« Je pense énormément à lui » : Karim Ghezal très affecté par la démission de Pierre Mignoni

« Je pense énormément à lui » : Karim Ghezal très affecté par la démission de Pierre Mignoni

Le mercredi 7 octobre 2026 à 15:21 par David Demri

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Très proche de Pierre Mignoni, Karim Ghezal a longuement réagi au départ du désormais ex-Directeur du rugby du RCT.

L’entraîneur du LOU n’a éludé aucun sujet : leur relation personnelle, la brutalité du métier, l’investissement de Mignoni, les critiques concernant sa capacité à déléguer mais également la nécessité, pour les entraîneurs, de réussir à se préserver mentalement.

L’annonce du départ de Pierre Mignoni a particulièrement affecté Karim Ghezal.

Les deux hommes ont une longue histoire commune. Ils ont joué ensemble avant que Mignoni ne permette à Ghezal de faire ses premiers pas dans le métier d’entraîneur à Lyon.

« Ça me rend très triste de le voir partir »

Karim Ghezal avait encore retrouvé son ami cet été à Loudenvielle. Il lui a envoyé un message après l’annonce de son départ et compte désormais aller rapidement le voir.

Lors d’un entretien accordé à Midi Olympique, l’entraîneur Lyonnais a commencé par raconter cette relation particulière et sa tristesse de voir Mignoni quitter Toulon.

« Pierre est un ami. C’est quelqu’un avec qui j’ai joué, puis qui m’a lancé dans le coaching, en me mettant le pied à l’étrier ici, à Lyon… C’est quelqu’un pour qui j’ai une immense affection. Je l’avais vu à Loudenvielle cet été avec les arbitres, et j’ai passé les deux jours avec lui tellement j’étais heureux que l’on puisse partager du temps ensemble. Je lui ai envoyé un message hier et j’irai le voir très vite, c’est sûr.

Ça me rend très triste de le voir partir, mais ça montre aussi la dureté de ce métier. À la J5, voir déjà des managers qui sortent… Bon, à titre personnel, je suis sorti à la J4 il y a deux ans. C’est dire la difficulté de ce métier. Avec Toulon, il perd deux matchs d’un point, dont un où l’arbitrage vidéo ne fonctionne pas. S’il les gagne, il est à +6 au britannique, comme nous. C’est dire si ce métier et le Top 14 sont durs. Pierre est quelqu’un qui a énormément donné, qui ne triche pas. Partir alors qu’il lui restait deux ans de contrat montre la grande personne qu’il est avant d’être un très grand entraîneur. »

Pour Ghezal, la situation démontre notamment à quel point quelques résultats peuvent totalement bouleverser la trajectoire d’un entraîneur en Top 14.

Comment Ghezal tente de se protéger mentalement

La situation de Pierre Mignoni a également conduit le technicien du LOU à évoquer sa propre manière d’appréhender la pression inhérente à son métier.

Ghezal assume notamment la nécessité de réellement couper lors de certaines journées.

Il détaille les habitudes qu’il a mises en place pour préserver un équilibre en dehors du rugby.

« Les jours off, parfois, je ne viens même pas au club, je m’en vais à Annecy faire du vélo, et je ne suis plus joignable pour les journalistes (sourire). Je suis encore jeune, j’ai 45 ans, j’essaie de rester affûté. C’est essentiel d’essayer de couper. On a tous nos difficultés, on essaie de les gérer au mieux. Je suis coaché par quelqu’un, j’essaie de faire confiance au maximum à mon staff et, surtout, j’essaie de relativiser. Tant qu’on sait qu’on a tout donné et qu’on peut se regarder dans une glace, c’est le principal. Pierre, personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir tout donné, même à l’excès. Je suis persuadé que ses joueurs vont l’appeler très vite pour le soutenir, du moins je l’espère. »

Une dernière phrase qui résonne forcément au regard du départ brutal de Mignoni après seulement cinq journées de championnat.

