Plaquage dramatique sur Mathias Dantin : la peine du rugbyman alourdie en appel !
Plaquage dramatique sur Mathias Dantin : la peine du rugbyman alourdie en appel !
Le mardi 29 septembre 2026 à 20:06 par David Demri
Publicité
Près de quatre ans après le drame qui a bouleversé la vie de Mathias Dantin et de sa famille, la justice a de nouveau reconnu coupable le joueur à l’origine du plaquage.
La cour d’appel de Pau a alourdi sa peine en la portant à douze mois avec sursis. Pour les parents de Mathias, devenu tétraplégique après cette rencontre UNSS disputée à Tarbes en septembre 2022, une autre bataille peut désormais commencer : celle de l’indemnisation.
Le 14 septembre 2022, Mathias Dantin avait seulement 16 ans lorsqu’un tournoi de rugby UNSS a fait basculer sa vie.
À la suite d’un violent plaquage sur un terrain de Tarbes, l’adolescent avait perdu l’usage de ses jambes et de ses bras.
Plusieurs années de procédure judiciaire ont suivi.
Une peine alourdie en appel
En février 2025, le joueur Toulousain responsable du plaquage avait été reconnu coupable en première instance par le tribunal de Tarbes.
Le dossier a ensuite été examiné par la cour d’appel de Pau, qui a rendu sa décision le 10 septembre dernier.
Le jeune rugbyman a une nouvelle fois été déclaré coupable et sa peine a été portée à douze mois avec sursis, contre neuf mois avec sursis en première instance.
Pour Jérôme Dantin, le père de Mathias, cette confirmation judiciaire constitue un soulagement. Mais elle s’accompagne aussi d’une profonde amertume face à la longueur de la procédure.
Via La Nouvelle République des Pyrénées, il retient notamment que les deux juridictions n’ont pas considéré les faits comme une simple maladresse.
« On est soulagé que le tribunal de Tarbes, puis celui de Pau, aient entendu notre témoignage. J’ai pour ma part, toujours fait valoir que c’était une agression et les juges ont déterminé qu’il ne s’agissait pas d’une maladresse. Mais, là où je ne suis pas satisfait, c’est qu’en plus d’avoir vu notre vie perturbée, nous avons perdu du temps. On nous a fait perdre un an et demi pour rien. Notre deuxième bataille peut enfin commencer, et il était temps. »
Une nouvelle bataille pour l’indemnisation
Cette « deuxième bataille » sera désormais civile et financière.
Avec son avocate, la famille de Mathias doit travailler sur l’évaluation du préjudice et des dépenses engendrées par son handicap.
Depuis le drame, le quotidien de toute la famille a été bouleversé.
Jérôme Dantin décrit l’ensemble des rôles que lui et son épouse ont dû endosser auprès de leur fils.
« On va devoir se battre à nouveau avec l’État et les assurances pour que Mathias puisse se reconstruire. Ce handicap nous a beaucoup coûté, financièrement, socialement, humainement. Ma femme et moi, en plus d’être parents, on est devenu chauffeurs, comptables, cuisiniers, infirmiers, psychologues… On est les bras et les jambes de notre fils. »
Les sommes déjà engagées donnent une idée de l’ampleur des besoins.
17 000 euros pour son fauteuil, 38 000 pour sa voiture
Le fauteuil électrique de Mathias représentait initialement une dépense de 35 000 euros. Grâce aux différentes aides obtenues, la famille a finalement dû débourser 17 000 euros.
Une somme déjà considérable malgré les dispositifs dont elle a bénéficié.
« Et encore, on a de la chance d’avoir eu des aides car il coûtait 35 000 € initialement. »
Il a également fallu acquérir un véhicule spécialement équipé pour le transport d’une personne handicapée.
La famille est allée chercher une voiture d’occasion près de Marseille pour 38 000 euros.
Jérôme Dantin souligne que de nombreuses familles peuvent se retrouver confrontées à des dépenses similaires.
« On a été la chercher à côté de Marseille. Même d’occasion, nous avons dû débourser 38 000 €. Mais combien de parents, comme nous, font face à ces épreuves ? »
Le joueur avait plaidé un geste involontaire
Lors de son procès à Tarbes, le rugbyman poursuivi avait défendu une autre lecture des faits.
Il assurait ne jamais avoir eu l’intention de blesser Mathias.
Le joueur avait présenté le plaquage comme un geste mal maîtrisé.
« C’était certainement un geste mal maîtrisé, mais surtout pas dans l’intention de lui faire du mal. »
Son avocat, Me Nakache, avait de son côté alerté sur les conséquences que pourrait avoir, selon lui, une judiciarisation des plaquages dangereux dans le rugby.
Il mettait en garde contre ce qu’il considérait comme un risque d’arbitraire.
« Le danger ici, c’est l’arbitraire. Si l’on poursuit les plaquages cathédrales pratiqués tous les week-ends en France, on met ce sport à mort. »
La défense rappelait également que le joueur n’avait pas d’antécédent judiciaire et avait reçu deux cartons rouges en dix années de pratique.
La cour d’appel de Pau a néanmoins confirmé sa culpabilité et alourdi sa peine. Pour la famille Dantin, la procédure va maintenant se déplacer sur le terrain de l’indemnisation et de la prise en charge des conséquences durables du drame.

