« Ne t’attends pas à jouer » : Jérémy Sinzelle raconte son entretien avec Pierre Mignoni avant de prolonger

« Ne t’attends pas à jouer » : Jérémy Sinzelle raconte son entretien avec Pierre Mignoni avant de prolonger

Le mardi 20 octobre 2026 à 9:56 par David Demri

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À 36 ans, Jérémy Sinzelle n’occupe plus la même place dans la hiérarchie du Rugby Club Toulonnais. Mais le trois-quarts polyvalent n’a rien perdu de son tempérament de compétiteur.

Avant le début de la saison, Pierre Mignoni, alors directeur du rugby du RCT, lui avait clairement annoncé qu’il ne devait pas s’attendre à beaucoup jouer. Une franchise que le joueur a acceptée, avec une mission bien précise : pousser ses coéquipiers à devenir encore meilleurs.

Depuis ses premiers pas professionnels à Toulon en 2008, Jérémy Sinzelle a construit sa carrière autour d’une même conviction : le collectif passe avant les ambitions individuelles.

Passé par le Stade Français et La Rochelle avant de revenir sur la Rade en 2022, le joueur de 36 ans entend conserver cette philosophie jusqu’au bout.

Dans les colonnes du journal régional Var-matin, il insiste sur cette fidélité à ses principes :

« Toute ma carrière, je n’ai pas changé de ligne directrice. Je suis toujours au service du groupe, du collectif et des coaches quand ils ont besoin de moi. »

Pierre Mignoni lui avait annoncé la couleur

L’été dernier, Jérémy Sinzelle avait rencontré Pierre Mignoni pour évoquer sa place dans l’effectif toulonnais.

Le technicien, qui a depuis démissionné de ses fonctions au RCT, ne lui avait fait aucune promesse concernant son temps de jeu. Au contraire, il avait choisi de lui présenter la situation sans détour.

Sinzelle dévoile les coulisses de cet entretien :

« Ça a été très clair. Lors de l’entretien individuel, Pierre m’a dit : “Ne t’attends pas à jouer”. Il a été honnête. Mais il voulait, quand même, que je refasse une saison. L’idée, c’était que j’amène mon côté compétiteur pour essayer d’aller chercher le meilleur des autres. C’est aussi ça, mon rôle.

Amener Gaël Fickou ou Huw Jones, par exemple, vers le plus haut. Alors, ils n’ont pas besoin de moi, ils sont déjà très forts, ce sont des internationaux. Mais, moi, j’ai beau avoir 36 ans, je dois montrer que je suis là. Sur chaque jeu à l’entraînement, sur chaque exercice. Je dois les titiller, les rendre encore meilleurs le week-end. Ce sont de sacrés athlètes… mais je m’accroche encore (sourire). »

Loin de vivre cette situation comme une mise à l’écart, le trois-quarts y voit une autre manière de contribuer aux performances de Toulon.

Son expérience doit notamment servir à maintenir une concurrence quotidienne, y compris auprès des internationaux les plus confirmés.

La Challenge Cup comme opportunité

Si son rôle en Top 14 est désormais plus limité, Sinzelle espère profiter des rotations pour retrouver du temps de jeu.

La Challenge Cup et les périodes internationales pourraient lui permettre d’accompagner les joueurs moins expérimentés.

Une perspective qui le motive particulièrement :

« Sur ces saisons, c’est à moi de faire le dos rond et, surtout, de rester au niveau. On ne joue pas la vraie coupe d’Europe, mais la Challenge Cup. J’aurais peut-être, dans ces moments-là, une carte à jouer avec les jeunes. L’idée, ça sera de partir avec ces mecs-là et d’essayer de ramener quelque chose.

J’aurais sûrement aussi, sur les périodes internationales, que ce soit en novembre ou pendant le Tournoi, un peu de temps de jeu. Mais je le redis : le défi d’amener les jeunes avec moi me plaît. »

Sa prestation à Édimbourg, lors de la première journée de Challenge Cup, a montré qu’il pouvait encore répondre présent.

Avec treize plaquages réussis sur treize tentés et un grattage décisif, le Toulonnais a apporté son expérience à une équipe largement remaniée.

Il regrettait toutefois une occasion gâchée en attaque, après avoir laissé échapper un ballon.

Il revenait avec une pointe d’amertume sur cette action :

« Je sens que le ballon me glisse et, là, c’était déjà trop tard. »

« Je ne dois pas changer »

Pour Jérémy Sinzelle, accepter un nouveau statut ne signifie pas devenir un simple accompagnateur des jeunes joueurs.

Il veut continuer à s’entraîner avec la même intensité, conserver son caractère et surtout éviter de donner des leçons à ses partenaires.

Le Toulonnais refuse de se transformer en figure paternaliste du vestiaire :

« Si je veux rivaliser, il en faut. C’est le minimum. Si je ne suis pas au niveau, au bout d’un moment, les mecs vont se dire : “Là, la “Sinze” il fait chier”. Et je n’ai pas envie de ça. Il faut que je reste le mec bonnard qui fait les efforts. Je ne dois pas changer.

Si je commence à jouer un rôle, à faire le papa, à faire le mec un peu tendu, ou alors à arriver le lundi matin en tirant la gueule… ça ne sert à rien. Ce n’est pas moi. Et surtout, ils vont se dire : “Qu’est-ce qui lui prend ? Qu’est-ce qu’il fait ?” Alors comptez sur moi pour que ça n’arrive pas ! Je dois challenger les mecs. »

À 36 ans, l’ancien Rochelais connaît les exigences du haut niveau et la concurrence qui l’attend au sein de l’effectif rouge et noir.

Mais tant qu’il pourra rivaliser à l’entraînement et apporter quelque chose au collectif, Jérémy Sinzelle entend jouer pleinement son rôle, même avec un temps de jeu réduit.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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3 Commentaires

  1. jacky le corse 20 octobre 2026 at 10h- Répondre

    c’est vrai , qu’il est bon nard ce mec , et j’ai pas toujours dis ça , mais vendredi il m’a impressionné par son engagement .Chapeau Monsieur

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  2. Anjo 20 octobre 2026 at 10h- Répondre

    Autant je peux être très critique sur le joueur actuel, ou du moins envers son niveau.

    Autant l’homme, rien à dire là-dessus. Il en faudrait 10 des comme lui. Attitude et mentalité exemplaires.

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    • Lou provençau 20 octobre 2026 at 10h- Répondre

      je te trouve dur sur son niveau car il est toujours bien placé, il a une bonne vision du jeu, distribue bien et s’envoie en défense, après à 36 ans on ne peut pas lui reprocher son manque de vitesse. Perso je trouve qu c’est un bon centre.

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