Romain Ntamack explique pourquoi Toulouse accepte parfois de moins jouer
Romain Ntamack explique pourquoi Toulouse accepte parfois de moins jouer
Le vendredi 25 septembre 2026 à 18:38 par David Demri
Publicité
Le Stade Toulousain aime attaquer, faire vivre le ballon et profiter du désordre pour déstabiliser ses adversaires. Romain Ntamack l’assume pleinement et va même jusqu’à parler de « l’ADN » du club. Mais le demi d’ouverture rappelle également une réalité : produire du beau jeu ne suffit pas pour gagner des titres et Toulouse doit parfois accepter de devenir beaucoup plus pragmatique.
Avant la réception de Montpellier, Ntamack s’est longuement exprimé sur la philosophie de jeu toulousaine. Une identité transmise très tôt aux joueurs formés au club, mais qui ne doit jamais faire oublier l’objectif prioritaire : gagner.
« Marquer de beaux essais n’a jamais fait gagner de titres »
Depuis trois saisons, le Stade Toulousain possède la meilleure attaque du Top 14. Une statistique qui correspond parfaitement à la culture offensive cultivée au sein du club.
Ntamack explique que cette volonté de jouer est transmise dès la formation :
« On nous imprègne cette envie de faire vivre le ballon depuis le plus jeune âge. Tout le monde a envie de produire du beau jeu et de marquer de beaux essais. Néanmoins, marquer de beaux essais n’a jamais fait gagner de titres. »
Le numéro 10 ne veut donc pas opposer spectacle et efficacité. Lorsque les deux peuvent être associés, Toulouse ne s’en prive pas. Mais lorsque le contexte impose un rugby différent, le résultat reste prioritaire.
Pour Ntamack, gagner doit toujours passer avant la manière :
« C’est sûr que c’est toujours mieux de gagner en faisant le spectacle mais le principal est de savoir marquer plus de points que l’adversaire. Rentrer dans le vestiaire à la fin de match avec les 4 points en poche. C’est le minimum et le plus important selon moi. »
Toulouse prêt à gagner autrement
Le déplacement à Rennes contre Vannes en a offert un exemple. Toulouse n’avait pas livré une prestation pleinement maîtrisée, mais avait tout de même réussi à repartir avec la victoire.
Ntamack assume totalement la nécessité de s’adapter à certaines rencontres :
« Par exemple, le match à Rennes du week-end dernier n’a pas du tout été abouti. Mais il faut savoir gagner ces matchs à l’extérieur avec des contextes compliqués. Parfois, tu tombes sur des défenses agressives, des défenses qui sont dures à manœuvrer. S’il faut gagner grâce à des pénalités, c’est ainsi. Tant que tu marques plus de points que l’adversaire… »
Le plaisir reste évidemment essentiel dans la philosophie toulousaine. Mais il ne doit pas devenir une obsession empêchant l’équipe de modifier son rugby lorsque la rencontre l’exige.
Le Toulousain accepte ainsi l’idée d’un jeu parfois moins spectaculaire :
« Bien évidemment. Toujours. Seulement, parfois, tout ne se passe pas comme prévu. Il faut savoir faire le dos rond, restreindre nos ambitions et produire un jeu moins éclatant. On a tous envie de prendre du plaisir mais le but est de savoir s’adapter. On a déjà gagné des matchs sans être les meilleurs ou les plus flamboyants. »
« Faire mal pendant une sorte de chaos »
Cette capacité d’adaptation n’efface cependant pas l’identité profonde du Stade Toulousain. À l’entraînement comme en match, les joueurs cherchent à exploiter les situations de désordre.
Ntamack résume cette philosophie avec une formule particulièrement forte :
« Oui, on aime jouer dans un certain désordre. Faire mal pendant une sorte de chaos, c’est un peu l’ADN de notre club. Parfois, sur le match, on arrive à s’y retrouver, parfois ça nous coûte cher de trop jouer. »
Cette ambition offensive comporte nécessairement une part de risque. Toulouse doit donc continuellement déterminer jusqu’où aller dans sa volonté de faire vivre le ballon.
Un équilibre que les Toulousains travaillent chaque semaine :
« Jouer devant la défense, ça reste dangereux si tu fais des erreurs. Il faut savoir trouver cette balance. C’est ce que l’on travaille toutes les semaines à l’entraînement. »

