Le numéro 23 bientôt abandonné par les piliers ? Cette nouvelle tendance gagne le rugby Français
Le numéro 23 bientôt abandonné par les piliers ? Cette nouvelle tendance gagne le rugby Français
Le samedi 10 octobre 2026 à 11:30 par David Demri
Publicité
Un détail pouvait surprendre sur la feuille de match de l’Union Bordeaux-Bègles face au Racing 92 : entré en jeu avec le numéro 18, Toma Taufa n’arborait pas le traditionnel numéro 23 longtemps attribué en France au pilier droit remplaçant.
Loin d’être une erreur, ce choix illustre une évolution qui commence à se répandre dans le rugby Français. Et derrière ce changement se trouvent à la fois l’évolution du règlement et une question beaucoup plus moderne : la gestion des données.
Pendant de nombreuses années, la France a conservé une spécificité concernant la numérotation de ses remplaçants.
Le numéro 23 était traditionnellement attribué au pilier droit, alors que le numéro 18 était laissé au joueur polyvalent capable d’évoluer à plusieurs postes derrière. Cette habitude est désormais en train de disparaître.
L’UBB a décidé de changer cette saison
À Bordeaux-Bègles, la modification est volontaire.
Le manager Yannick Bru explique que le sujet a été abordé avec les entraîneurs avant le début de la saison.
L’UBB a choisi de s’aligner sur la logique utilisée en Champions Cup.
« En début de saison, nous en avons discuté avec nos deux intendants, explique Yannick Bru, le manager girondin. On avait cette spécificité française de mettre ce 23 au pilier droit mais maintenant que nous avons adopté les règles de coaching de la Champions Cup, on s’est demandé pourquoi on ne lui donnerait pas le numéro 18. Cela permet de simplifier les choses. Parfois, tu fais des choses parce que ça a toujours été comme ça, en oubliant de t’arrêter en te demandant si c’est vraiment utile. »
Et Bordeaux-Bègles n’est pas le seul club à avoir adopté cette nouvelle numérotation.
Dax en Pro D2 puis Montpellier lors de sa réception de Toulon ont notamment suivi cette tendance.
Le règlement ne l’interdit absolument pas
Cette évolution est possible parce que la réglementation Française a elle-même changé.
Jusqu’à il y a encore quelques saisons, les règlements spécifiques de la FFR imposaient davantage de contraintes sur les numéros attribués aux joueurs de première ligne.
Depuis 2023-2024, cette obligation a disparu.
La règle indiquant que les remplaçants de première ligne devaient porter prioritairement certains numéros a été modifiée. Il n’existe donc désormais plus de restriction de poste concernant les numéros des remplaçants.
World Rugby et l’EPCR ont, de leur côté, conservé une organisation différente avec les numéros 16, 17 et 18 attribués aux joueurs de première ligne.
Pourquoi la France utilisait-elle le numéro 23 ?
Cette particularité Française trouve son origine dans la saison 2012-2013.
À cette époque, World Rugby avait validé la présence d’un huitième remplaçant sur la feuille de match afin d’imposer six joueurs de première ligne sur la feuille.
Dans le système international, les numéros étaient organisés de manière très claire : 16, 17 et 18 pour les talonneur et piliers remplaçants, puis les numéros suivants pour les autres joueurs du banc.
En France, une organisation différente avait été choisie.
Le numéro 23 avait alors été attribué au nouveau venu sur la feuille de match, c’est-à-dire au pilier, tandis que les habitudes concernant les autres numéros avaient été conservées.
Une spécificité qui aura donc duré plus d’une décennie.
Une raison inattendue : faciliter le traitement des données
Au-delà de l’harmonisation avec les compétitions internationales, un autre argument pousse désormais les clubs à abandonner le numéro 23 pour le pilier droit remplaçant.
La data a pris une importance considérable dans le rugby professionnel.
Or, utiliser un numéro différent pour le même poste entre le Top 14 et les compétitions continentales peut compliquer le travail des analystes et provoquer des dysfonctionnements au moment de traiter les données.
Attribuer systématiquement le 18 au pilier droit remplaçant permet ainsi d’uniformiser les informations.
Cette logique pourrait progressivement convaincre davantage de clubs Français.
Le numéro 16 reste toutefois particulier
Une liberté demeure néanmoins encadrée.
Un joueur remplaçant peut demander à évoluer avec le numéro 16 s’il le souhaite.
Mais la feuille de match doit toujours respecter une règle concernant les titulaires.
Les règlements précisent ainsi que les numéros des joueurs titulaires de 1 à 15 correspondent aux postes habituels.
Pour le banc, en revanche, les clubs disposent désormais d’une liberté beaucoup plus importante.
Le numéro 23 traditionnellement associé au pilier droit remplaçant en France pourrait donc progressivement disparaître, au profit d’une numérotation identique à celle utilisée sur la scène internationale.


Hyper intéressant… Je ne savais même pas (et je n’avais pas remarqué non plus) qu’il y a un numéro « attribué » aux joueurs remplaçantS…
Tu ne dois pas trop suivre les matchs alors , EX : 17 pilier gauche , 16 Talonneur , 23 pilier droit ……………………
C’est vrai que le 23 pour le pilier droit remplaçant 2faisait vraiment bizarre, surtout si on suit aussi les matchs des autres pays. Il est temps de revenir à quelque chose de plus logique !
Non je suis les match mais j’ai jamais fait attention au numéro des remplaçant c’est tout 🙂
Tout a fait d’accord avec l’avis de Yannick Bru !.. Au moins on s’y retrouve . » Pourquoi faire facile quand on peut faire compliquer » Logique typiquement Française pour beaucoup de choses !.. :-)) ..