« C’était le néant du rugby » : Thierry Louvet très inquiet malgré la victoire du RCT
« C’était le néant du rugby » : Thierry Louvet très inquiet malgré la victoire du RCT
Le mardi 29 septembre 2026 à 9:00 par David Demri
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Le RCT a enfin débloqué son compteur de victoires en dominant Vannes avec le bonus offensif. Mais pour Thierry Louvet, les cinq points ne doivent surtout pas masquer les énormes difficultés affichées par les Toulonnais pendant une grande partie de la rencontre.
Dans l’émission Tribune Mayol, il s’est montré particulièrement sévère sur les 50 premières minutes du RCT, allant jusqu’à parler de « néant du rugby ». Il s’inquiète surtout de l’absence de fil conducteur collectif, même s’il a apprécié les performances de Tomas Albornoz, Junior Kpoku ou encore Lewis Ludlam.
Après trois défaites, Toulon avait avant tout besoin de gagner. Sur ce point, la mission a été remplie avec cinq points récupérés contre Vannes.
Thierry Louvet reconnaît donc volontiers que l’essentiel comptable est assuré. Mais le scénario de la rencontre l’empêche de se satisfaire totalement de ce succès.
Le début de saison du RCT était tel qu’il n’abordait même pas cette réception avec une sérénité absolue :
« Alors si on reste uniquement sur le plan comptable, on va dire que c’est fait. Les cinq points sont pris donc comptablement, il n’y a rien à dire. Normalement, on ne devait pas avoir d’inquiétude. De dire que Toulon reçoit Vannes, normalement, Toulon doit gagner contre Vannes et sans faire injure à Vannes. Cela paraît logique et irréfutable. Mais étant donné le début de saison, on pouvait se poser des questions. Et étant donné le match, on a eu un peu peur quand même. »
« C’était la deuxième équipe de Vannes »
Thierry Louvet ne veut pas faire du choix des hommes effectué par Pierre Mignoni le cœur du débat. Il rappelle notamment que l’état physique précis des joueurs n’est pas connu de l’extérieur, prenant l’exemple de Charles Ollivon et de son retour de blessure.
Pour lui, le problème du RCT est beaucoup plus profond qu’une simple composition d’équipe :
« Sur le match, je ne sais pas si ce sont les remplaçants qui ont fait basculer le match en rentrant ou si c’est les Vannetais ont commencé un peu à lâcher du mou. Les compositions d’équipes, on peut toujours les discuter car nous on voit tout cela en décalé. On ne connait pas l’état de forme des gars. Charles Ollivon revient d’une grosse blessure et je ne sais pas s’il était à 100%. Ce sont des choix de Pierre Mignoni et il estime que certains joueurs sont en meilleure forme par rapport à d’autres. On ne va pas faire une polémique sur la composition d’équipe car ce n’est pas la chose qui fait qu’en ce moment notre équipe ne tourne pas très bien. »
Ce qui l’interpelle davantage est l’identité de l’adversaire aligné à Mayol.
Louvet insiste sur ce point :
« Puis il ne faut pas se masquer la face : c’était la deuxième équipe de Vannes. Et c’est compliqué pour nous pendant 50 minutes. »
« La première mi-temps a été catastrophique »
C’est sur le contenu proposé avant la pause que son jugement devient particulièrement sévère.
Thierry Louvet espérait voir une équipe Toulonnaise revancharde après trois défaites, capable d’imposer immédiatement sa puissance devant son public. Il a assisté au scénario inverse.
Son constat sur la première période est sans concession :
« La première mi-temps a été catastrophique. C’était le néant du rugby. On ne fait rien, on est en incapacité de créer et de proposer quelque chose qui dure un peu plus de 2 minutes dans la tenue du ballon. Tous les ballons sont tombés avec des en-avants ou alors tu les rends au pied car tu n’as pas de solution, tu ne sais pas quoi faire, tu es bousculé. On a été bousculé par Vannes pendant 50 minutes. C’est choquant ! »
Il s’attendait pourtant à une réaction beaucoup plus spectaculaire pour cette première victoire recherchée à domicile.
