Grégory Patat sur la signature d’Esteban Capilla à Toulouse : « Il avait pas mal d’offres, avec beaucoup d’argent »

Grégory Patat sur la signature d’Esteban Capilla à Toulouse : « Il avait pas mal d’offres, avec beaucoup d’argent »

Le dimanche 11 octobre 2026 à 18:45 par David Demri

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Ce dimanche soir, Esteban Capilla vivra forcément un match particulier. Titulaire au poste de numéro 8 avec Bayonne sur la pelouse de Toulouse, le troisième ligne de 23 ans va défier le club qu’il rejoindra la saison prochaine.

Un joueur au tempérament affirmé et aux qualités physiques impressionnantes dont ses anciens entraîneurs prédisent encore une importante marge de progression, jusqu’à envisager pour lui un avenir avec le XV de France.

Grégory Patat connaît parfaitement le personnage. L’ancien manager de l’Aviron Bayonnais, désormais à Brive, a participé à son éclosion au plus haut niveau.

Et s’il ne se souvient plus précisément de leur première rencontre, il n’a rien oublié du caractère de Capilla.

Patat raconte notamment, dans Sud-Ouest, une anecdote qui résume parfaitement son culot :

« Merde, je ne m’en souviens pas, il ne va pas apprécier. Esteban a un bon humour et de la répartie. Il aime te tester. »

Un jour où plusieurs leaders manquaient à l’appel, Capilla était ainsi passé dans son bureau, claquettes roses aux pieds, avec une proposition toute trouvée :

« Greg, si t’as un doute pour le capitanat, tu peux compter sur moi. »

« Là, on tient quelque chose »

Derrière cette personnalité se cache surtout un potentiel physique rapidement identifié.

Loïc Louit, directeur de la performance de Bayonne entre 2022 et 2026, s’était personnellement occupé de Capilla lorsqu’il avait intégré le groupe professionnel.

À cette époque, le troisième ligne poursuivait deux objectifs : participer aux Jeux Olympiques 2024 avec l’équipe de France à 7 et parvenir ensuite à s’imposer à XV.

Louit a très rapidement compris qu’il disposait d’un joueur différent :

« C’est un mec avenant, qui donne l’impression d’être sûr de lui mais derrière, il se donne les moyens de l’être. »

Et les premières séances physiques l’ont rapidement conforté dans cette impression.

« C’est très dur de toujours se réadapter, encore plus pour un avant. Mais dès la deuxième ou troisième séance avec lui, je me suis dit : “Là, on tient quelque chose”. Il avait un moteur avec plus de chevaux que la moyenne. Il tenait des pointes de vitesse à 36 ou 37 km/h et globalement, il était très à l’aise au-dessus de 30. »

L’immense désillusion des Jeux Olympiques

Son ascension n’a pourtant pas été linéaire.

En 2023, Capilla devient champion du monde U20 à XV mais ne figure pas dans le groupe pour la finale. Puis arrive surtout l’année 2024. Malgré une victoire sur le circuit mondial avec l’équipe de France à 7, il n’est finalement pas sélectionné pour les Jeux Olympiques.

Une déception qui l’a profondément marqué selon Grégory Patat :

« Cela reste une cicatrice. Il a eu un parcours cabossé. Un an avant, il est champion du monde U20 à XV mais pas dans le groupe lors de la finale puisqu’il y avait Nouchi, Jegou, Gazzotti et Castro-Ferreira sur le banc. Il avait des fragilités au niveau des ischios et quelques lacunes. Il n’apportait pas non plus toutes les garanties en termes de discipline. Lors du Six-Nations, il avait parlé à l’arbitre, pris un jaune et était sorti de l’équipe. Il s’est beaucoup remis en question après les Jeux. »

Cette remise en question va notamment passer par un investissement personnel conséquent.

Capilla décide même de financer lui-même une préparation spécifique :

« Il n’a pas hésité à payer de sa poche une prépa spécifique du côté de Toulouse. C’est un joueur sérieux qui investit sur lui. »

« Je le vois encore rattraper Jalibert à la course »

Le travail commence alors à porter ses fruits.

Lors de son deuxième match de Top 14, en octobre 2024 à Chaban-Delmas, Capilla impressionne déjà physiquement.

