« Ça a parfois le goût du sang » : Lewis Ludlam raconte ce qui le fait vibrer avec le RCT
« Ça a parfois le goût du sang » : Lewis Ludlam raconte ce qui le fait vibrer avec le RCT
Le mercredi 23 septembre 2026 à 11:27 par David Demri
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Lewis Ludlam ne se définit pas par les essais qu’il marque ou par sa technique. Le troisième-ligne du Rugby Club Toulonnais trouve son accomplissement ailleurs : dans le combat, le sacrifice pour ses partenaires et cette capacité à pousser son corps là où peu de joueurs ont envie d’aller.
Une conception du rugby qui prend encore davantage de sens lorsqu’il porte le maillot du RCT.
Capitaine à Castres samedi dernier, l’Anglais de 30 ans assume pleinement cette facette de son jeu.
Pour lui, être capable de se sacrifier chaque week-end n’a rien d’insensé dès lors que cette mission procure du plaisir. Une vocation qu’il n’a pourtant pas toujours ressentie avec une telle intensité.
« On va là où peu ont envie d’aller »
Ludlam ne cherche pas à se présenter comme le joueur le plus spectaculaire de son équipe. Il sait parfaitement quelles qualités lui permettent de peser sur un match et d’entraîner ses partenaires avec lui.
Le troisième-ligne revendique dans les colonnes de L’équipe cette volonté de mettre son corps au service du collectif :
« J’adore ! C’est ma vocation aujourd’hui, ça ne l’a pas toujours été. Je n’ai jamais été le gars qui marque beaucoup d’essais, techniquement, je ne suis pas le meilleur… Gamin, j’ai appris à apprécier ce sentiment de mettre son corps sur la ligne pour les autres. »
À Mayol, cette recherche du combat prend une dimension encore différente. L’énergie du stade pousse Ludlam à augmenter encore son niveau d’intensité.
Le Toulonnais décrit ce qu’il recherche dans ces moments :
« Le feeling est décuplé quand on joue à domicile. On va encore plus loin dans l’intensité du combat. On va là où peu ont envie d’aller. Ça parle à l’honneur. »
Mais l’Anglais apprécie tout autant l’atmosphère hostile des déplacements.
Être attendu par tout un stade constitue même une motivation supplémentaire :
« Ce sentiment, je le recherche aussi quand on joue à l’extérieur, là où tout le monde te déteste, veut te voir quitter le stade avec ta misère ! »
« Sans ce goût du défi, j’aurais du mal à me lever le matin »
Cette recherche permanente du défi dépasse désormais le simple cadre d’un match de rugby pour Ludlam. Elle est devenue l’une des principales raisons pour lesquelles il continue à s’investir avec autant d’intensité.
Son expérience chez les jeunes lui a notamment appris à distinguer la douleur d’une défaite du regret beaucoup plus difficile à accepter de ne pas avoir tout donné.
Ludlam explique à quel point cette recherche du dépassement lui est devenue indispensable :
« Sans ce goût du défi, j’aurais du mal à me lever le matin. C’est pour ça que je fais tout ça. J’ai connu ces après matches difficiles en juniors, quand t’es mal dans ton vestiaire sachant que tu n’as pas tout donné. C’est un sentiment horrible. »
À l’inverse, le résultat ne suffit pas toujours à définir ce qu’il ressent après une rencontre.
Avoir dépassé ses propres limites lui permet d’accepter aussi bien la victoire que la défaite :
« Quand t’as été au-delà des limites, alors tu peux t’asseoir à la fin du match, qu’il soit gagné ou perdu, avec ce sentiment d’avoir accompli un truc. C’est pour ça qu’on fait ça. Ça a parfois le goût du sang et ça fait mal, mais ça procure un sentiment incroyable. »
« Côte à côte, on a traversé la merde »
Derrière cette recherche du combat se cache surtout une dimension collective. Pour Ludlam, les moments difficiles traversés sur un terrain créent entre les joueurs une proximité qu’il n’a retrouvée nulle part ailleurs dans sa vie.
Il peine même à définir précisément cette sensation tant elle repose sur une accumulation de gestes et de regards presque imperceptibles.
Le troisième-ligne évoque cette connexion particulière après avoir combattu ensemble :
« C’est un peu flou. T’es au milieu des gars, épaule contre épaule. Avec une proximité des âmes parce qu’on a vécu un truc dur, ensemble. Côte à côte, on a traversé la merde. De toute ma vie, je n’ai jamais ressenti un sentiment de connexion aussi fort. »
Cette solidarité se manifeste également dans les moments de fragilité :
« C’est plein de petits trucs infimes mais si puissants. Un regard de soutien pour celui qui s’est raté, s’en veut, est mal à l’aise dans le vestiaire, c’est une forme de beauté. »


C est un bon choix de capitaine.
Le discours est vrai et l homme l applique sur le terrain.
Avec toutes les qualités des gars dans cet effectif rester en bas de tableau serait une anomalie dont il faudra bien trouver l origine.