Au lieu de voir Toulon prendre son adversaire à la gorge, il estime avoir assisté exactement au contraire :
« Quand tu regardes ce match à domicile… Tu as perdu trois matches, tu reçois le dernier à la piaule, tu te dis bon, logiquement, en tant qu’idiot parfait du village que je fais, tu te dis que… Je rêve encore certainement mais je voulais voir Toulon dévaster un peu tout le monde ! Tu te dis que devant ils vont les concasser et derrière ça va arriver de tous les côtés et ça va jouer les ballons. Puis non, tu attends et c’est le contraire qui se passe. Ce sont les autres qui font ce que toi tu devais faire. »
« S’il avait mis l’équipe type en face, ça aurait senti mauvais »
La composition Vannetaise renforce encore sa frustration.
Pour Thierry Louvet, le scénario aurait pu devenir particulièrement dangereux si le RCT avait affronté une formation Bretonne avec davantage de cadres.
Il refuse surtout l’excuse d’un simple retard à l’allumage en début de saison :
« Le pire, c’est qu’en regardant la composition de Vannes, tu ne sais pas qui sont les joueurs, tu te dis que ça va dérouler. Et à la sortie, tu te dis que s’il avait mis l’équipe type en face, ça aurait senti mauvais. C’est ce qui est le plus frustrant car comptablement tout le monde est content. Puis dire que c’est le début de saison, c’est fini ces choses là. Les mecs jouent leur 4ème match, ça fait un mois et demi qu’ils s’entrainent… »
Reste alors la question de la confiance, déjà évoquée autour du groupe Toulonnais.
Mais Louvet ne voit pas encore clairement comment la retrouver.
Il s’interroge ouvertement :
« Est-ce que c’est la confiance ? Franck Azéma dit qu’il faut prendre confiance, mais je ne sais pas : comment ? de quelle manière ? Il faut faire quoi pour que ces joueurs qui sont normalement de bons joueurs de rugby puissent prendre la confiance pour arrêter de se filer des ballons dans la tête. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. »
« C’est grave d’attendre l’exploit d’un mec »
L’entrée de Baptiste Serin a contribué au changement de physionomie de la rencontre.
Mais pour Thierry Louvet, attendre qu’un joueur débloque presque individuellement une situation constitue justement l’un des symptômes des difficultés actuelles.
Il réclame avant tout un projet collectif beaucoup plus identifiable :
« Quand tu fais entrer Baptiste Serin, tu te dis qu’il va faire un truc à lui seul. Donc c’est grave, sur une équipe, d’attendre l’exploit d’un mec pour gagner ton match. Il faut que tout le monde adhère à notre jeu et aille dans le même sens. C’est ce qui manque dans cette équipe. Tu as l’impression qu’il n’y a pas de fil conducteur. Personne ne sait trop ce qu’il doit faire et comment jouer. Quand tu es un joueur de rugby, tu joues au rugby point barre. Tu sens les choses, tu joues au rugby, il faut arrêter de penser que c’est la recette pour faire de l’or. »
La deuxième période a finalement permis à Toulon de faire la différence. Louvet y voit à la fois l’influence des leaders sortis du banc et la baisse de régime de Vannes.
Le résultat est là, mais ses réserves demeurent :
« En seconde mi-temps, il y a eu plusieurs éléments : le fait de faire rentrer un peu d’autres joueurs, des leaders. Puis aussi le fait que Vannes a commencé à lâcher. Tu fais entrer des leaders, eux sont fatigués et tu enclenches la première et tu fais le match pour récupérer tes 5 points. Mais dans le contenu, c’est compliqué, c’est chaud. »
Un bon groupe qui ne parvient pas encore à fonctionner ensemble
Le problème ne serait pourtant pas humain.