Loïc Louit conserve notamment une image très précise :

« Je le vois encore rattraper Jalibert à la course. »

Huit mois plus tard, le troisième ligne se retrouve titulaire lors d’une demi-finale contre Toulouse.

Patat avait alors effectué un choix particulièrement fort :

« J’avais sacrifié Cassiem pour sa compétitivité. Esteban, c’est un joueur qui attire les victoires et la réussite. Ce n’est pas anodin. »

Dans le même temps, ses passages à l’infirmerie deviennent moins fréquents et ses problèmes disciplinaires diminuent.

« Il a compris l’environnement dans lequel il était. Et surtout, il sait où il veut aller. »

Toulouse plutôt que les offres les plus lucratives

Et Capilla sait désormais où se poursuivra sa carrière.

La saison prochaine, il rejoindra le Stade Toulousain. Un choix qui ne surprend absolument pas Grégory Patat.

Selon son ancien manager, le Bayonnais disposait pourtant de propositions financièrement très intéressantes :

« Il avait pas mal d’offres, avec beaucoup d’argent, et il a choisi le plus grand club. La concurrence ne lui fait pas peur. Il veut côtoyer et challenger les meilleurs, être dans un environnement propice à la compétitivité. »

Loïc Louit regrette forcément que Bayonne n’ait pas réussi à conserver un tel talent.

« C’est vraiment dommage que l’Aviron n’ait pas réussi à conserver un joueur qui représente autant l’avenir. »

Et son jugement sur les qualités du troisième ligne est particulièrement fort :

« C’est un de ceux qui, à son poste, a le plus de qualités de tout le championnat. »

« Il aime briller mais sait aussi faire le travail de l’ombre »

Pour réussir à Toulouse, le talent individuel ne suffira évidemment pas.

Mais là encore, Louit estime que le profil de Capilla est suffisamment complet pour trouver sa place.

« Il aime briller mais sait aussi faire le travail de l’ombre. On l’oublie parfois, mais il aime le chocolat. »

S’imposer au Stade Toulousain pourrait également permettre au troisième ligne de se rapprocher encore davantage du XV de France.

Capilla a déjà découvert Marcoussis et participé à la dernière tournée estivale sans toutefois entrer en jeu.

« Il a des super-pouvoirs dont le haut niveau ne peut se passer »

Grégory Patat estime que son ancien joueur possède encore certains axes de progression, notamment dans sa capacité à répéter les efforts.

Mais il se montre particulièrement optimiste concernant son avenir international.

Pour l’ancien manager Bayonnais, Capilla aura une nouvelle opportunité :

« En troisième ligne, le vivier est extraordinaire. Esteban a loupé son premier rendez-vous avec France A à Vannes. Il manque encore un peu de volume par rapport à la répétition des tâches. Mais il a des super-pouvoirs dont le haut niveau ne peut se passer. Sa deuxième chance arrivera, et il n’a pas l’habitude de se manquer deux fois. Il saura répondre. »

Un caractère qui ne laisse personne indifférent

Reste cette personnalité très affirmée qui accompagne Capilla depuis ses débuts.

Patat décrit un joueur capable de donner une première impression trompeuse :

« Il marche droit, bombe le torse et peut paraître arrogant mais c’est bienveillant. Et il est attachant. Il aime jouer avec les limites mais aussi qu’on lui dise les choses. »

Capilla lui-même revendique ce goût permanent pour le chambrage et la vie de groupe :

« Je ne passe pas une journée sans chambrer. Quand on arrêtera le rugby, on retiendra plus les moments dans le vestiaire et les fous rires que des trois contre deux. »

Une personnalité que son ancien manager estime nécessaire d’encadrer sans chercher à l’étouffer.

Patat résume finalement assez bien le mode d’emploi du futur Toulousain :

« Esteban a besoin d’un cadre… mais d’une liberté dans ce cadre. À mon époque, il voulait tout de suite être avec les leaders de touche. Pas pour dire “Poussez-vous, je suis là”, mais pour apprendre des meilleurs. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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1 Commentaire

  1. Cassoulet et Salary Cap 11 octobre 2026 at 20h- Répondre

    Rassurante cette itw!! J’avais un apriori sur le bonhomme, il me semble que je me sois trompé, tant mieux. Il a l’air d’avoir la mentalité nécessaire pour jouer à Toulouse…

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