pour autant que les deux hommes partagent systématiquement la même vision.
Travers décrit le fonctionnement actuellement mis en place :
« Par rapport à ce qu’il s’est passé l’an dernier, je savais pourquoi je venais et quel était le cahiers des charges. Avec Fraser, tout a été très clair. Il prend en charge l’équipe professionnel et je suis avec lui tous les matins pour échanger avec lui. Il y a une collaboration. Ce n’est pas pour cela que le monde est merveilleux et qu’on est en accord sur tout. Mais c’est dans le désaccord que l’on arrive à avancer. »
L’objectif reste désormais de faire grandir durablement un club porté par un engouement que Laurent Travers mesure quotidiennement.
Le dirigeant veut donner à Bayonne les moyens de s’installer durablement parmi les équipes capables d’aller loin :
« Quand on voit l’engouement qu’il y a dans la ville autour de l’Aviron, c’est quelque chose qui donne envie, que ce soit pour les joueurs, le staff et les supporters. C’est ce qui est attachant. Et c’est aussi pour cela que l’on a besoin que le club se structure et continue à grandir pour espérer dans les années à venir le club puisse jouer une demi-finale. »


» Car faire une demi-finale une fois en 40 ans, c’est très bien, mais on fait quoi pour pouvoir y revenir ? » … Ne pas foutre en l’air en quelque mois, le travail du seul staff à avoir emmené l’équipe en demi-finale en 40 ans peut être ?
« Personne ne l’a obligé à renouveler son contrat. » … Personne n’a obligé non plus le président Tayeb à lui proposer une prolongation si c’était pour lui savonner la planche en suivant, si ?