Les déclarations d’avant-match de l’USAP vieillissent très mal
Les déclarations d’avant-match de l’USAP vieillissent très mal
Le samedi 3 octobre 2026 à 21:13 par David Demri
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Le contexte semblait idéal pour tenter un coup. Avant de se rendre à Créteil, Perpignan ne cachait pas ses ambitions face à un Racing 92 en difficulté, battu lors de ses deux premières réceptions de la saison.
Plusieurs déclarations Catalanes témoignaient d’une réelle volonté de profiter de la situation. Quelques jours plus tard, elles prennent forcément une autre dimension : les Franciliens ont répondu sur le terrain avec huit essais et une victoire bonifiée 55-25.
L’USAP arrivait pourtant en confiance après sa victoire contre Bordeaux-Bègles (38-25).
En face, le Racing traversait une période beaucoup plus délicate. Les Franciliens avaient perdu trois de leurs quatre premières rencontres et restaient surtout sur deux défaites en deux matches disputés à Créteil.
Une fragilité dont Perpignan espérait clairement profiter.
« On monte à Paris pour essayer de déclencher un truc »
Dans les jours précédant la rencontre, Jacques-Louis Potgieter avait ainsi affiché l’ambition Catalane de débloquer enfin quelque chose à l’extérieur.
La victoire contre Bordeaux devait servir de tremplin pour aller chercher un résultat loin d’Aimé-Giral.
« Il faut pouvoir avoir de la confiance à l’extérieur, et démarrer une nouvelle série. On monte à Paris pour essayer de déclencher un truc et la performance contre l’UBB peut nous aider à franchir un palier. »
Le discours était ambitieux, même si Potgieter avait également pris soin de tempérer l’enthousiasme après la victoire contre l’UBB.
Il affichait néanmoins sa conviction que Perpignan finirait rapidement par débloquer son compteur loin de ses bases.
« Nous avons plus de mecs avec de la bonne énergie aujourd’hui. On finira bien par gagner loin de chez nous. On doit être focus sur notre équipe, comme on l’a fait contre Castres et Bordeaux-Bègles. On a fait des constats, et on se doit d’être réguliers sur tout un match et pas par intermittence comme on l’a déjà fait. »
Avant de prévenir :
« On garde les pieds sur terre. Nous devons être lucides, en prenant match par match. Et si nous irons à fond partout où nous nous présenterons, on se doit d’être calmes et mesurés pour bien jouer au rugby. »
McGrath n’avait « aucun doute » sur la future réussite à l’extérieur
Luke McGrath avait lui aussi évoqué cette incapacité chronique de l’USAP à gagner loin de Perpignan.
L’ancien joueur du Leinster se montrait particulièrement confiant concernant la capacité de sa nouvelle équipe à inverser cette tendance.
Ce qu’il observait à l’entraînement lui donnait beaucoup d’espoir.
« J’ai réalisé que c’était très dur pour Perpignan de s’imposer loin de ses bases. Maintenant, je n’ai joué que deux rencontres sous ce maillot à l’extérieur et j’ai pu voir combien il était compliqué de voyager dans ce championnat. Il faut mettre en place des petits détails et quand je vois nos entraînements, je n’ai aucun doute sur la suite et notre future réussite lors de nos prochains déplacements. »
Cedate Gomes Sa se montrait plus prudent mais confirmait lui aussi l’objectif.
« On a préparé ce rendez-vous comme un match à l’extérieur, avec la difficulté que l’on sait quand on se déplace. On travaille fort pour chercher ce résultat, avec pour objectif de faire 80 minutes pleines. On sera attendu, avec une équipe qui joue la qualification chaque année. Et même s’il n’y a pas trop de public, on se concentrera sur nous pour être bien ensemble durant le match. »
Le Racing avait entendu le message
Autour de l’USAP, la possibilité d’un gros coup avait même dépassé le vestiaire Catalan. À la veille de la rencontre, Rugbyrama pronostiquait une victoire de Perpignan et estimait que les hommes de Laurent Labit sentaient qu’une opportunité existait face à un Racing fragilisé.
Sauf que ce climat d’avant-match a aussi piqué les Franciliens.
Après la rencontre, Olivier Azam a clairement expliqué que le Racing avait entendu les ambitions adverses.
L’entraîneur des avants n’a pas caché sa satisfaction d’avoir répondu de cette manière.
« Gagner avec le bonus face à une équipe qui avait annoncé qu’ils voulaient venir nous enfoncer ici, ça fait plaisir d’avoir répondu en équipe et notamment réussir à se mettre dans des conditions qui ont fait que l’on a pu être performant. »
Et la réponse a effectivement été brutale.
De l’ambition affichée à 55 points encaissés
L’USAP voulait profiter d’un Racing en plein doute. Elle est finalement tombée sur une équipe Francilienne piquée et déterminée à stopper l’hémorragie.
Les hommes de Patrice Collazo ont inscrit huit essais et se sont imposés 55-25 avec le bonus offensif.
Après la rencontre, Laurent Labit reconnaissait lui-même l’échec de son équipe.
« On a perdu au contact et on a perdu beaucoup trop de ballons. Trop peu de moments favorables pour nous et trop de déchets. On a manqué de précision, de concentration et forcément on le paye cash. Aujourd’hui, on n’était pas au rendez-vous. »
Les ambitions affichées avant le déplacement n’avaient rien d’illégitime après la victoire contre Bordeaux et au regard des difficultés du Racing. Mais elles ont fourni un carburant supplémentaire à des Franciliens qui avaient impérativement besoin de réagir.
Perpignan voulait profiter de la fragilité du Racing pour enfin déclencher quelque chose à l’extérieur. C’est finalement le Racing qui s’est servi de cette menace pour lancer sa réaction.

