Joris Segonds désemparé sur sa blessure : « Je ne comprenais pas ce qui se passait »

Joris Segonds désemparé sur sa blessure : « Je ne comprenais pas ce qui se passait »

Le jeudi 24 septembre 2026 à 14:45 par David Demri

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Joris Segonds voit enfin le bout du tunnel. Touché à la cheville lors du match amical contre Toulouse, l’ouvreur de l’Aviron Bayonnais pensait initialement avoir subi un simple choc.

La blessure s’est finalement révélée plus sérieuse, avant qu’une infection ne vienne considérablement compliquer sa rééducation. Après cinq semaines sans terrain, quinze jours sous antibiotiques et une période durant laquelle il ne pouvait même plus poser le pied au sol, Segonds a enfin repris l’entraînement collectif.

L’épisode est d’autant plus frustrant que le Bayonnais sortait d’une préparation estivale particulièrement intense. Après une dernière saison éprouvante, il avait profité de l’été pour se régénérer et perdre deux kilos avant d’être brutalement stoppé.

Un simple choc devenu une déchirure

Au départ, rien ne laissait forcément présager une aussi longue indisponibilité.

Segonds avait simplement reçu un coup lors de la rencontre amicale face au Stade-Toulousain. Mais les examens et l’évolution de sa cheville ont révélé une tout autre réalité.

L’ouvreur raconte dans Midi Olympique comment la situation s’est progressivement compliquée :

« Ça va un peu mieux. J’ai eu pas mal de pépins sur cette cheville. De base, c’était juste un petit choc reçu contre Toulouse, qui s’est transformé en une déchirure partielle sur la syndesmose. J’ai aussi eu une infection quand j’ai eu l’infiltration. Ce n’était pas la folie… »

Cette infection a fortement perturbé sa reprise. Quelques jours encore avant son retour à l’entraînement, Segonds était incapable de courir normalement.

Il ne comprenait alors pas pourquoi son travail de rééducation ne produisait pas les effets espérés :

« J’ai réussi à courir cette semaine, alors que c’était quasiment impossible la semaine dernière. Je ne pouvais même pas faire du 10km/h en footing, je ne comprenais pas ce qui se passait. Quand tu t’entraînes dur pour revenir et que ça ne marche pas, c’est embêtant. Là, ça fait du bien de retrouver l’équipe et de pouvoir recourir. »

Cinq semaines sans mettre les pieds sur un terrain

La situation s’améliore désormais, même si le retour aux appuis nécessite encore une phase d’adaptation.

Après plus d’un mois exclusivement passé en salle, le corps doit retrouver les sensations du terrain :

« Non, ça va beaucoup mieux. Après, j’ai passé cinq semaines en salle, je n’ai pas fait de terrain, donc les premiers appuis sont assez douloureux. C’est normal suite à l’infection. Là, en étant strappé, ça va et j’espère que ça va le faire. »

Pour la première fois depuis le début de sa carrière professionnelle, Segonds a ainsi été contraint d’assister au démarrage du championnat sans pouvoir jouer.

Une situation d’autant plus pénible qu’il est longtemps resté dans le flou concernant sa cheville :

« Oui, depuis que j’ai commencé le rugby professionnel, c’est la première fois. C’est frustrant, car tu as toujours envie d’être sur le terrain, et c’était surtout gênant et “relou”, car je ne savais pas trop ce que j’avais. »

« Je ne pouvais plus poser le pied au sol »

Pour venir à bout de l’infection, le Bayonnais a dû suivre un traitement antibiotique pendant deux semaines.

Et au plus mauvais moment, la situation était devenue particulièrement handicapante.

Segonds révèle qu’il lui était même devenu impossible de poser son pied par terre :

« J’ai été sous antibiotiques pendant quinze jours, l’infection m’a pas mal gêné sur toute la rééducation de la cheville. Le premier jour, je ne pouvais plus poser le pied au sol tellement il était infecté. Ce n’était pas la folie… Une fois l’infection partie, j’ai pu enchaîner avec la réhabilitation et cela m’a fait le plus grand bien. »

« On en a chié cet été »

Cette blessure a également été difficile à encaisser en raison des efforts consentis pendant toute la préparation.

Après la lourde défaite concédée par Bayonne à Pau, Segonds retrouve un groupe revanchard. À titre personnel, il savoure surtout le simple fait de pouvoir remettre les pieds sur une pelouse.

Voir disparaître en quelques jours les bénéfices d’un mois et demi de travail a été particulièrement frustrant :

« Forcément. Après la lourde défaite à Pau, pas mal de mecs sont revanchards. À titre personnel, le fait de refouler les pelouses fait du bien. C’est dur, quand tu fais une préparation entière à t’entraîner comme un fou – car on en a chié cet été – de rester à la maison sur le début de saison et de ne même pas pouvoir marcher. C’est pénible quand tu t’y files pendant un mois et demi et que tu perds tout, ensuite, en même pas deux semaines. »

Et cette préparation avait été particulièrement exigeante.

Contrairement aux deux étés précédents, Segonds a cette fois effectué l’intégralité du programme avec ses coéquipiers.

Les premières semaines avaient été presque exclusivement consacrées au physique :

« Je n’avais pas fait les deux préparations précédentes avec le reste du groupe car j’étais en tournée. Là, je l’ai faite de A à Z. Au début, on touchait très peu de ballons. C’était du physique bête et méchant, mais ça nous a fait du bien. Je pense qu’on est plus en forme que la saison dernière. Maintenant, il faut que ça dure toute la saison, car en début de championnat, toutes les équipes sont prêtes. J’espère que ça paiera en décembre. »

Deux kilos perdus et un organisme régénéré

Segonds avait également profité de son été pour s’affûter.

L’ouvreur avait perdu deux kilos et ressenti les bénéfices de ce travail dès le match amical contre Toulouse :

« Oui, deux kilos. En plein milieu de l’été, je m’étais déjà remis au sport. Ça fait toujours du bien, tu te sens un peu plus léger et je l’ai surtout ressenti en amical. Face à Toulouse, je ne me sentais pas du tout fatigué. Là, pendant mon absence, j’ai plus fait du cardio en salle, beaucoup de vélo, mais ce n’est pas la réalité du terrain. »

Cette préparation répondait aussi à un besoin après une saison précédente éprouvante. Le Bayonnais reconnaît que son organisme avait fini par accuser le coup, dans un contexte où les résultats devenaient également plus difficiles.

Cinq semaines de vacances consécutives lui avaient permis de véritablement couper avant de repartir :

« Ce n’était pas la meilleure saison que l’on ait faite. On avait un peu surfé sur la dynamique de l’année d’avant, tout était beau, rose… Ce n’est pas du tout une excuse, mais mon organisme était un peu fatigué. En fin de saison, lorsqu’on voyait qu’on ne gagnait plus, c’était dur dans les têtes et le corps a tendance à écouter la tête. »

Segonds estime aujourd’hui avoir retrouvé l’énergie qui lui manquait :

« La fin de saison a été un peu compliquée, mais l’été m’a permis de bien me régénérer. Je ne suis pas parti en tournée. J’ai eu cinq semaines consécutives de vacances, j’ai pu me reposer. C’était ce dont j’avais besoin et là, j’ai juste hâte de reprendre la saison et le championnat. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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