Décédée à 17 ans après un match de rugby, Cléa a sauvé plusieurs enfants grâce au don de ses organes
Décédée à 17 ans après un match de rugby, Cléa a sauvé plusieurs enfants grâce au don de ses organes
Le vendredi 23 octobre 2026 à 0:11 par David Demri
Publicité
Le rugby français est endeuillé par la disparition de Cléa Ménier. Âgée de seulement 17 ans, la jeune joueuse de l’US Marmande est décédée mercredi soir à l’hôpital de Bordeaux, quelques jours après avoir subi un violent choc à la tête lors d’une rencontre face au rassemblement Agen-Colayrac.
Alors que l’émotion reste immense dans le Lot-et-Garonne, ses parents ont révélé que leur fille avait souhaité faire don de ses organes. Un choix qui, selon son père, a permis de sauver plusieurs enfants.
Depuis l’annonce de son décès, les hommages se multiplient pour saluer la mémoire de l’adolescente. À Marmande, le club a suspendu ses activités d’entraînement jeudi et mis en place un dispositif d’accompagnement psychologique.
Dans un entretien accordé au Parisien, Johann Ménier, le père de Cléa, a accepté de prendre la parole pour évoquer sa fille, sa passion pour le rugby et les circonstances de ce drame, qui restent encore à éclaircir.
Un choc à la tête lors d’un match contre Agen-Colayrac
Le drame s’est produit samedi, au cours d’une rencontre opposant les moins de 18 ans de Marmande au rassemblement Agen-Colayrac.
Cléa Ménier, qui portait le numéro 6, a été victime d’un violent choc à la tête.
La jeune joueuse a dû être prise en charge par les secours. Les pompiers sont parvenus à la ranimer avant son transfert en urgence à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux.
Malgré les soins prodigués, l’adolescente est décédée mercredi soir. Les circonstances précises de l’accident n’ont pas encore été établies.
À Marmande, la disparition de Cléa a provoqué une immense émotion, aussi bien au sein de son club que dans l’ensemble de la commune.
L’US Marmande a fait part de sa « douleur indescriptible » et annoncé la mise en place d’une cellule psychologique pour les personnes qui en ressentiraient le besoin.
À la demande de la famille, les membres du club ont également choisi de ne pas s’exprimer davantage sur le drame.
« Il n’est nullement question d’aller chercher des coupables »
Alors que des interrogations apparaissent autour des circonstances de l’accident, Johann Ménier a tenu à délivrer un message particulièrement important.
Le père de Cléa ne souhaite pas que le décès de sa fille donne lieu à des accusations précipitées.
Il indique avoir échangé avec les jeunes joueuses présentes lors de la rencontre et considère qu’il s’agit d’un accident.
Dans les colonnes du Parisien, il explique sa position avec beaucoup de dignité :
« Nous n’avons pas plus de précisions à l’heure actuelle, et nous laisserons la fédération française de rugby communiquer là-dessus. Ce qui est certain, c’est qu’il n’est nullement question d’aller chercher des coupables.
J’ai parlé avec l’intégralité des jeunes filles présentes et acquis une conviction : c’est un accident. Qui, certes, n’aurait jamais dû se produire dans le cadre de la pratique d’un sport. Mais cela reste un accident. Nous n’avons aucune colère à l’encontre de qui que ce soit. Je suis sûr aussi que Cléa s’est envolée vers les étoiles sans colère ».
Ces paroles interviennent alors que les circonstances exactes du choc doivent encore être précisées.
Pour la famille, l’essentiel est désormais de préserver la mémoire de Cléa et de rendre hommage à la jeune femme qu’elle était.
Une passion pour le rugby, la danse et les études
Au-delà de son engagement sur les terrains, Cléa Ménier menait une vie particulièrement riche.
La jeune fille partageait son temps entre le rugby et la danse, deux disciplines auxquelles elle consacrait une grande partie de son énergie.
Elle suivait également un cursus de droit.
Son père évoque une adolescente travailleuse, généreuse et appréciée de son entourage.
Johann Ménier souhaite que les prochains hommages reflètent les différentes passions de sa fille :
« C’est là-dessus que nous allons nous concentrer dans les jours à venir : ce temps d’hommage que nous allons construire autour de ses deux passions. Le rugby d’un côté, la danse de l’autre, puisqu’elle était professionnelle dans cet art. Tout en suivant un cursus de droit.
C’était une jeune femme intelligente, brillante même, avec une grande capacité de travail, une vraie gentillesse, beaucoup de sincérité. C’est revenu dans les témoignages de tous ses amis. Ce qu’ils n’avaient jamais osé dire, ils le lui déclarent aujourd’hui ».
Les nombreux témoignages reçus par la famille permettent aujourd’hui à ses proches de mesurer l’affection que Cléa suscitait autour d’elle.
Ses parents, Cécile et Johann, souhaitent prendre le temps de construire un hommage à la hauteur de ses passions et de sa personnalité.
« Elle a ainsi pu sauver plusieurs enfants »
Mais c’est une autre révélation de son père qui donne une dimension particulièrement émouvante à cette tragédie.
Cléa avait exprimé le souhait de faire don de ses organes. Après son décès, les prélèvements ont été réalisés conformément à sa volonté.
Selon Johann Ménier, ce don a permis de sauver plusieurs enfants.
Le père de la jeune joueuse a tenu à partager cette information, qu’il considère comme essentielle pour honorer la mémoire de sa fille :
« Mais je voudrais insister sur un point très important : jusqu’au bout, elle aura été dans l’accompagnement des autres. Elle avait choisi de faire don de ses organes. Elle a été opérée quelques heures après sa mort pour qu’ils soient prélevés, et elle a ainsi pu sauver plusieurs enfants. Elle aurait dû partir danser sur des scènes internationales dans quelques mois, elle ne rayonnera jamais de cette manière. Mais elle rayonnera par ce don d’organes. »
Un geste qui reflète, selon son père, la générosité dont Cléa faisait preuve dans sa vie quotidienne.
Alors que l’adolescente devait prochainement se produire sur des scènes internationales grâce à la danse, sa famille trouve aujourd’hui dans ce don une manière de faire perdurer son engagement envers les autres.
À Marmande, le temps est désormais au recueillement et aux hommages, dans le respect de la volonté de ses parents.