D’après les échanges qu’il a pu avoir, Thierry Louvet estime que les joueurs s’entendent bien et que le groupe vit correctement. Il attend désormais que cette cohésion se traduise dans le rugby proposé.
C’est précisément là qu’il identifie le chantier principal :
« J’ai un peu discuté avec certains. Je pense que les joueurs se sentent bien entre eux, ils ont confiance, c’est un bon groupe. Mais malheureusement, c’est sympa de se sentir bien mais à un moment il faut que ça se ressente sur le terrain. Se sentir bien juste car on se voit à l’entrainement et qu’on est content de se voir, ouai mais il faut que sur le terrain ce soit autre chose. Il faut un cheminement de la part des joueurs et du staff pour trouver à un moment donné ce chemin. Mais pour le moment, ils n’arrivent pas encore à prendre ensemble. »
Albornoz, Kpoku et Ludlam donnent des raisons d’espérer
Tout n’est cependant pas négatif dans son analyse.
Thierry Louvet voit notamment en Tomas Albornoz le numéro 10 capable d’apporter énormément au jeu Toulonnais.
Il attend désormais que les joueurs autour de l’Argentin accompagnent davantage ses initiatives :
« On sait que Tomas Albornoz est un joueur de classe internationale. C’est ce dont nous avons besoin, et en 10 c’est rare, il faut les trouver et il n’y en a pas beaucoup. Je pense qu’il va faire du bien à la ligne de trois-quarts en alignant une ligne qui puisse fonctionner. Baptiste Serin fait des petits coups de filou et il met un peu le feu alors que notre 10 est capable de faire des choses dans le jeu. C’est plutôt bien mais il faut des gars à côté qui comprennent que le garçon va faire un truc donc il faut se porter à hauteur, être au soutien. »
Devant, deux Anglais ont particulièrement retenu son attention : Junior Kpoku et Lewis Ludlam.
Louvet a apprécié leur activité et notamment les trois ballons récupérés par Kpoku :
« Ludlam et Kpoku ont beaucoup apporté. Kpoku a été très intéressant dans la récupération car il en gratte trois. C’est plutôt pas mal. Il s’est bien envoyé. Sur ce que j’ai vu, ce sont les deux qui ont mis un peu de coeur à l’ouvrage. Si les cinq autres avaient été au même niveau, il n’y aurait pas eu de match contre Vannes. Ribbans est un super joueur mais je veux que le 5 de devant touche moins de ballons mais qu’il me fracasse les mecs. Ca ferait un peu de place pour que les autres puissent jouer. Lewis Ludlam fait le job, il n’y a rien à dire. Les Anglais à Toulon, ça match. »
« Ouille, aïe, aïe » avant Montpellier
Le prochain rendez-vous face à Montpellier constituera donc un nouveau test.
Le MHR reste sur une lourde défaite à Toulouse, mais Louvet ne considère absolument pas que cela rendra la tâche plus simple pour le RCT.
Au regard des prestations Toulonnaises depuis le début de saison, il s’attend au contraire à un match très compliqué :
« Contre Montpellier on va jouer sur terrain neutre et c’est bien pour nous. Mais Montpellier en a pris 40 à Toulouse donc ce sera compliqué. Etant donné ce que l’on voit depuis le début de la saison, tu peux dire ouille aïe aïe. Ca va être très dur. Ils en ont pris 40 à Toulouse mais ils ont gagné à Vannes et ils ont montré qu’il y avait du potentiel. Donc il va falloir vraiment resserrer les rangs. »


Au delà de la qualité des joueurs, des absents, des compo que je trouve souvent hasardeuses, il y a trop peu de joueurs qui ont la « hargne ». Samedi sans Serin, Albornoz et Kpoku on perdait le match. Toujours et toujours les individualités, jamais l’équipe.
Entièrement d’accord avec l’Indien .
complètement d’accord avec Louvet également. C’est mou, le jeu est stéréotypé et devant on n’est pas dominateur. la qualité du système de jeu proposé après 4 journées me laisse très perplexe pour la suite de la saison, j’espère de tout coeur me tromper
Oui énorme progression a accomplir.Afin d’être davantage dominant et efficace ds les zones de marque.Quelques satisfactions individuelles
On attends des progrès collectifs….
