« Il voulait gagner plus d’argent » : l’agent de Cheslin Kolbe révèle les coulisses de son transfert à Toulon

« Il voulait gagner plus d’argent » : l’agent de Cheslin Kolbe révèle les coulisses de son transfert à Toulon

Le vendredi 16 octobre 2026 à 13:27 par David Demri

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Le transfert de Cheslin Kolbe du Stade Toulousain vers le Rugby Club Toulonnais continue de livrer ses secrets. Dans un entretien accordé à Midi Olympique, Thierry Cazedevals, agent sportif reconnu qui représente notamment Antoine Dupont, Thomas Ramos et Maxime Lucu, est revenu sur les circonstances de cette opération spectaculaire.

Il révèle notamment les motivations financières du champion du monde sud-africain, l’intérêt de plusieurs clubs français et la manière dont Toulon a finalement remporté la bataille. L’agent a également raconté ses premiers échanges avec Antoine Dupont, son arrivée à Toulouse et les coulisses de la gestion de son image.

Dans le rugby professionnel, les négociations ne se résument pas à des discussions salariales. Derrière chaque transfert se cachent des ambitions sportives, des contraintes économiques et parfois des situations personnelles complexes.

Thierry Cazedevals connaît parfaitement ces différents enjeux, lui qui accompagne certains des joueurs les plus prestigieux du championnat français.

Cheslin Kolbe voulait gagner davantage d’argent

Le transfert de Cheslin Kolbe de Toulouse vers Toulon avait constitué l’une des opérations les plus retentissantes du rugby français.

À l’époque, plusieurs formations souhaitaient récupérer l’international sud-africain, mais le RCT avait finalement réussi à obtenir sa signature.

Thierry Cazedevals reconnaît avoir personnellement piloté ce dossier, tout en précisant que certains éléments doivent rester confidentiels.

« J’ai géré le transfert de Cheslin Kolbe entre Toulouse et Toulon. Je ne peux pas tout raconter, ce n’est pas possible. »

L’agent ne cherche toutefois pas à entretenir le mystère concernant la principale motivation du joueur.

Le champion du monde souhaitait avant tout améliorer sa rémunération.

« Il y avait une volonté du joueur de gagner plus d’argent, tout simplement. Donc on a trouvé une solution. »

Pour un joueur de cette dimension, trouver des prétendants n’avait rien d’insurmontable. Kolbe souhaitait rester en France et plusieurs formations s’étaient rapidement manifestées.

Cazedevals explique que remettre Kolbe sur le marché avait rapidement suscité des réactions.

« Il fallait remettre Cheslin Kolbe sur le marché, mais ce n’était pas compliqué. Tu passes un coup de téléphone et c’est bon. »

Le Rugby Club Toulonnais n’était d’ailleurs pas le seul club français intéressé.

Plusieurs formations étaient entrées dans la course, mais les dirigeants varois avaient réussi à faire la différence.

« Il y avait deux ou trois clubs français très intéressés. Et Toulon a raflé la mise. Il voulait rester en France à l’époque. Il fallait gérer aussi la famille car c’était important. »

Antoine Dupont : une première rencontre dans un café à Castres

Thierry Cazedevals entretient également une relation professionnelle de longue date avec Antoine Dupont.

Leur collaboration remonte à l’arrivée du demi de mêlée au Castres Olympique, bien avant qu’il ne devienne l’une des grandes figures du rugby mondial.

L’agent raconte comment il a fait la connaissance du jeune joueur, alors âgé de presque 18 ans.

« Avec Antoine Dupont, on s’est rencontré quand il venait d’arriver à Castres, il allait avoir 18 ans. On s’est rencontré dans un café à Castres. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Grégory Patat. J’ai appelé Antoine et on a bu un café à Castres. »

À cette époque, Dupont suscitait déjà beaucoup d’intérêt. Mais le jeune rugbyman et son entourage ne souhaitaient pas s’engager à la légère.

Thierry Cazedevals se souvient de la prudence du joueur et des discussions nécessaires avec ses proches.

« Après, il a fallu convaincre la famille puis il se méfiait des agents car tout le monde l’appelait. On sentait bien très rapidement qu’il avait un petit truc en plus. »

« Il avait des posters du Stade Toulousain dans sa chambre »

Le départ d’Antoine Dupont vers Toulouse, à l’été 2017, n’avait rien d’une destination choisie au hasard.

Le demi de mêlée nourrissait depuis longtemps une attirance particulière pour le club haut-garonnais.

Son agent révèle avec humour que le Stade Toulousain occupait déjà une place importante dans l’imaginaire du jeune joueur.

« Et concernant son départ vers Toulouse, ce n’est pas de ma faute s’il avait des posters du Stade Toulousain dans sa chambre. Il voulait y aller ! (rire) »

Un transfert qui allait marquer un tournant dans sa carrière, même si son ancien club allait connaître une réussite immédiate après son départ.

Thierry Cazedevals s’amuse encore de cette coïncidence.

« Il signe à Toulouse pour la saison 2017 / 2018 et Castres est champion. Dans ma tête, je me dis que j’ai été bon. Il part de Castres et Castres est champion, c’est pas mal. La bascule se fait vraiment là. »

L’agent disposait déjà de plusieurs contacts privilégiés dans le vestiaire toulousain, notamment avec Yoann Huget et Maxime Médard. Ces derniers avaient rapidement pris conscience du potentiel exceptionnel du demi de mêlée.

Même les internationaux expérimentés du Stade Toulousain étaient impressionnés.

« A l’époque, je collaborais déjà avec Huget et Médard. Et même eux me disaient qu’Antoine Dupont était au-dessus. »

Comment sont gérés les contrats publicitaires d’Antoine Dupont ?