Ghezal répond aux critiques sur la délégation

Depuis le départ du technicien Toulonnais, sa capacité à déléguer a notamment été interrogée.

Karim Ghezal possède sur ce sujet une expérience directe : il a été son adjoint pendant trois années.

Et son témoignage va clairement à l’encontre de cette critique.

Pour lui, Mignoni savait confier des responsabilités à ses adjoints.

« J’étais son adjoint et franchement, il a beaucoup délégué pendant ces trois ans. On a fait deux demi-finales. À Toulon, il a fait une demie de Top 14, une de Champions Cup, un titre en challenge après avoir déjà gagné un RCT deux Coupes d’Europe et un Brennus. Son palmarès, il est déjà immense et j’aimerais franchement avoir la même carrière que lui. Je l’apprécie énormément, je le répète, et je suis persuadé qu’il rebondira. C’est quelqu’un d’entier qui a énormément donné et qui a encore beaucoup à donner. »

Ghezal ne doute donc pas de la capacité de son ancien mentor à retrouver un nouveau projet.

« D’un week-end à l’autre, la marge est infime »

Au-delà du cas personnel de Mignoni, l’entraîneur Lyonnais s’interroge sur l’évolution générale du métier en Top 14.

Le départ d’un manager dès la cinquième journée constitue pour lui un nouveau rappel de la vitesse à laquelle une situation peut basculer.

Ghezal veut justement profiter de chaque instant passé sur un banc tout en conservant des espaces lui permettant de sortir de la pression quotidienne.

« Je pense énormément à lui, et ça me permet de me rappeler la chance que j’ai d’être sur un bord de touche ce week-end. Il faut le faire avec le sourire, parce que tout va très vite. D’un week-end à l’autre, la marge est infime entre une défaite et une victoire. C’est une évolution à suivre, celle du Top 14. Je n’ai pas à me plaindre, on y est tous préparés. C’est un constat. À nous de faire en sorte d’être performants. On est suivis pour ça, on est aidés, on a tous nos bulles personnelles qui nous servent à sortir de ça, à trouver des bouffées d’oxygène. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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5 Commentaires

  1. Tomprice 83) 7 octobre 2026 at 15h- Répondre

    Le problème de tout vouloir faire,on passe à c.ôté de certaines choses. La partie immergée de l’Iceberg était le sportif.La partie c.achée, mais essentielle ,c’est toute la stru.cture les vidéos, les exercices , etc….des jeunes au professionnel. C’est cette dernière partie qui m’inquiète au plus haut point. Il faut vite retrouver un Directeur Sportif qui reprendra le bon travail de PM, sinon le château de sable…s’écroulera…

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  2. Eetan 7 octobre 2026 at 16h- Répondre

    Entraineur a une durée dans le club il avait atteint son quota, je pense sincèrement que pm est une personne trop brave trop gentil aujourd’hui on ne peut plus l être avec la génération de joueurs actuel le Respect de tous n existe plus.

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    • Aloha93 7 octobre 2026 at 17h- Répondre

      Arrêtez de faire de l’âgisme, il est plus intéressant de chercher la raison dans l’évolution du statut, ou d’autres facteurs, que de penser générationnellement.

      Depuis la nuit des temps les anciens critiquent les plus jeunes, vous l’avez été aussi, c’est trop facile.
      Les anciens entraineurs n’étaient pas connus pour être gentils que ce soit dans le sport ou dans les entreprises.

  3. Kakoax 7 octobre 2026 at 17h- Répondre

    C’est simple, comme dans toute entreprise il faut allier efficacité et résilience : dans les 2 cas il y a du boulot au RCT. Que le club puisse tourner avec avant tout chose une efficacité dans le jeu mais aussi la résilience de l’ensemble du club en cas de départ.

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  4. Robert du RCT 7 octobre 2026 at 17h- Répondre

    Ghezal, si tu veux revoir Pierrot, il va te falloir prendre un billet d’avion pour les iles Fidjis !

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