J adore ce site
https://www.tahiti-infos.com/Nuit-du-Rugby-Un-trophee-d-honneur-pour-Wilkinson_a111236.amp.html
Excellente analyse. Lucide et claire
Que les Coaches en prennent de la graine
Ce n’ est pas si simple Platon , si tu as un peu entraîné dans ta vie du dois savoir qu’entre le constat d’une situation et la mise en œuvre d’une évolution il y a un fossé.
Sinon tout le monde jouerait parfaitement et personne ne ferait d’erreur, s’il suffisait de ne voir que les faiblesses.
Malheureusement c’est un sport de haut niveau où tout le monde bosse comme des dingues avec des effectifs toujours plus forts et où l’on se nourrit des fautes adverses que l’on provoque ou pas …
La mise en œuvre des solutions est bien plus complexe et nécessite un facteur humain primordial.
Ce que je veux dire c’est que ce n’ est pas de la play station comme beaucoup le croient (le croivent, comme disent nos ados ! Lol)
C’est toujours facile les analyses devant sa télé ou au café du coin .
Certains se pensent meilleurs entraîneurs que des pro aguerris et qui ont des références , c’est un manque d’humilité choquant.
Même Thierry Louvet , s’il est un joueur reconnu que je respecte infiniment et qui n’a pas tort du tout sur son analyse , il ne rentre pas sur le terrain des explication des solutions à mettre en œuvre car que ferait t-il lui même (?) personne ne le sait .
Lui même a peu de références sur l’entraînement et le coaching de haut niveau.
Alors il reste humble et n’accuse pas comme beaucoup ici , il constate, point.
Il ne condamne personne et cherche des solutions.
C’est ce que j’apprécie dans ses analyses .
Il sait que pour arriver en haut c’est long et très difficile et encore plus aujourd’hui où le rugby n’a rien à voir avec celui de son époque, ni même de la mienne d’ailleurs.
Alors messieurs les censeurs un peu moins d’excès dans vos jugements et plus d’humilité seraient bienvenus car pour certains lecteurs extérieurs à la régions nous passons pour des bas du front.
Ce que les gens extérieurs à la région pensent de nous c’est bien le cadet de nos soucis.
Ensuite on lui demande de nous livrer son analyse et il le fait, il en a parfaitement le droit encore plus en tant qu’illustre joueur du RCT et ancien entraîneur professionnel.
Chacun y va de son constat et c’est le droit de tout supporter.
Ne pas s’interroger sur le jeu pratiquer serait signe d’une faible connaissance rugbystique.
En tant qu’ancien joueur non pro Louvet s’envoyait plus sur le terrain que certains de nos joueurs actuels (bien plus payés et pro), il est donc en droit de s’interrogeait sur l’inactivité de certains.
Ceci étant dit, j’espère de tout coeur que les choses vont s’améliorer avec le temps car samedi dernier la copie rendue était vraiment inquiétante.
Du temps de Louvet, les matchs de TOULON se résumaient à de la boxe et du catch, la beauté du jeu, on s’en battait les c……alors ses commentaires sur le jeu du RCT, nul au demeurant, sont trop primaires et remplis de Lapalissades !
Il fut un temps , venir jouer à Mayol c’étaient l’enfer pour les équipes adverses , désormais ils viennent chez nous en claquettes !!! et toi supporters tu trembles jusqu’à la fin du match . Chercher l’erreur
bravo et merci Thierry , je n ai …pour une fois rien a rajouter ! …tout est parfaitement dit …mais ca ne derange personne au sein des instance du club , donc tout va bien dans le meilleur des mondes !…le bateau coule lentement mais surement !
Analyse parfaite
Excellente analyse là où cela fait mal comme il le dit devant on ne fracassé plus personne….des agneaux…