La carrière d’Antoine Dupont a depuis pris une dimension qui dépasse largement le terrain.

Avec sa notoriété, les contrats publicitaires et les partenariats commerciaux occupent désormais une place importante dans son environnement professionnel.

Thierry Cazedevals explique que son agence accompagne également les internationaux dans leurs engagements commerciaux.

« Nous avons des collaborateurs commerciaux qui font des contrats publicitaires à des joueurs internationaux. »

Dans le cas particulier du capitaine toulousain, une autre structure intervient toutefois sur la majorité des contrats d’image.

L’agent détaille la collaboration avec l’agence parisienne Bros et la répartition des responsabilités.

« Antoine Dupont c’est particulier car on avait été démarché par l’agence Bros à Paris et Antoine travaille avec eux. Ils gèrent 90% de ses contrats d’image. Donc je m’occupe de la partie relationnel et contractuel avec son équipementier et le reste, c’est Bros qui gère le reste. »

Des négociations parfois compliquées pour les joueurs moins convoités

Si les transferts de stars comme Kolbe ou Dupont attirent naturellement l’attention, le quotidien d’un agent comporte aussi des situations bien plus délicates.

Tous les joueurs ne disposent pas de nombreuses propositions, et certains doivent parfois accepter de revoir leurs ambitions sportives.

Thierry Cazedevals explique qu’il faut savoir accompagner les joueurs lorsque les possibilités de recrutement deviennent limitées.

« Il y a parfois des situations complexes à gérer si on ne trouve pas un club à un joueur. Mais il faut de l’honnêteté. Si on voit que les portes se ferment les unes après les autres, ça peut devenir compliqué pour un joueur. »

Dans certains cas, la meilleure solution consiste à accepter de descendre d’une division pour poursuivre sa carrière.

L’agent insiste sur la nécessité de présenter clairement les différentes possibilités.

« Il faut parfois faire comprendre à un joueur qu’il n’y a plus d’option en Top 14 et que la Pro D2 c’est pas mal aussi. Ou faire comprendre à un joueur qu’en Pro D2 il n’y a pas d’option et regarder en Nationale. »

« Il y a très souvent des crispations autour de l’argent »

Les discussions financières constituent évidemment une dimension essentielle de son métier.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Thierry Cazedevals semble apprécier les négociations les plus animées.

Il évoque avec humour les tensions qui accompagnent régulièrement les discussions salariales.

« Il y a très souvent des crispations autour de l’argent et c’est ça qui est bien (rire). Si tu dis à un club que tu veux tant et que le club dit oui, c’est bien pour le joueur mais ce n’est pas rigolo ! »

Les pratiques peuvent néanmoins varier considérablement selon les championnats.

L’agent prend notamment l’exemple du Japon, où les négociations seraient beaucoup plus directes.

« Si tu veux recruter un joueur au Japon, tu dis combien tu veux mais il n’y a pas de négociations possibles. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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11 Commentaires

  1. RCT_Yoda 16 octobre 2026 at 13h- Répondre

    Ah bon… ? On n’avait pas compris.

    J'aime 13
  2. Ous 16 octobre 2026 at 13h- Répondre

    Tiens surprenant, on pensait que c’était pour gagner des titres.

    J'aime 9
    J'aime pas 3
  3. Le gaulois 16 octobre 2026 at 14h- Répondre

    Secret de polichinelle !!!

    J'aime 14
  4. Ber0683 16 octobre 2026 at 14h- Répondre

    C’est devenu comme au foot…c’est tout…

    • Bob de la rade 16 octobre 2026 at 16h- Répondre

      Pas tout a fait quand même,il y a cas voir les salaires du foot comparé a ce du rugby et la différence d engagement. Normal qu ils veulent plus

  5. cogito31830 16 octobre 2026 at 15h- Répondre

    Le rugby est devenu professionnel, à quoi fallait-il s attendre? Nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours. Une carrière, avec tout ce que ça demande comme investissement personnel et familial, est courte et difficile à appréhender dans le temps.

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    • Ber0683 16 octobre 2026 at 15h- Répondre

      Alors que l’on arrête de nous bassiner avec les valeurs du rugby….

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      • Toulouse 16 octobre 2026 at 18h- Répondre

        Au rugby, on arrache pas les robinets des toilettes pour les balancer sur les joueurs que je sache. Et il n’y a pas de grillage qui sépare les supporters non plus… Sans parler des affrontements et des quartiers en flammes quand une équipe perd…. ou gagne…
        Non, le rugby n’a rien à voir avec le foot!
        Évidemment comme partout, c’est l’argent qui mène tout le monde…

  6. Robert du RCT 16 octobre 2026 at 17h- Répondre

    c’est que la petite Iris ne dort pas dans des Formule 1, à sa place je ferais pareil !

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  7. math1907 16 octobre 2026 at 18h- Répondre

    Ça a toujours été plus ou moins clair sur ce point !

    C’était sans doute la 1ère fois qu’on voyait émerger le problème de la profondeur d’effectif du ST, qui commençait déjà à être extrêmement qualitatif par rapport à ce qu’il lui coûtait pour rester dans les clous du SC !

    Les joueurs ont beau être extrêmement attachés à ce club ils savent malgré tout compter, et des exemples comme Bourdon dont la carrière c’est arrêtée du jour au lendemain font réfléchir !

    Arriver à 35 ans, certes avec beaucoup de titres, mais 2, 3 ou 4 saisons de salaires en moins que si ils avaient été le joueur phare d’un autre club, ça peut faire un peu râler !

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    • Ber0683 16 octobre 2026 at 19h- Répondre

      D’autant que le joueur phare comme tu dis sans ses 14 coéquipiers il n’est rien…