La grosse mise au point de Louis Bielle-Biarrey : « Je n’ai pas du tout envie de jouer 10 ! »
La grosse mise au point de Louis Bielle-Biarrey : « Je n’ai pas du tout envie de jouer 10 ! »
Le vendredi 9 octobre 2026 à 16:45 par David Demri
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La polyvalence de Louis Bielle-Biarrey commence à donner quelques idées à l’Union Bordeaux-Bègles. Utilisé à l’ouverture durant la préparation puis quelques minutes à la mêlée contre Lyon, l’ailier international peut rendre de nombreux services, notamment depuis la blessure de Matthieu Jalibert.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : Bielle-Biarrey n’envisage absolument pas de devenir un ouvreur. Son objectif est ailleurs : devenir le meilleur ailier possible.
Louis Bielle-Biarrey est-il en train de devenir le couteau suisse de l’UBB ?
La question peut se poser. L’international Français a travaillé à l’ouverture pendant la préparation avant de connaître une expérience beaucoup plus inattendue au poste de demi de mêlée face à Lyon.
Pour autant, lui-même définit très clairement sa hiérarchie.
« En 10, en cas d’urgence extrême »
Bielle-Biarrey se considère avant tout comme un ailier, capable de dépanner à l’arrière. Pour le reste, il faudrait une situation particulièrement exceptionnelle. Il s’est confié pour RMC Sport :
« Non. Je suis un ailier qui peut dépanner à l’arrière. Et en 10 en cas d’urgence extrême, on va dire. On a des très bons joueurs au poste de 9 et de 10. C’est vrai que le fait que Matthieu (Jalibert) soit blessé, il ne reste plus qu’Hugo (Reus) en tant que numéro 10 de formation. Donc on essaie de tous agrandir un peu notre palette pour pouvoir, à un moment donné, suppléer au mieux. »
Accepter de travailler à l’ouverture lui demande néanmoins un véritable effort. Le poste impose des responsabilités et une maîtrise du jeu qu’il estime ne pas encore posséder suffisamment pour débuter une rencontre de Top 14.
L’ailier de l’UBB reconnaît sans détour qu’il ne se sent actuellement pas prêt à porter le numéro 10.
« Il faut se faire violence après, j’ai envie d’aider l’équipe. Si on me demande de faire des choses, je les ferai. Mais c’est vrai que ce n’est pas facile. Je pense que le poste de numéro 10, c’est le poste le plus difficile. Il faut annoncer les lancements, comprend pourquoi on fait ce lancement et à quel moment, il faut connaître le projet de jeu sur le bout des doigts, il faut avoir une aisance technique top, il faut voir le jeu. Je ne peux pas commencer un match en 10 actuellement, je ne me sens pas prêt. »
« Je lançais la pièce et je voyais ce qui sortait »
Bielle-Biarrey connaît pourtant le poste. Dans ses jeunes années, il évoluait lui-même à l’ouverture.
Mais il refuse de comparer ce qu’il faisait jusqu’à ses 16 ans avec les exigences auxquelles doit répondre aujourd’hui un ouvreur de Top 14.
Avec humour, il raconte d’ailleurs sa manière de gérer le poste à l’époque.
« Moi, je jouais 10, j’annonçais les lancements, je lançais la pièce et je voyais ce qui sortait. J’ai joué 10, certes, jusqu’à mes 16 ans, mais j’ai quand même passé cinq, six ans sans jouer 10. Ça n’a plus rien à voir. Oui, j’ai une formation de 10, mais entre jouer 10 en moins de 16 ans et jouer 10 à l’extérieur en Top 14 face à Clermont, ce n’est pas du tout la même chose. »
Et lorsqu’on lui demande si cette polyvalence pourrait malgré tout le conduire à devenir un véritable ouvreur à l’avenir, sa réponse ne laisse quasiment aucune place au doute.
« Je n’ai pas du tout envie de jouer 10 ! »
Bielle-Biarrey préfère perfectionner les postes qu’il maîtrise déjà plutôt que de se lancer dans une reconversion.
« Honnêtement, à l’heure actuelle, je me concentre sur mon poste d’ailier. J’ai encore plein de choses à améliorer à ce poste, et un peu sur celui d’arrière. Le poste de numéro 10… Je n’ai pas du tout envie de jouer 10, honnêtement. Je n’ai pas du tout envie de jouer 10 ! J’essaie de viser l’excellence au poste d’ailier. »
Son passage à la mêlée contre Lyon était encore plus improbable.
Et il a donné lieu à une séquence assez savoureuse.
« J’avais demandé à Connor comment on faisait »
Bielle-Biarrey reconnaît qu’il ne savait même pas exactement comment introduire le ballon en mêlée avant de devoir dépanner à ce poste.
Il avait donc pris quelques renseignements auprès de son coéquipier Connor Sa avant de se lancer.
« J’ai mis la balle dans la mêlée. J’avais demandé à Connor (Sa, talonneur de l’UBB) avant comment on faisait parce que je ne savais pas faire. Après, je me suis fait un peu taper sur les doigts parce que j’ai complètement oublié de jouer neuf. C’était moi qui devais dépanner en neuf et j’ai totalement oublié, notamment une séquence dans les 22m où j’étais sur mon aile tranquillement alors qu’il aurait fallu que je sois en neuf. »
Maxime Lucu avait également plaisanté après la rencontre sur le cardio nécessaire pour évoluer à la mêlée.
Un domaine que Bielle-Biarrey n’a pas vraiment eu le temps d’expérimenter.
« C’est possible. Mais bon, vu que je n’ai pas trop joué neuf, je ne peux pas savoir. Mais je sais que quand on joue neuf, il faut avoir un sacré cardio. Ce sont des efforts vraiment différents. »
« Ce qui m’intéresse, c’est d’être le meilleur ailier possible ! »
Ouvreur en cas d’extrême nécessité, demi de mêlée uniquement dans une situation encore plus exceptionnelle : le message est passé.
Louis Bielle-Biarrey veut avant tout continuer à construire sa carrière à l’aile, y compris avec le XV de France.
Sa polyvalence doit être une qualité supplémentaire et non le conduire à s’éparpiller entre plusieurs postes.
« Oui, oui ! vraiment des cas de force majeure. Je suis un ailier, j’ai envie de jouer à l’aile, un petit peu à l’arrière si jamais. Mais je pense que, notamment en équipe de France, mon poste, c’est l’aile […] J’ai envie, un, d’être le meilleur à mon poste. Et ensuite, à côté, travailler d’autres choses et développer d’autres qualités qui feront que je peux dépanner. Mais plus à l’arrière. En dix, on en parle parce que Matthieu s’est blessé. Mais sinon, on n’en aurait pas forcément parlé. Plutôt qu’être un bon ailier, un bon arrière, un bon deuxième centre, un bon dix, moi, ce qui m’intéresse, c’est d’être le meilleur ailier possible ! »


S’il joue plus souvent comme demi d’ouverture, toutes les équipes vont tester sa défense et en lui proposant des attaquants de 100 à 120 kg