Le rugby français tourne le dos à X : Les raisons qui se cachent derrière ces départs
Le rugby français tourne le dos à X : Les raisons qui se cachent derrière ces départs
Le mardi 13 octobre 2026 à 15:14 par David Demri
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Le réseau social X perd progressivement du terrain auprès des clubs professionnels de rugby français. Après l’Union Bordeaux-Bègles, Clermont, Lyon et Bayonne, c’est désormais Colomiers qui a décidé de mettre un terme à son activité sur la plateforme.
Une décision qui confirme une évolution dans les stratégies de communication des clubs, de plus en plus nombreux à privilégier d’autres réseaux sociaux pour échanger avec leurs supporters.
Avec cette annonce officialisée lundi, cinq des trente formations de Top 14 et de Pro D2 ont désormais renoncé à communiquer sur X. Si cette proportion reste minoritaire, la succession récente des départs interpelle.
Derrière ces décisions, plusieurs problématiques reviennent régulièrement : une visibilité jugée insuffisante, des retombées commerciales limitées et un environnement numérique qui ne correspond plus toujours à l’image que les clubs souhaitent défendre.
Colomiers devient le premier club de Pro D2 à quitter X
Jusqu’à présent, les quatre formations ayant abandonné la plateforme évoluaient en Top 14.
Colomiers devient donc le premier représentant de Pro D2 à franchir le pas, après une réflexion engagée depuis plusieurs mois.
Le club haut-garonnais disposait pourtant d’une communauté supérieure à 10 000 abonnés sur X. Mais cette audience théorique ne se traduisait plus par une véritable interaction avec les publications.
Selon les explications recueillies par Actu Rugby auprès de Joris Bertoia, chargé de communication et des relations presse de Colomiers, certaines annonces sportives importantes ne suscitaient quasiment aucune réaction.
Le club pouvait ainsi publier une information concernant l’arrivée d’un joueur et ne récolter que trois mentions « J’aime ».
Un résultat considéré comme insuffisant au regard du temps consacré à l’animation du compte.
À l’inverse, Instagram et Facebook permettent à Colomiers de toucher davantage de personnes, notamment pour promouvoir sa billetterie.
La décision répond donc aussi à une logique de répartition des moyens : concentrer les efforts de communication sur les plateformes qui produisent les résultats les plus intéressants. Colomiers envisage également de développer sa présence sur BeReal, afin de toucher un public plus jeune.
Clermont avait 211 000 abonnés, mais peu de retombées commerciales
L’exemple de Clermont illustre particulièrement bien le décalage qui peut exister entre le nombre d’abonnés et l’intérêt réel d’un réseau social pour un club professionnel.
Lorsque l’ASM a décidé d’abandonner X en janvier, son compte rassemblait environ 211 000 personnes.
Une communauté importante qui n’a pourtant pas suffi à convaincre les dirigeants de maintenir leur activité.
Vincent Duvivier, directeur de la communication de Clermont, a expliqué à Actu Rugby que la plateforme était devenue particulièrement difficile à gérer pour ses équipes.
La multiplication des commentaires agressifs et des réactions négatives pesait sur le travail quotidien du service communication. Au-delà de cette ambiance jugée problématique, le club auvergnat avait également constaté que X générait très peu de ventes pour sa boutique officielle, malgré une audience supérieure à celle de certains autres réseaux.
Autrement dit, conserver plusieurs centaines de milliers d’abonnés ne représentait plus nécessairement un avantage suffisant.
Le départ de Clermont avait été décidé collectivement au sein de son équipe de communication, sans que le club constate ensuite de conséquence commerciale majeure.
Bordeaux, Lyon et Bayonne avaient déjà franchi le pas
L’Union Bordeaux-Bègles avait ouvert la voie en mars 2025.
Le club girondin avait alors annoncé la suspension de son activité sur X, invitant ses supporters à retrouver ses actualités sur Instagram, Facebook, LinkedIn et son application mobile.
Une décision remarquée puisque son compte comptait environ 187 000 abonnés.
Lyon a ensuite adopté la même orientation au mois d’août, avant que l’Aviron Bayonnais ne rejoigne le mouvement le 5 octobre.
Pour le club basque, le choix était également lié à une question de valeurs.
Sa responsable de la communication, Camille Bonhome, a expliqué à Actu Rugby que l’environnement de la plateforme ne correspondait plus aux principes que l’Aviron souhaitait porter. Cette dimension apparaît également dans les réflexions menées à Colomiers.
Le club haut-garonnais a notamment observé une place croissante accordée aux contenus politiques et à des publications issues de comptes auxquels il n’était pas abonné.
Un changement dans la communication des clubs de rugby
Ces cinq départs mettent en évidence une évolution plus générale des priorités numériques des clubs professionnels.
Pendant longtemps, X, anciennement Twitter, a constitué un canal privilégié pour diffuser rapidement les compositions d’équipe, les résultats, les recrutements et les informations officielles.
Mais les clubs concernés considèrent désormais que cette présence ne leur apporte plus suffisamment de bénéfices au regard des ressources mobilisées.
Les enjeux dépassent le simple nombre d’abonnés. La capacité à toucher réellement les supporters, à susciter des interactions et à favoriser la vente de billets ou de produits dérivés pèse désormais davantage dans les choix de communication.
Le rugby professionnel français reste toutefois loin d’un départ généralisé : vingt-cinq clubs de Top 14 et de Pro D2 n’ont pas annoncé de décision similaire.
La succession des annonces, particulièrement ces derniers mois, montre néanmoins que la présence sur X n’est plus considérée comme indispensable par toutes les formations professionnelles.


Je ne comprends pas que des gens restent encore sur ce media de M…E !
C’est plutôt logique, réseau social non modéré, avec des communautés très faibles, des interactions plutôt agressives entre les membres. En comparaison, Instagram ou Facebook génèrent bien plus d’intéractions.